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11 - Communication de M. le Maire de Paris sur la rentrée scolaire.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1995




M. LE MAIRE DE PARIS.- Chaque année, nous évoquons à cette époque la rentrée scolaire.
Avant de vous exposer les grands axes de la politique scolaire de cette mandature, il convient de revenir sur les conditions dans lesquelles s'est effectuée la rentrée scolaire.
La rentrée scolaire s'est déroulée dans de bonnes conditions à Paris cette année. Je tiens, à cette occasion, à souligner la qualité de la collaboration entre les services de l'Académie qui ont créé des postes d'enseignants et ceux de la Mairie de Paris qui ont su fournir les locaux nécessaires. Grâce à nos efforts conjugués, 37 classes de maternelle et 29 classes élémentaires ont été ouvertes, ce qui représente un solde net de 47 classes (34 classes maternelles et 13 classes élémentaires). Ce résultat est inégalé puisque ce sont ainsi au moins deux fois plus de classes qui ont été ouvertes cette année à Paris par rapport à l'année dernière. Je tiens à souligner qu'on ne peut affirmer qu'un seul enfant âgé de plus de trois ans au moment de la rentrée scolaire ne peut être scolarisé aujourd'hui à Paris.
En effet, si l'on se réfère à la norme officielle d'accueil de 27 élèves par classe dans les zones d'éducation prioritaire et de 30 élèves par classe ailleurs, la Ville dispose encore d'une capacité de plus de 2.000 places disponibles pour les écoles maternelles. Le Directeur de l'Académie m'a d'ailleurs assuré que les enfants qui auront trois ans dans le courant de l'année scolaire et avant Pâques seront, bien entendu, scolarisés à partir de leur troisième anniversaire. Je voulais vous donner cet élément d'information afin de mettre un terme à la circulation des chiffres les plus fantaisistes relatifs aux listes d'attente.
Cette rentrée est également, plus que jamais, placée sous le signe de la sécurité. Vous le savez, j'ai donné, en liaison étroite avec le Rectorat de Paris, l'instruction de refuser l'entrée des adultes dans les écoles, à l'exception des parents d'enfants de première section de maternelle.
J'ai, par ailleurs, insisté sur la nécessité de supprimer les sorties pédagogiques qui n'étaient pas obligatoires ou qui pouvaient, compte tenu de leur destination, comporter un risque. J'ai, en liaison avec M. le Préfet de police, que je tiens ici à remercier, contribué à lancer la réflexion sur la suppression du stationnement devant les établissements scolaires.
Enfin, j'ai veillé, en accord avec le Président de la R.A.T.P., à garantir le maximum de sécurité aux déplacements des groupes d'élèves se rendant sur les stades dans le cadre de l'obligation légale de l'enseignement du sport. A situation exceptionnelle, la Mairie de Paris a donc débloqué des moyens exceptionnels qu'elle entend mettre en oeuvre avec rationalité, c'est-à-dire en concertation avec les principaux intéressés.
Enfin, toute réflexion sur l'école est indissociable de la lutte contre l'exclusion dont elle représente la principale finalité.
J'ai pensé que cette politique serait axée principalement sur des efforts pour que tous les enfants parisiens bénéficient d'une égalité des chances et d'une insertion professionnelle réussie lors du passage à l'âge adulte.
Il faut que l'école à Paris soit non seulement "l'école pour tous" mais "l'école de tous".
C'est un des aspects essentiels de ma politique scolaire pour cette mandature que j'entends ici développer devant vous.
D'abord l'école pour tous, et en premier lieu un plan ambitieux pour l'école.
Beaucoup a été fait dans les années qui viennent de s'écouler pour construire ou rénover un patrimoine scolaire impressionnant, comptant 311 écoles maternelles, 331 écoles élémentaires et 170 établissements secondaires et supérieurs.
Cependant la conjoncture nous impose de redimensionner notre ambition pour l'adapter aux besoins croissants de locaux scolaires. Cette recrudescence de la demande de locaux est la conséquence d'une double évolution :
- une évolution démographique : augmentation significative du nombre d'enfants à scolariser. Cette tendance n'est perceptible que depuis la rentrée scolaire 1993. Elle semble se confirmer ;
- une évolution de société : la tendance, initiée par les pouvoirs publics, d'une diminution du nombre d'élèves par classe ; c'est un paramètre que la Ville a déjà intégré.
Cette évolution démographique, cette évolution de comportement social appellent une réponse : l'anticipation accrue des besoins.
D'ores et déjà, sont à l'étude des projets représentant plus de 20 écoles, 150 classes de maternelle et 90 classes élémentaires, en vue de leur réalisation au cours des toutes prochaines années. Ceci représente, dans une conjoncture économique dégradée, un effort significatif très important.
Il convient d'intégrer cet effort dans le cadre plus vaste d'un plan de construction d'établissements scolaires primaires sur la durée de la mandature que j'ai décidé de lancer. Ce programme se veut ambitieux. Il ne s'agit pas de subir, de constater a posteriori des besoins insatisfaits. Il est question, en affinant nos capacités de prévision démographiques, de tendre vers une appréciation aussi exacte que possible des besoins futurs et d'établir un recensement minutieux, arrondissement par arrondissement.
Compte tenu du délai pluriannuel généralement nécessaire à la conception, à la budgétisation et à la construction d'une école, il faut se mettre immédiatement à l'ouvrage. C'est la raison pour laquelle j'ai demandé à M. Claude GOASGUEN, adjoint au Maire chargé des Affaires scolaires et universitaires, d'engager dès maintenant une vaste concertation. J'ouvrirai moi-même une réunion de la Commission extra-municipale scolaire avant la fin du mois de septembre afin de marquer cette volonté.
Par ailleurs, il faut un plan concerté.
Cette concertation doit être diversifiée et réunir tant les élus que les représentants des parents d'élèves et des enseignants. Elle doit être réaliste et s'appuyer sur les avis scientifiques nécessaires notamment des démographes. Elle doit aussi être ambitieuse et dépasser la question strictement quantitative posée par l'accueil des jeunes enfants à l'école pour y intégrer une dimension qualitative l'amenant à s'interroger sur les modalités les plus aptes à favoriser leur intégration à l'école sans omettre d'établir un lien, s'agissant des plus jeunes enfants scolarisables, sur les avantages et les inconvénients des différents modes d'accueil des enfants de 2 à 3 ans.
Je souhaiterais, à ce titre, rappeler qu'une très récente étude de la Caisse nationale d'allocations familiales place Paris au tout premier rang, et loin devant les autres grandes villes, de la couverture des besoins d'accueil des enfants de 2 à 3 ans grâce à son important maillage de crèches, haltes-garderies, assistantes maternelles agréées et jardins d'enfants. Plus de 600 places de crèche ont encore été ouvertes cette année. Ceci permet de nuancer de façon significative les propos se bornant à établir une stricte comparaison chiffrée des taux de scolarisation des enfants de 2 à 3 ans dans la Capitale et en province.
Enfin, pour être efficace, la concertation doit se donner une obligation de résultats et aboutir à une proposition, dans un délai qui devra être impérativement inférieur à six mois à compter d'aujourd'hui, d'une estimation chiffrée du nombre de classes à ouvrir sur le restant de la mandature. Donc dans six mois, nous serons informés.
Le secondaire : il y aura quatre grandes opérations par an, après les engagements pris par la Municipalité lors des précédentes mandatures qui ont été tenus.
L'école de tous est un atout important pour les enfants, pour le développement général et équilibré de l'enfant.
J'ai pu constater les résultats remarquables que nous avons obtenus à Paris grâce au dispositif unique de prestations que nous avons mis en place : 850 professeurs de haut niveau spécialisés dans les disciplines artistiques (dessin et musique) et sportives qui sont normalement réservées aux collèges et lycées et qui sont mis à disposition de nos 331 écoles élémentaires.
20.000 de nos enfants chaque année partent, pendant 10 à 20 jours dans l'une des 850 classes de découverte que nous proposons, afin de favoriser les apprentissages fondamentaux peu pratiqués à l'école, tels que l'étude de l'environnement, du patrimoine ou des activités sportives de plein air (ski, équitation, voile).
300 bibliothèques "Bibliothèques-centre-documentation" B.C.D., dans les écoles primaires, 1.500 ateliers culturels scientifiques et sportifs et la mise à disposition des écoles des nombreux équipements culturels et sportifs pour permettre à l'enfant de s'épanouir.
Je tiens à signaler que la 300e B.C.D. sera ouverte très prochainement, et en allant l'inaugurer avant la fin de cette année, je marquerai l'accomplissement du plan "Paris-Lecture" lancé, vous vous en souvenez, lors de la précédente mandature.
L'école à Paris est prête à s'adapter : je veux ici rapidement aborder la question essentielle des rythmes scolaires qui est très importante. A Paris les choses doivent être diversifiées et une réponse pré-établie et trop uniformisée ferait fi des réalités.
Il n'appartient pas à la Municipalité parisienne, sur un sujet touchant très directement à la vie des enfants, de leurs familles et des enseignants de prendre les devants sur la discussion à caractère national qui doit s'ouvrir notamment dans le cadre de la commission présidée par M. Roger FAUROUX.
En revanche, la Ville qui a déjà mené des expériences diverses dans ce domaine est bien entendu tout à fait disposée à les faire partager et à s'engager activement sur une nouvelle organisation de la journée scolaire, le moment venu, autrement dit dès que l'Etat aura marqué sa volonté de s'engager sur cette voie et qu'il se sera doté des moyens conséquents.
Enfin, l'école à Paris est au service des familles : et tous les services de la Municipalité offrent un éventail de prestations très diversifiées : heures de restauration, interclasses, études, ateliers, journées du mercredi, petites vacances et même grandes vacances.
Un devoir s'impose donc à nous : assurer à l'ensemble des enfants dont les familles le souhaitent un accès plus aisé aux loisirs et plus encore aux vacances.
Pour répondre à cette attente, un certain nombre de solutions ont été expérimentées dès cette année, les journées nature et découverte ont accueilli 10.000 enfants par jour ; les départs en mini camp de deux à cinq jours, ont été augmentés de moitié et particulièrement dans les Z.E.P.
Un certain nombre de places des séjours d'aventure (séjours en province d'une semaine ou deux) ont été réservées pour les enfants des centres de loisirs.
Je veux aller plus loin dans cette voie : toutes ces actions seront développées, en tenant compte des souhaits des parents et des enfants ainsi que des facultés contributives des familles.
D'ici quelques semaines, un système de paiement par carte à puce des activités périscolaires et du service de restauration, baptisée "Cartécole" va être expérimenté dans 4 écoles du 13e arrondissement. Les familles apprécieront la souplesse d'utilisation de cette carte qui leur permettra d'économiser du temps et de l'argent, puisque seuls les repas effectivement consommés seront payés.
Mesdames et Messieurs, comme vous le voyez, l'école est au coeur du dispositif que je veux mettre en place pour faire de Paris une ville ouverte, une ville modèle dans la lutte contre l'exclusion.
J'avais annoncé, avant les élections municipales, que l'école était une des plus importantes priorités que je fixais à la mandature. J'espère vous avoir convaincus que j'entends tenir ma parole grâce à nos efforts conjugués.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").