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Septembre 2004
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6 - 2004, DDEE 40 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention pluriannuelle de partenariat 2004-2006 avec l'association "Capital Games" prévoyant l'attribution d'une subvention de fonctionnement en 2004.- Montant : 35.000 euros

Débat/ Conseil général/ Septembre 2004


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DDEE 40 G qui concerne l'attribution d'une subvention à l'association "Capital Games".
La parole est à Mme Marie-Pierre MARTINET.
Mme Marie-Pierre MARTINET. - Madame la Présidente, chers collègues, par la présente délibération il nous est donc proposé d'approuver l'octroi d'une subvention de fonctionnement à l'association "Capital Games" qui rassemble des P.M.E. et T.P.M.E. spécialisées en développement et commercialisation de jeux vidéo.
"Capital Games" est structuré en système productif local dont le but est de résister aux délocalisations et autres difficultés de financement dans un secteur dont il est précisé que l'Ile-de-France concentre 45 % des emplois en France.
Le secteur des jeux vidéo est un secteur, il faut le reconnaître, à fort potentiel d'innovation et qui connaît une croissance de 13 % l'an, ce qui est loin d'être négligeable. Dans un marché fortement concurrentiel comme l'est celui-ci, dans une perspective de maintien des emplois au sein de notre Capitale, on peut comprendre le désir de cette association de solliciter la puissance publique et le désir de celle-ci d'y répondre dans une logique de dynamisme de l'emploi à Paris.
Néanmoins, plusieurs questions se font jour. Ce soutien ne doit-il pas s'assortir d'une part d'une garantie sur la qualité pédagogique des produits développés et vendus et, d'autre part, d'une contrepartie en direction du collectif que la puissance publique, en l'occurrence le Département de Paris, ici représente ?
En effet, sur ce marché à fort développement que sont les jeux vidéo, le meilleur côtoie le pire. Que l'on parte de jeux de stratégie qui développent la capacité d'analyse des joueurs, la prise en compte des dimensions historiques, du développement de l'anticipation, de l'intégration d'éléments positifs pour atteindre un but donné, ou même la réflexion dans une optique pédagogique, on peut de ce fait très rapidement passer à des jeux qui ne sont que des ramassis de violence pure, d'hémoglobine virtuelle et autres massacres uniquement justifiés par le désir d'être premier, d'autant plus pervers qu'ils ne sont pas réels.
Certes, nous vivons dans une société où la solidarité, le sens du collectif finissent par ne plus vouloir dire grand-chose. Mais, pour autant devons-nous subventionner un regroupement de sociétés commerciales, sommes-nous préoccupés de la qualité des produits que nous contribuons indirectement à vendre par cette subvention ? Il me semble qu'un minimum d'exigence quant à cette qualité dans la convention serait opportun.
D'autre part, chaque subvention aux associations que nous soutenons au sein de cette Assemblée apporte quelque chose à ce même collectif, qu'il s'agisse de respect des droits humains ou de la personne, d'aide aux démarches, de réinsertion, de résorption des inégalités ou des injustices, ou à la promotion d'?uvres, quels que soient les médias. Ceci toujours dans une logique d'offres aux Parisiennes et aux Parisiennes et, de toute façon, au plus grand nombre ces dernières bien souvent obtiennent d'ailleurs des subventions bien moins conséquentes.
Dans le cas présent, rien de tout cela. La seule justification proposée est le maintien de la compétitivité et des emplois sur Paris. Nous pouvons souscrire à ces critères d'emplois sur Paris, mais il nous paraît cependant particulièrement opportun d'inscrire également dans la convention une obligation de participation à des manifestations organisées par notre collectivité en direction des Parisiennes et des Parisiens via les moyens et compétences développés par ce secteur. Nous sommes persuadés qu'ils seront nombreux.
En conséquence, le groupe "Les Verts" s'abstiendra sur ce projet de délibération pour cette année et ce, tant que ne seront pas inscrits dans la convention d'une part l'exigence quant à la qualité des produits issus des sociétés membres de l'association et la vigilance de la Ville à ce sujet, tout au moins également au développement du nombre d'emplois et à la garantie du nombre d'emplois développés et maintenus par "Capital Games" et, enfin, l'obligation de partenariats gracieux à des manifestations organisées par notre Municipalité. Les critères du premier point et les conditions et/ou fréquence du deuxième étant à définir.
Nous pourrions tout à fait imaginer, par exemple, que la participation de "Capital Games" pourrait se traduire par des ateliers de découverte des jeux vidéo lors de manifestations organisées pour les parents, mais en découvertes pédagogiques pour les jeunes. On pourrait avoir une participation et un échange de services dans un partenariat bien pensé.
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. Christian SAUTTER.
M. Christian SAUTTER, vice-président, au nom de la 2e Commission. - Madame la Présidente, Mme MARTINET a attiré à juste titre l'attention de la 2e Commission dite "économique" sur les jeux vidéo qu'il importe de soutenir, et ceux qu'il importe de ne pas soutenir.
Depuis notre réunion de mardi dernier, j'ai fait prendre contact avec le Président Frédéric VEIL du système productif local "Capital games", et il a dit les choses suivantes.
Premièrement, aucun membre de ce regroupement de producteurs, il y en a vingt-cinq actuellement et il devrait y en avoir cinquante d'ici la fin de la convention, ne produit de jeu basé sur la violence ou exploitant la violence.
Deuxièmement, comme vous le savez probablement, le Syndicat français des producteurs de jeux vidéo a signé une charte en 1999 qui reprend en compte la codification en vigueur dans le cinéma, interdit au moins de 10 ans, au moins de 15 ans, etc.
De façon plus précise, dans le regroupement actuel il y a des entreprises qui travaillent sur des jeux autour du sport, par exemple sur le Tour de France, best-seller européen ; des jeux d'aventure, enquêtes, mystère et des jeux éducatifs comme un jeu sur les enjeux de protection de la nature qui a été mis au point avec WWF.
Ce qui importe, c'est que ce qui caractérise la qualité française c'est plus la présentation artistique et le graphisme que le contenu violent des scénarios.
Ce que je voudrais vous dire, Madame MARTINET, c'est que nous serons très vigilants sur cette question et je peux vous dire que si des jeux violents sortaient dans le cadre de cette convention, nous arrêterions immédiatement l'aide apportée car je partage tout à fait votre point de vue. Et deuxièmement, je retiens aussi l'idée qu'on pourrait inciter les entreprises ainsi regroupées à participer à un certain nombre d'initiatives, par exemple autour de "Paris ville numérique", pari sur lequel nous travaillons avec Danièle AUFFRAY.
J'ajoute enfin que nous souhaiterions que parmi les producteurs de jeux vidéo, il y ait davantage de productrices de jeux vidéo et j'espère que vous nous aiderez en la matière.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEE 40 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DDEE 40 G).