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Septembre 2003
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Conseil Municipal
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23 - I - Question d'actualité de M. Daniel VAILLANT et des membres du groupe socialiste et radical de gauche à M. le Maire de Paris sur le devenir du groupe "Tati".II - Question d'actualité de M. Jacques DAGUENET et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur le devenir de l'entreprise "Tati"

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous commençons par une question de M. VAILLANT qui concerne le groupe "Tati", mais il y a aussi la question de M. DAGUENET et de Mme BORVO.
Etes-vous d'accord pour la poser tous les deux ? Christian SAUTTER vous répondra puisque c'est le même sujet.
Nous débutons par M. VAILLANT.
M. Daniel VAILLANT, maire du 18e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.
Avec Anne HIDALGO, Christophe CARESCHE, Lyne COHEN-SOLAL et Christian SAUTTER, nous avons reçu le 15 septembre dernier une délégation syndicale des salariés du groupe "Tati".
Au cours de cette réunion, nous avons eu l'occasion d'exprimer notre préoccupation sur le devenir de l'entreprise à laquelle vous comprendrez que, comme Parisien et comme Maire du 18e, je suis personnellement très attaché.
Relayant les inquiétudes légitimes des salariés de "Tati", nous avons également exprimé aux organisations syndicales notre détermination pour que l'enseigne soit préservée et les emplois sauvegardés. A Paris, ce sont près de 800 emplois concernés ; 1.200 emplois sont menacés dans toute la France qui s'ajoutent à la multiplication exponentielle des plans sociaux, ce qui semble laisser le Gouvernement indifférent à en juger par ses choix aberrants en matière de politique budgétaire, économique et sociale qui inspirent davantage l'inquiétude que la confiance tant au plan national qu'européen.
Dans ces conditions, vous serait-il possible, Monsieur le Maire, de relayer ces préoccupations auprès du Gouvernement et de veiller, par tous les moyens, à faciliter la recherche des solutions qui faciliteraient le redressement de "Tati" et de rappeler aux partenaires de ce dossier, au premier rang desquels le Tribunal de commerce et les pouvoirs publics, que la vigilance de la Ville de Paris ne faiblira pas pour que "Tati", symbole du Paris populaire auquel nous sommes très attachés, sauvegarde ses emplois et maintienne une offre aux meilleurs prix abordable par nos concitoyens les plus modestes ?
Je veux d'ailleurs souligner que l'engagement qui a été le vôtre, la volonté qui est la vôtre dans un certain nombre de projets tout autour justement de ce secteur de Barbès, aussi bien le rachat du Louxor pour une réalisation culturelle, que les espaces civilisés Rochechouart, puis Barbès, la requalification de Château-Rouge ou les stations Barbès et Château-Rouge elles aussi rénovées, sont autant de signes forts qui devraient permettre, sur le plan économique, le redressement de cette entreprise ou, d'une manière ou d'une autre, la poursuite de cette activité avec les emplois auxquels, je le répète, nous sommes très attachés.
Au nom des élus du groupe socialiste et radical de gauche, je tiens à vous assurer, Monsieur le Maire, de tout notre soutien dans l'action qui sera la vôtre pour le maintien de cette activité.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
La parole est à Mme Nicole BORVO.
Mme Nicole BORVO. - Merci, Monsieur le Maire.
Effectivement, ma question a le même objet. Je dois évidemment dire que la Municipalité a montré l'intérêt qu'elle portait au devenir de "Tati" en recevant les représentants syndicaux des salariés. Je vous en félicite.
Mais je voulais quand même ajouter ceci. La situation de "Tati" va se régler dans les quatre mois puisque c'est début janvier que les deux administrateurs judiciaires désignés par le Tribunal de commerce doivent faire un état des lieux, examiner la situation et faire des propositions de restructuration.
Chacun sait que quand on dit restructuration, on dit licenciement. L'inquiétude est grande parmi les salariés. Vous l'avez sans doute remarqué en recevant les organisations syndicales. Celles-ci n'ont pas accès aux comptes de l'entreprise, la nomination d'un expert-comptable leur ayant été refusée et, par ailleurs, les salariés craignent la solution de l'émiettement de l'enseigne "Tati" à des fins spéculatives avec, à la clef, des licenciements.
Je dois dire que nous le craignons aussi.
C'est la raison pour laquelle nous pensons que les administrateurs judiciaires doivent jouer la transparence avec les salariés et les pouvoirs publics. En effet, je partage l'idée que le Gouvernement a des responsabilités et je suis tout à fait d'accord pour que vous relayez ces préoccupations auprès du Gouvernement. 800 salariés parisiens sont concernés. Même s'il y a des salariés "Tati" ailleurs, c'est quand même une entreprise parisienne et surtout du 18e comme chacun le sait.
La Ville est interpellée. Elle l'est comme sur toutes les questions d'emploi et de licenciements qui se passent dans la Capitale. Il est vrai que, depuis 2001, la majorité municipale a engagé des actions en faveur des créations d'emplois et des entreprises, ce qu'évidemment nous approuvons complètement, vous le savez.
Mais il faut bien remarquer que leurs effets s'annulent souvent devant un taux de chômage qui ne cesse de progresser en France, mais aussi à Paris, donc, parce qu'il y a les licenciements, les fermetures, les délocalisations et que ceci affaiblit le dynamisme de la Capitale. Sans compter évidemment les drames sociaux et familiaux que cela induit.
Il nous semble donc que la Ville, même si elle n'a pas le pouvoir de modifier la situation financière de l'entreprise, le pouvoir direct en tout cas, devrait tout faire pour que cette transparence ait lieu et que l'on soit informé, que tout le monde soit informé, notamment les salariés, des opérations immobilières qui peuvent exister dans le 18e et qui seraient déjà connues comme celles concernant les magasins de "Tati".
Outre la situation financière, je crois que tout le monde a pu constater que la gestion de cette entreprise était pour le moins opaque.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste et socialiste et radical de gauche).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à Christian SAUTTER qui applaudit d'abord et qui répond ensuite.
M. Christian SAUTTER, adjoint. - J'applaudis Mme BORVO.
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'avais compris.
M. Christian SAUTTER, adjoint. - Je répondrai à M. VAILLANT et Mme BORVO que, bien évidemment, le Maire de Paris est très préoccupé par l'annonce de la mise en règlement judiciaire des magasins "Tati".
Daniel VAILLANT l'a rappelé. Il s'agit d'une enseigne phare du commerce populaire parisien. Mme BORVO a insisté aussi. Il y a 800 salariés. Ces magasins contribuent à animer les quartiers dans lesquels ils sont implantés et je ne rappellerai pas le célèbre magasin Barbès dans le 18e arrondissement.
Dès le 1er septembre, en recevant les Unions départementales des syndicats, j'avais dit que nous étions prêts à recevoir les représentants des salariés. Et peu de temps après, Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe au commerce et à l'artisanat, avait pris contact avec M. Fabien OUAKI, P.D.G. de "Tati" pour essayer de connaître ses intentions précises.
Et puis est survenue la réunion du 15 septembre qu'a présidée Mme HIDALGO, première adjointe, à laquelle Lyne COHEN-SOLAL et moi-même avons participé, ainsi que Daniel VAILLANT, Maire du 18e et Christophe CARESCHE, Député du 18e.
Ce que nous avons dit, je le répète solennellement devant le Conseil de Paris, c'est que nous voulons contribuer, dans la mesure du possible, à ce qu'un plan de redressement durable, et j'insiste beaucoup sur durable, soit retenu par le Tribunal de commerce à l'issue du délai de quatre mois qui a été accordé à "Tati".
En second lieu, nous ferons ce que nous pouvons pour que, comme l'a dit Mme BORVO, les syndicats puissent faire appel à un expert pour les aider dans des négociations financières qui sont forcément très délicates sur une entreprise dont il est nécessaire de bien regarder les comptes.
Troisièmement, le Maire de Paris, reflétant l'inquiétude des élus socialistes, radicaux de gauche et communistes va écrire dans les plus brefs délais à M. François FILLON, Ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité comme à M. Renaud DUTREIL, Secrétaire d'Etat aux petites et moyennes Entreprises, au Commerce, à l'Artisanat et aux Professions libérales pour dire toute l'importance qu'il attache à ce que les Pouvoirs publics, tous les pouvoirs publics et notamment l'Etat cherchent une solution économique et humaine à ce dossier qui est difficile et qui engage 800 emplois.
Je dirai à Mme BORVO que la Ville portera une attention particulière aux éventuelles opérations immobilières qui pourraient être faites sur les emprises appartenant au groupe "Tati". Nous avons en la matière un savoir-faire que nous pourrons déployer.
Voilà ce que je voulais dire en réponse à ces deux questions sur un dossier emblématique de la crise de l'emploi à Paris, mais aussi de la volonté de la nouvelle majorité de faire tout ce qu'elle peut pour contrer ces tendances néfastes.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Christian SAUTTER.
Les interrogateurs ont-ils des commentaires à faire ?... Non.