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Decembre 2001
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18 - IV - Question d'actualité du groupe "Les Verts" à M. le Maire de Paris relative au budget alloué à la solidarité internationale

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je vous remercie. Nous allons passer à une question d'actualité du groupe "Les Verts".
La parole est à M. GAREL.
M. Sylvain GAREL. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, c'est une question d'actualité qui concerne le budget alloué à la solidarité internationale.
Paris est l'une des villes les plus riches du Monde. Au regard des centaines de millions de personnes vivant sur notre planète dans le dénuement le plus total, c'est un grand privilège de pouvoir y vivre. L'accroissement des inégalités séparant les pays du Nord de ceux du Sud porte en germe des catastrophes dont nous commençons à percevoir les terrifiantes conséquences.
Aussi la capitale de la "patrie des Droits de l'Homme" s'honorerait d'être exemplaire en matière de solidarité internationale. C'est, malheureusement, loin d'être le cas.
Dans le budget 2001 - largement hérité de la précédente majorité - la ligne budgétaire correspondant à la solidarité internationale se monte à 2 millions de francs. Ce qui est parfaitement dérisoire pour un budget de 33 milliards de francs.
C'est, par exemple, dix fois moins que la subvention envisagée par la Ville de Paris pour la richissime entreprise capitaliste PSG qui verse à certains de ses joueurs l'équivalent de cette somme tous les deux mois ! Et sans doute guère plus que ce qu'a coûté le ridicule parrainage de l'heureusement défaillant porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle, sans parler du prix des meubles disparus au Crédit municipal.
Nous avons également appris que sur ces deux malheureux millions de francs votés en 2001 par le Conseil de Paris, il restait début décembre une somme de 272.000 F non encore engagée. Dans ce domaine, nous ne pouvons envisager de faire des économies ni même des reports de quelques mois.
Aussi le groupe des élus Verts au Conseil de Paris demande à M. le Maire de Paris :
Premièrement, comment il compte utiliser avant la fin de l'année ces 272.000 F.
Deuxièmement, quels sont ses engagements pour augmenter significativement au cours de la mandature la part du budget alloué à la solidarité internationale.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. SCHAPIRA pour répondre.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Vous avez raison et tort.
Vous avez raison de souligner que Paris doit être exemplaire dans le domaine de la solidarité tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses murs.
C'est bien dans cet esprit que conformément aux engagements qu'il a pris au cours de sa campagne Bertrand DELANOË a souhaité réorienter profondément l'action internationale de la Ville et lui donner un véritable contenu en termes de solidarité.
A cet égard, effectivement nous avons une ligne solidarité internationale de 2 millions de francs qui est faite pour répondre à l'urgence. C'est exact, mais ce n'est pas tout puisqu'en solidarité et en ce qui concerne l'urgence nous avons des crédits que nous demandons en général à Christian SAUTTER et cela a été le cas : 500.000 F pour le tremblement de terre à JUGARAT (INDE), 500.000 F pour le tremblement de terre à Arequipa (PEROU), 500.000 F pour les inondations à ALGER sur le budget solidarité internationale et 500.000 F en plus sur les crédits de Christian SAUTTER soit donc 1 million de Francs.
Dans chacune de ces tragiques circonstances, la Ville de Paris a su répondre à l'exigence de solidarité. C'est dans cet esprit que nous étudions actuellement une action en Afghanistan.
Aussi, je peux dire que pour le Maire de Paris cette exigence va bien au-delà des actions d'urgence. D'abord, nous avons engagé un véritable partenariat avec des associations, les grandes ONG que vous connaissez mais aussi d'autres associations parisiennes qui souhaitent développer avec notre aide de véritables projets de co-développement. C'est le sens de certains projets de subvention qui sont soumis par exemple au Conseil de Paris.
Ensuite, nous voulons au cours de cette mandature mobiliser les compétences de la Ville au service de la solidarité internationale, en donnant un véritable contenu aux accords d'amitié et de coopération qui lient la Ville de Paris à d'autres grandes villes du Monde et notamment celles du Sud.
Nous souhaitons que Paris se dote des instruments lui permettant d'engager des actions en profondeur. Pour nous la solidarité c'est aussi mais pas seulement l'action d'urgence, c'est la mobilisation des compétences de la Ville grâce à ses ingénieurs, à ses techniciens au service du développement. Par exemple pour Alger nous allons contribuer pour un million de francs mais aussi 4 ingénieurs sont partis et cela coûte beaucoup d'argent à la Ville. Cela passe au-dessus de la ligne solidarité internationale.
Dans cet esprit je rappelle que le personnel de la Ville est engagé outre Alger, dans des coopérations à fort contenu à Pnom-Penh, le Caire, Arequipa et les capitales du Maghreb. C'est l'objet de la prochaine visite du Maire de Paris à Rabat, Tunis et Alger.
J'ajoute enfin l'exemple de l'association internationale des Maires francophones dont le Maire est devenu Président et qu'il souhaite voir recentrer encore ses activités sur des actions solidaires de co-développement.
Dans tous ces cas, la rénovation d'une école, la création d'un réseau d'assainissement et d'adduction d'eau dans des quartiers défavorisés, l'aide à la définition d'un schéma d'aménagement urbain, l'informatisation des systèmes d'Etat civil, n'est-ce pas évidemment de la solidarité internationale ?
L'ensemble de ces actions s'appuie naturellement sur 20 millions de francs de crédits de la délégation générale aux relations internationales, mais aussi sur des crédits des autres directions de la ville que vous connaissez bien.
C'est pourquoi je suis en dialogue constant avec mes collègues chargés des questions de santé, de l'enfance, de l'enseignement, qui conduisent également des actions de coopération internationale qui relèvent de la solidarité...
Dans ce contexte, il est naturellement un peu vain de savoir ce que nous ferons des 272.000 F qui n'ont pas été utilisées sur la ligne "Solidarité-internationale".
Jusqu'à présent nous avons répondu à toutes les demandes adressées et la communication que le Maire fera, au Conseil de Paris, au premier trimestre de l'année prochaine, sera l'occasion de préciser, pour ceux qui en douteraient encore, que la solidarité internationale est l'un des axes forts de cette mandature.
Merci.
M. Sylvain GAREL. - Je suis content que ce soit confirmé mais je voudrais dire que même 20 millions de francs, cela reste tout à fait dérisoire sur un budget de 33 milliards.
On souhaiterait que ces 272.000 F soient attribués car les situations d'urgence ne manquent pas. Si vous manquez d'idées, on peut vous en soumettre quelques-unes.