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Septembre 2003
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Conseil Municipal
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129 - 2003, DAUC 75 - Attribution de la dénomination "place du 19 mars 1962" à une place du 12e arrondissement de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DAUC 75 relatif à l'attribution de la dénomination "place du 19 mars 1972" à une place du 12e arrondissement.
La parole est à M. VUILLERMOZ.
M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.
Je crois que ce projet de délibération est très important. Il vise, enfin, à donner un lieu parisien permettant de rendre hommage aux victimes de la guerre d'Algérie en commémorant le 19 mars 1962, date partagée par tous comme étant celle du cessez-le-feu.
Cette proposition fait suite à l'inauguration du mémorial où sont gravés les noms des 747 jeunes Parisiens morts en Afrique du Nord pendant la guerre d'Algérie, parmi lesquels il y avait 4 femmes.
Ces avancées sont importantes, elles appuient notamment les actions menées depuis plus de quarante ans par la F.N.A.C.A., d'abord pour faire reconnaître l'état de guerre en Algérie, donc le statut d'ancien combattant pour les appelés ayant servi en Algérie, en Tunisie et au Maroc.
Il restait une demande à mettre en ?uvre, celle d'officialiser la date du 19 mars 1962, date anniversaire du cessez-le-feu, comme journée nationale du souvenir et du recueillement pour la guerre d'Algérie et les combats en Tunisie et au Maroc.
Vous le savez, les parlementaires communistes ont déposé une proposition de loi en avril 2000 pour officialiser cette date. Le texte débattu le 15 janvier 2002 à l'Assemblée nationale - et, il faut le souligner, adopté à une large majorité - n'a pas été examiné au Sénat. Et pour cause puisque le Président de la République vient d'annoncer que ce serait la date du 5 décembre qui serait retenue, date de l'inauguration, l'année dernière par lui-même, du mémorial dédié aux combattants d'Afrique du Nord.
Cette décision est inacceptable et nous ne l'accepterons pas. Elle ne tient pas compte des décisions prises par la représentation parlementaire, elle nie cet acte majeur que fut le cessez-le-feu et qui, je le rappelle au passage, a été celui du Général de Gaulle et qui a mené au référendum du 8 avril 1962.
En tout état de cause, je souhaite dire que les élus communistes continueront à rester attachés à la commémoration du 19 mars et ils demanderont, aux côtés de la F.N.A.C.A. qui représente 370.000 adhérents, que cette décision soit reportée et que le Parlement puisse mener à terme le débat qui a été ouvert en janvier 2002.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, "Les Verts" et du Mouvement républicain et citoyen).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Madame TAÏEB, vous avez la parole.
Mme Karen TAÏEB. - Merci.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, il s'agit donc par ce projet de délibération de rendre hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie.
En préambule, je voudrais dire toute l'émotion que suscite un sujet qui parle de mémoire, qui parle de souffrance vécue et qui évoque autant de douleurs encore vives dans le c?ur de certains.
Je sais que ce projet de délibération a d'ores et déjà déclenché un début de polémique et je le regrette vivement car, disons-le d'emblée, si le 19 mars 1962 est une date lourde de sens, synonyme de cessez-le-feu, d'Armistice, il ne s'agit en aucun cas d'occulter le supplice de ceux qui, au-delà de ce mois de mars 1962, ont été les ultimes victimes de cet épilogue tragique.
Je comprends, par conséquent, l'émotion qu'elle peut susciter, mais on ne saurait accepter que l'hommage rendu aux anciens combattants soit détourné.
Le 19 mars 1962 marque bien la fin de cette guerre, la fin légale, officielle de l'engagement de l'armée de la République ordonné par les autorités légitimes de la République. Quoi que l'on puisse penser de la façon dont ces accords ont été négociés, c'est bien le Gouvernement de la République qui a pris la lourde responsabilité de tirer toutes les conséquences de l'effondrement d'un rêve pour certains, d'un mythe pour d'autres. Il faut que le nécessaire travail de mémoire et de reconnaissance puisse s'engager sur des bases saines. C'est à ce prix que la Nation dans son ensemble sera à même d'honorer dignement les souffrances endurées par les harkis, dont l'abandon fut injustifiable. C'est à ce prix que nous rendons aux pieds-noirs leur légitime fierté.
En consacrant le nom de cette place du 12e arrondissement au 19 mars 1962, la Mairie de Paris contribue utilement à ce nécessaire devoir de vérité.
Les élus du M.R.C. proposent que se soit étudiée la possibilité que soit attribué à une rue de la Capitale le nom des harkis afin qu'il soit clair qu'il n'y a dans notre esprit aucun désir d'exclusion.
Les élus du M.R.C. voteront ce projet de délibération.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. PERNIN.
M. Jean-François PERNIN. - Monsieur le Maire, je ne sais pas si vous connaissez l'endroit dans le 12e arrondissement que la Municipalité se propose de dénommer "place du 19 mars 1962", en quelques mots, je voudrais le décrire. Ce n'est pas une place, c'est un minuscule carrefour, un carrefour embouteillé quotidiennement et possédant un seul commerce qui est une entreprise de Pompes funèbres. Proche de ce carrefour, se trouve la "place des combattants en Afrique du Nord". Il y a là un raccourci saisissant des événements qui ont eu lieu en Afrique du Nord, une espèce de tournis historique, un télescopage qui méritera une leçon d'histoire dans les années futures pour ceux qui fréquenteront ces lieux ou les riverains.
De deux choses l'une : ou l'on considère que le 19 mars 1962 est une étape historique - c'est un avis - et cela mérite un lieu plus solennel pour commémorer un souvenir dont les plaies ne sont pas toutes cicatrisées, ou l'on agit à la va-vite pour satisfaire une revendication et l'on décide de dénommer, ainsi que vous le proposez, un carrefour peu accueillant.
Par respect pour toutes les victimes civiles et militaires tombées et blessées en Algérie avant et après le 19 mars 1962, nous voterons contre ce projet dont l'étude de localisation a été manifestement bâclée.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe. - Le 19 mars 1962, fut conclu le cessez-le-feu de ce qui allait rester jusqu'en 1999 une guerre sans nom, un impensé officiel, un refoulé collectif de notre histoire.
Il aura fallu 40 ans pour que ce passé trouve enfin reconnaissance ; 40 ans, alors que la guerre d'Algérie a fait tant de victimes chez les combattants et dans les populations civiles, y compris après le cessez-le-feu ; 40 ans, alors que deux millions d'appelés du contingent étaient partis se battre et que 24.000 Français ont trouvé la mort là-bas. Quarante ans pour donner un nom à ce qui a pourtant forgé une génération politique, que ce soit dans le combat ou dans le soutien à l'indépendance.
Pour les familles des victimes civiles et militaires de ce conflit, pour les blessés, pour tous ceux qui furent meurtris et brisés au plus profond de leur être, cette date a un sens, celle du début du retour à la paix pour tous.
Pour les Français, cette date trouve aussi sa légitimité dans les résultats du référendum du 8 avril 1962 qui vit les accords d'Evian ratifiés par 90 % des votants.
Les principales associations d'anciens combattants ont longtemps demandé la commémoration de ce conflit et des combats au Maroc et en Tunisie, parce qu'elle porte reconnaissance, par la collectivité nationale, des souffrances endurées en son nom.
L'Assemblée nationale avait d'ailleurs adopté en janvier 2002 une proposition de loi instituant le 19 mars comme journée nationale à la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie et des combats d'Afrique du Nord de 1952 à 1962, comme le Président VUILLERMOZ l'a rappelé tout à l'heure.
Lors de la séance du Conseil de Paris des 21 et 22 janvier 2002, sur proposition du groupe socialiste, le Conseil de Paris avait adopté avec sérénité un v?u demandant de donner à une artère de la Capitale la dénomination de "19 mars 1962" date du cessez-le-feu en Algérie.
Le fait que les trois-quarts des membres de notre Conseil aient été mineurs ou pas encore nés en 1962 a peut-être contribué à cette sérénité ; je crois surtout que la plupart d'entre nous considère comme une impérieuse nécessité l'hommage dû, dans le rassemblement et l'unité, à toutes les victimes et à ceux qui ont eu le courage politique de rechercher une issue à ce conflit meurtrier.
Cette décision honore la Capitale et l'ensemble de ses élus.
Elle prend néanmoins un relief particulier après que le Président de la République ait pris l'invraisemblable décision de fixer au 5 décembre la date de commémoration de la guerre d'Algérie. Ce choix perpétue d'une certaine manière l'injustice et le déni de mémoire dont les anciens combattants et les victimes de la guerre d'Algérie pensaient être désormais sortis.
De la part d'un ancien combattant d'Algérie et d'un héritier - certes autoproclamé et seulement par intermittence - du Général de Gaulle, on aurait pu attendre mieux.
Pour notre part, nous nous félicitons que ce v?u trouve aujourd'hui sa concrétisation dans le 12e, près de la gare de Lyon d'où tant d'appelés sont partis.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GOASGUEN, vous avez la parole.
M. Claude GOASGUEN. - Franchement, dans ces débats, on commence à se laisser aller. Si vous voulez qu'on enchaîne des invectives mutuellement, jusqu'à présent, depuis hier, nous sommes débiteurs. Mais très franchement, n'insistez pas trop ; si on commence à se jeter à la figure le passé politique de tel ou tel Président de la République en matière de guerre, il y aurait des allusions qui seraient perfides.
Je me permets de dire que la Municipalité parisienne s'honorerait en retirant ce projet, en le retirant purement et simplement car cela nous aurait évité d'en débattre une fois de plus.
Je rappelle dans quelles conditions s'est déroulé l'échec du Gouvernement sur la commémoration nationale. Le Premier Ministre pouvait faire jouer la navette parlementaire, mais il ne l'a pas fait car il a parfaitement senti qu'à la veille des élections législatives, ce sujet divisait profondément les Français, les associations d'anciens combattants car seule, la F.N.A.C.A., est favorable à l'anniversaire de cette journée, les autres associations d'anciens combattants, qui représentent le même nombre, sont hostiles à la célébration de cette date.
Par conséquent, il s'agit d'un vieux sujet polémique et je regrette qu'une fois de plus, il soit présenté devant cette Assemblée. Pourquoi ? Parce qu'un décret est sorti le 17 août et quand j'ai vu cette délibération, je me suis dit : "Ils n'ont pas dû voir ce décret". Le fait que vous insistiez pour cette commémoration, n'est pas très digne de cette Assemblée. Pourquoi ? Parce qu'avec le 5 décembre, jour de la commémoration nationale, les associations d'anciens combattants se sont mises d'accord pour célébrer pour la première fois ensemble avec tous les parlementaires la mémoire de ceux qui sont tombés en Algérie notamment, en Tunisie et au Maroc. Les accords d'Evian sont-ils controversés ? Vous nous dites que c'est un cessez-le-feu. Personne ne le nie.
Personne ne remet en cause le courage du Général de Gaulle d'avoir su terminer cette guerre. Personne, sauf les faits car ce que vous omettez de dire, et c'est la raison pour laquelle je vous demande de retirer cette délibération, c'est qu'il y a eu, après cette date que vous voulez commémorer, 100.000 morts.
Quelques jours après les accords d'Evian, l'armée de libération nationale entrait dans Alger. Ce sont des harkis, que vous vouliez célébrer, qui ont été égorgés par l'A.L.N. Ce sont des soldats français, qui avaient choisi la France alors qu'ils étaient algériens, qui avaient cru aux accords d'Evian car on leur avait promis l'impunité. Les signataires algériens avaient promis l'impunité à ces harkis, qui étaient algériens et dont les fils sont aujourd'hui sur le territoire.
Mais il n'y a pas eu que des harkis algériens. Des pieds-noirs, qui avaient cru qu'ils pourraient rentrer en France, étaient eux-mêmes égorgés dans de nombreuses villes algériennes. Des juifs ont été assassinés parce qu'ils étaient juifs.
Par conséquent, ces 100.000 morts-là, ce ne sont pas que des chiffres dans les livres d'histoire, ces 100.000 morts-là ont des enfants. Ils ont des cimetières qui ont été saccagés en Algérie après les accords d'Evian. C'est après les accords d'Evian que l'armée de libération nationale a commis des horreurs, que la mémoire voudrait oublier.
Alors, il ne s'agit pas de remettre en cause le courage du Général de Gaulle, qui a été grand en cette circonstance comme dans d'autres. Il s'agit de dire que nous n'avons pas le droit d'insulter les parents, les familles de ceux qui sont morts parce qu'ils avaient cru en la parole de la France.
Les accords d'Evian sont une réalité politique mais les accords d'Evian ne sont pas une victoire politique. Ils ne sont pas une victoire politique de la France et, par conséquent, je vous suggère de retirer cette délibération.
Désormais, dans l'accord de tous, le 5 décembre sera la fête des anciens combattants d'Algérie, de Tunisie et du Maroc. Nous avons eu du mal à trouver un consensus. Je vous en prie, ne ranimez pas ce débat où M. FLOSSE, qui était Secrétaire d'Etat, à l'époque, ne s'est pas grandi et où il a été obligé de reculer.
Je vous en prie, soyez vigilants à ne pas ranimer les débats passionnels et donc inutiles.
Nous voterons tristement contre, votre délibération qui ne vous honore pas, permettez-moi de vous le dire.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Vous avez oublié l'O.A.S.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. BLOCHE.
M. Patrick BLOCHE. - Je viens d'entendre l'intervention de M. GOASGUEN et, comme nous avons vécu les mêmes débats parlementaires, je suis assez surpris qu'il donne un ton aussi passionnel à ce qui, avant tout, pour notre Assemblée, et à travers le vote que nous souhaitons qu'elle fasse, est le souhait de commémorer toutes les victimes, civiles et militaires, de la guerre d'Algérie, celles d'avant le 19 mars, qui furent les plus nombreuses, celles d'après le 19 mars que nous n'oublions pas, ceux qui se sont battus pour l'indépendance de l'Algérie, soldats du contingent qui ont été envoyés en Algérie pour ce qu'on appelait, à l'époque, une opération de "pacification" et qui visait donc à assurer l'ordre républicain, mais qui ne s'appelait pas encore "les opérations en Algérie". Et, bien entendu, nous n'oublions pas les victimes harkis de cette guerre d'Algérie.
Vous avez parlé, en évoquant la date du 19 mars 1962, de la plus grande insulte, selon vous, qu'on puisse faire aux familles de ces victimes. Moi, je crois que la plus grande insulte...
Excusez-moi, Monsieur GOASGUEN, je ne vous ai pas interrompu...
M. Claude GOASGUEN. - Vous auriez dû !
M. Patrick BLOCHE. - ... malgré le caractère peu acceptable pour le socialiste que je suis, et j'imagine pour tous mes collègues de la gauche, de certains de vos propos et de certains de vos commentaires.
Donc, si vous ne m'interrompez pas, je veux dire que la plus grande insulte qu'on puisse faire à toutes les victimes, civiles et militaires, quels qu'aient été leurs choix à l'époque, c'est l'oubli.
C'est l'oubli et le fait qu'on n'inscrive pas dans l'histoire de notre pays ce que fut la réalité, tout simplement, d'une guerre en Algérie entre 1954 et 1962.
Il a fallu attendre qu'il y ait un gouvernement de gauche, celui de Lionel JOSPIN, en France, pour que le Parlement se prononce pour la reconnaissance...
M. Claude GOASGUEN. - C'est l'Assemblée nationale plus le Sénat.
M. Patrick BLOCHE. - Excusez-moi, Monsieur GOASGUEN...
M. Claude GOASGUEN. - C'est l'Assemblée nationale plus le Sénat.
M. Patrick BLOCHE. - Donc le Gouvernement de Lionel JOSPIN...
M. Claude GOASGUEN. - L'Assemblée nationale plus le Sénat.
M. Patrick BLOCHE. - Est-ce que je peux terminer ?
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Attendez ! Il va s'expliquer là-dessus.
M. Patrick BLOCHE. - ... pour que le Parlement reconnaisse qu'il y avait eu, en Algérie, une guerre entre 1954 et 1962 et je crois que le plus important, dans notre devoir de mémoire, de commémoration, de reconnaissance de toutes ces victimes, civiles et militaires, c'est d'abord d'avoir reconnu qu'il y avait eu une guerre en Algérie entre 1952 et 1962.
Et c'est le Parlement, Assemblée nationale comme Sénat, qui a reconnu le fait qu'il y avait eu une guerre.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche et du Mouvement républicain et citoyen).
Après vient le problème de la commémoration. Sandrine MAZETIER, dans son intervention, a eu raison de souligner la faiblesse invraisemblable de cette décision gouvernementale du choix du 5 décembre.
Nous allons commémorer... le Gouvernement veut qu'on commémore le 5 décembre 2003 ce qui s'est passé le 5 décembre 2002 ! Aberration historique ! Une commémoration, c'est pour commémorer un événement historique et l'événement...
M. Claude GOASGUEN. - 100.000 morts, Monsieur BLOCHE ! Je m'en vais. C'est lamentable. 100.000 morts après les accords d'Evian...
M. Patrick BLOCHE. - Monsieur GOASGUEN...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Laissez finir M. BLOCHE.
Mme Martine DURLACH, adjointe. - Quelle rancune contre de Gaulle !
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Et l'O.A.S. ?
M. Claude GOASGUEN. - 100.000 morts ! L'O.A.S. n'est pas le sujet !
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Dites-donc, vous ! Je leur cassais la figure à la sortie du lycée, en 1962, aux gens comme vous. Je me suis battu physiquement contre vous et j'en suis fier !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - S'il vous plaît, je vais être obligé de suspendre la séance.
M. Claude GOASGUEN. - 100.000 morts !
Je m'en vais.
(Les membres du groupe U.M.P. quittent l'hémicycle, hormis Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY).
M. Patrick BLOCHE. - Je comprends mal cette contradiction qui amène l'opposition à ne pas entendre les arguments de la majorité, surtout quand aucun de mes propos, comme ceux des orateurs précédents, ne contenait d'attaque personnelle à l'égard des membres de l'opposition.
J'ai bien dit de l'opposition, je n'ai pas dit de la minorité.
De fait, pour terminer mon propos avec, malheureusement - ou presque - que des membres de la majorité - je dis presque -, je souhaitais également dire qu'à travers l'inauguration de cette place du 12e arrondissement, dont Sandrine MAZETIER a rappelé avec justesse qu'il rappelait le départ des appelés du contingent justement pour l'Algérie par la gare de Lyon, est donné satisfaction à un besoin, à une volonté de commémorer toutes les victimes, civiles et militaires, de la guerre d'Algérie, y compris ceux qui sont morts après le 19 mars 1962.
Mais pour commémorer un événement historique de cette importance, il faut une référence historique et quoi de plus référent que les accords d'Evian, voulus par le Général de Gaulle ?
(Mme MACÉ de LÉPINAY, à son tour, quitte l'hémicycle).
En cela, nous répondons non seulement à une demande de l'association la plus représentative des anciens combattants de la guerre d'Algérie mais également nous faisons ?uvre de mémoire et la place du 19 mars 1962 s'inscrit dans la suite d'un certain nombre d'initiatives prises par Bertrand DELANOË et je rappelle, pour mémoire, le mémorial parisien à toutes les victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie que nous avons été amenés ensemble à commémorer.
En l'occurrence, le groupe socialiste et radical de gauche, et je pense tous les groupes de la majorité, voteront cette place du 19 mars 1962 pour tout simplement commémorer toutes ces victimes civiles et militaires et dire tout simplement que nous, n'oublions pas.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - Le comportement de la droite montre que pour une grande part, la plaie n'est pas refermée. Le silence, qui a suivi cette guerre pendant très longtemps commence à s'estomper. C'est quelque d'insupportable pour la droite.
Alors l'objectif n'est évidemment pas de diviser, mais de prendre en compte qu'une association, la FNACA, la plus représentative des anciens combattants d'Algérie, demande, depuis sa création, la reconnaissance de la date du 19 mars 1962. Il est donc légitime que le Maire de Paris qui, depuis longtemps s'est engagé à créer cet espace dans Paris, propose aujourd'hui de nommer une place de Paris "place du 19 mars 1962".
Par ailleurs, pourquoi proposer le 5 décembre pour commémorer la Guerre d'Algérie ? Cela a été dit, cette date ne représente rien. Les morts ne se sont pas arrêtés le 5 décembre. Il faut être clair, il n'y a aucune justification à choisir le 5 décembre.
La date du 19 mars, c'est rendre hommage à l'ensemble des morts de cette guerre, à l'ensemble des engagements des uns et des autres.
Le fait de ne pas vouloir accepter cette date, c'est bien vouloir rouvrir un certain nombre de débats qui malheureusement montrent que des différences profondes existent encore aujourd'hui à propos de cette guerre.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur CAFFET, voulez-vous conclure ?
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, en l'absence de l'opposition, et après le coup de colère de M. GOASGUEN, dont on peut se demander pourquoi il est aussi sensible à ce sujet, je crois que les positions sont claires et que le débat a eu lieu dans cette Assemblée. Je n'y reviendrai pas.
Je crois que la Municipalité s'honore avec cette délibération et, si je pouvais terminer par une touche personnelle, je dirai tout simplement que le 19 mars 1962, je vivais à Alger. Je vivais les dernières semaines de ma jeunesse, de mon enfance plus exactement, dans cette Ville. Je peux vous dire que, pour moi, le 19 mars 1962 revêt un sens particulier et c'est avec enthousiasme que je vote cette délibération.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je passe au vote.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - J'ai été insulté dans cette Assemblée.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je le reconnais.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Evidemment, j'ai parlé de l'O.A.S. Il avait peut-être quelque chose à se reprocher de ce côté. Je rappelais quelques souvenirs, mais je souhaiterais, puisqu'il m'a insulté, que ce soit noté et j'exige des excuses dans cette Assemblée.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je comprends.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Dites quelque chose.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je suis ici pour présider la séance. Il y a deux Conseillers qui s'insultent. Dire que je suis en cause, c'est quand même extrêmement blessant pour moi.
Vous avez raison de demander réparation.
Je préside la séance donc, je vous retire la parole et nous passons au vote.
Qui est pour ?...
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Monsieur le Maire, c'est à vous de rappeler les élus à la correction dans cette Assemblée.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je ne l'accepte pas. C'est inadmissible.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 75.
Qui est pour ?
contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAUC 75).
Monsieur BLOCHE, vous avez la parole.
M. Patrick BLOCHE. - A l'issue du vote puisqu'il était important de voter ce projet de délibération, je vous demande 5 minutes de suspension de séance.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Elle est de droit.
La séance est suspendue.