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Septembre 2004
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19 - 2004, DASES 65 G - Fixation pour l'exercice 2004 de la subvention de fonctionnement versée par le Département de Paris à l'association "Les Amis du Bus des Femmes" pour son action de permanences sociales à un montant de 30.000 euros

Débat/ Conseil général/ Septembre 2004


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons au projet de délibération DASES 65 G qui concerne "Les Amis du bus des femmes".
Mme Marie-France GOURIOU a la parole.
Mme Marie-France GOURIOU. - Madame la Présidente, mes chers collègues, il y a quelques mois, dès l'ouverture de ses locaux au 58, rue des Amandiers à Paris 20e, j'ai rencontré l'équipe des "Amis du bus des femmes" qui accomplit un travail social et d'écoute extraordinaire. J'en suis ressortie, je dois vous le dire, bouleversée !
J'ai pu dialoguer avec des femmes exerçant librement la prostitution, mères de famille, dont les enfants ignorent leurs activités et qu'elles élèvent très convenablement. Certaines de ces femmes veulent sortir de ce cercle infernal, se former, apprendre un métier. Mais elles ont besoin d'un certain revenu pour vivre, qu'elles estiment à environ 1.500 euros par mois pour continuer à assurer à leurs enfants un minimum de confort sans trop les perturber. Ce n'est pas chose facile, vous devez vous en douter.
Mais pourquoi donc désirent-elles autant s'extraire de ce milieu, alors qu'elles ne dépendent pas d'un proxénète ? Tout simplement parce que, de plus en plus, elles sont confrontées à la violence de ceux que j'appellerais des esclavagistes qui exploitent ces très jeunes femmes venues de l'Est et d'Afrique et jetées en pâture sur les trottoirs parisiens.
En effet, nous avons le devoir de différencier la prostitution de l'esclavage. Pour l'ensemble des associations, une grande confusion dans les définitions et, surtout dans les solutions, existe. L'impunité contre les auteurs criminels s'enracine. Un amalgame est fait entre l'activité prostitutionnelle libre et consentie et la traite des êtres humains. Cette confusion finira par mettre en cause des droits et libertés.
La loi pour la sécurité intérieure (dite L.S.I.) maintient cet amalgame car le chapitre consacré à la traite des êtres humain se réfère au proxénétisme qui entoure la prostitution. Or, les hommes qui exploitent les jeunes femmes venues de l'Est et d'Afrique ne sont pas des proxénètes, mais bien des esclavagistes. Mis à part la volonté de mettre en place quelques centres d'accueil, cette loi ne permet pas de considérer les femmes comme des victimes, mais comme des délinquantes. Elle ne les protège pas, mais les met en danger.
Je conclurai en disant tout simplement que l'article premier de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948 stipule pourtant : "Tous les êtres humains naissent et demeurent libres et égaux. Ils sont doués de raison et de conscience, et doivent agir les uns avec les autres dans un esprit de fraternité".
Je vous en remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je donne la parole à Mme STAMBOULI.
Mme Mylène STAMBOULI, vice-présidente, au nom de la 6e Commission. - Merci pour votre intervention, chère collègue.
Nous avons, lors de ce Conseil de Paris, trois projets de délibération qui concernent "Les Amis du bus des femmes" : deux projets de délibération sous la responsabilité d'Alain LHOSTIS (l'un d'investissement de 85.000 euros, l'un de fonctionnement de 40.000), et celui sur lequel vous êtes inscrite pour les actions de permanence sociale des "Amis du bus des femmes" pour un montant de 30.000 euros.
Il nous apparaît tout à fait essentiel de soutenir cette association dans un contexte, vous l'avez rappelé, très répressif puisque la nouvelle loi qui pénalise les prostituées a rendu beaucoup plus difficile l'action des associations à leur égard. Je relisais le rapport d'activité des "Amis du bus des femmes" qui constate combien cette loi génère des marginalisations, des discriminations, qu'elle renvoie les prostituées vers la clandestinité, qu'elle fait reculer les dispositifs protecteurs des femmes et notamment sur la santé, sur les maladies sexuellement transmissibles et qu'elle permet le développement de nouvelles formes d'exploitation, de nouvelles sources d'insécurité, en particulier l'insécurité sanitaire. Elle met en péril le travail et le suivi des personnes prostituées. Plusieurs d'entre-nous ont eu l'occasion de découvrir les nouveaux locaux rue des Amandiers à Paris 20e au n° 58 des "Amis du bus des femmes" et je pense qu'il est tout à fait essentiel de soutenir dans ce contexte l'ensemble des associations dont celle-ci.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je voudrais remercier au passage l'O.P.A.C. qui a mis ses locaux à disposition qui sont en effet plus spacieux et plus confortables que les précédents qui étaient vraiment minuscules. C'est une juste reconnaissance du travail fourni par cette association.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 65 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DASES 65 G).