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Septembre 2003
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120 - 2003, JS 491 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant n° 2 à la convention de maîtrise d'ouvrage signée avec la SEMAVIP concernant l'étude et la rénovation de la piscine Pailleron ainsi que l'étude et la reconstruction d'une patinoire de quartier et de loisirs ainsi que la réalisation d'un bassin d'initiation dans l'enceinte du centre sportif Edouard Pailleron (19e)

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération JS 491. Il s'agit d'autoriser M. le Maire de Paris à souscrire un avenant n° 2 à la convention de maîtrise d'ouvrage signée avec la S.E.M.A.V.I.P. Il s'agit de la piscine Pailleron et aussi du centre sportif Edouard Pailleron dans le 19e.
C'est M. Jean-François BLET qui souhaite intervenir. M. CHERKI lui répondra.
M. Jean-François BLET. - Je n'interviendrai que très brièvement pour rappeler à quel point je suis attaché à cette piscine Pailleron et à sa réhabilitation. Sous la précédente mandature, elle était vouée à la destruction et j'avais été le seul à m'y opposer très clairement en Conseil d'arrondissement, alors que les autres élus, y compris ceux qui m'étaient proches au sein de la majorité devenue plurielle et devenue majoritaire, étaient partisans de la destruction à cette époque.
Je me réjouis de l'évolution qui fait qu'ils acceptent maintenant qu'elle soit réhabilitée.
Je voudrais dire que j'ai découvert la réhabilitation comme vous tous, malheureusement, tardivement. J'ai cru comprendre que l'Architecte des Bâtiments de France ou la conservatrice du patrimoine avait demandé et obtenu un certain nombre de modifications d'où l'amendement.
Je n'ai pas eu communication du détail de ces modifications. Je souhaite pouvoir me les faire communiquer et pouvoir y réfléchir. Je tient simplement à prendre date. Il y a un avenant mais il pourrait y en avoir d'autres. Il me paraît indispensable que l'esprit et les caractéristiques de cette architecture Arts-Déco soit réellement respectée.
J'ai été très étonné je dirai de la désinvolture du grand architecte qui est chargé de ce projet et pour lequel c'est un exercice d'école que de remanier à sa convenance certains de ces éléments.
Malheureusement, c'est souvent le cas y compris des grands architectes de notre pays. Ce n'est pas ainsi que les autres pays et civilisations de notre continent fonctionnent en matière de préservation du patrimoine.
Le patrimoine Arts Déco a été particulièrement malmené sur Paris et le Maire l'a rappelé lui-même sur une de ses interventions sur la piscine Molitor.
Je resterai vigilant. S'il est possible de parfaire ce projet, nous y concourrons et nous ne laisserons pas passer des défigurations désinvoltes.
M. Christian SAUTTER, adjoint président. - Monsieur MADEC souhaite intervenir et je lui laisse la parole.
M. Roger MADEC, maire du 19e arrondissement. - Je crois qu'il faut replacer les choses. Je ne peux pas laisser dire que les élus de la majorité du 19e sous le mandat précédent étaient pour la démolition. Simplement cette piscine est fermée depuis 1990. J'ai plaidé pour sa réhabilitation. Le Maire de Paris précédent y était hostile. Je suis un élu pragmatique : entre garder un bâtiment et avoir un équipement sportif de qualité, de guerre lasse, j'avais accepté cette alternative présentant certes un intérêt.
Je pense que c'est quand même une priorité d'offrir aux Parisiens des équipements sportifs en nombre et des piscines aux normes.
Les Parisiens demandent sans doute de conserver le patrimoine mais aussi des équipements sportifs en nombre suffisant.
En ce qui concerne le choix de Marc MIMRAM, architecte, ce n'est pas un choix des élus, mais du jury de concours. Je rappellerai que les élus n'y sont présents que pour un tiers.
Le projet présenté préservait au maximum le bâtiment de la piscine. Je ne peux laisser dire que cet architecte massacre la piscine. Cette piscine est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Nous sommes donc tributaires des directives de l'architecte des Bâtiments de France ainsi que de la Direction Régionale des Affaires culturelles et c'est satisfaisant. Je rappellerai à l'auteur du v?u qu'il assistait à une réunion, comme moi, sur site, où les deux personnes représentant l'administration ont été très vigilantes et ont imposé des contraintes à la Ville.
L'avenant figure dans l'exposé des motifs et il est provoqué par cette demande expresse de l'architecte des bâtiments de France, à savoir, remettre la toiture à l'identique des années 1930, en verrière ce qui implique une charpente à restaurer, du verre industriel dans les escaliers, et de remettre en état le granito sur 1,50 mètre.
L'architecte des bâtiments de France a été très sourcilleux sur le fait que ce patrimoine soit conservé et je m'en félicite. Les Parisiens du 19e, et au-delà, ceux de l'Est parisien ont une exigence : que l'équipement sportif soit livré en temps et en heure et le plus vite possible.
Je remercie le Maire de Paris et son adjoint Pascal CHERKI d'avoir dans le début de la mandature relancé ce dossier.
M. Christian SAUTTER, adjoint président. - Merci, Monsieur MADEC.
Je crois que M. CHERKI a un bref commentaire à faire sans refaire l'historique.
M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Il y a des choses que je ne peux pas laisser passer. Quand j'ai pris mes fonctions, le premier élu qui m'a demandé un rendez-vous, c'était Roger MADEC. Je croyais que c'était pour me faire part de son expérience. La première chose qu'il m'a demandé, c'était de débloquer le dossier de Pailleron. On a fait avancer le dossier rapidement. Nous n'avions pas les sommes au départ mais aujourd'hui nous avons un projet de plus de 20 millions d'euros.
Au delà, je tiens à dire que les conseilleurs doivent être les payeurs de temps en temps !
Je dis ici tout net que j'ai eu des discussions avec l'architecte des Bâtiments de France et aussi avec celui des Monuments historiques. Voilà une Institution qui classe mais quand il s'agit de passer à la caisse pour rénover, ils n'ont plus d'argent à consacrer.
Quand le responsable des monuments historiques vous dit, pour discuter d'un détail de granito ou de moulage "ce serait magnifique dans un catalogue"... je ne fais pas une piscine pour orner les catalogues mais pour que les gens s'y baignent !
Si on n'avait pas mis 20 millions, combien des colloques se seraient encore tenus sur l'avenir de la piscine Pailleron, comme il y en a eu sur l'avenir d'une autre piscine !
La Ville de Paris met 20 millions d'euros, pour une piscine à réhabiliter à peu près à l'identique de la piscine Pailleron pour les habitants du 19e et de l'Est parisien, avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France et des Monuments historiques.
Je le redis, il faut que, de temps en temps, les conseilleurs deviennent les payeurs !
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je mets aux voix la délibération...
M. Jean-François BLET. - On m'a mis en cause...
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Non, c'était une pure remarque d'amitié.
M. Jean-François BLET. - La démagogie populiste, cela suffit ! Ce ne sont pas des remarques d'amitié, je suis désolé.
Que l'on veuille des piscines, soit, nous sommes d'accord pour que l'on respecte le patrimoine mais je pense aussi que cela fait partie des valeurs communes de la gauche.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci pour cette déclaration.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération JS 491.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, JS 491).