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Septembre 2003
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Conseil Municipal
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67 - 2003, DVD 183 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour la réalisation de prestations de services d'analyse d'accidents

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DVD 183 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour la réalisation de prestations de services d'analyse d'accidents.
Je donne la parole à Mme Laurence DOUVIN.
Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.
Nous sommes très attachés à réduire bien sûr de manière significative le nombre des accidents de la circulation à Paris. Les enquêtes REAGIR, les analyses réalisées à partir du fichier municipal des accidents fournissent des données précieuses.
La semaine dernière, il s'est passé un drame puisqu'un chauffard a fauché sur le trottoir une jeune femme dans le 9e arrondissement. Fin mai, c'était une petite fille de trois ans qui décédait. Nous nous associons à ces drames et soutenons toutes les mesures en faveur de la sécurité routière adoptées récemment par le Gouvernement.
Il ne sera malheureusement jamais possible de prévenir tous les types d'accidents. Mon propos ne portera que sur l'existence de conditions qui favorisent leur venue et surtout sur les solutions à mettre en ?uvre pour les éviter et qui sont en notre pouvoir de conseillers de Paris.
Pas de démagogie, pas de débat falsifié, mais des réalisations directes au profit des Parisiens.
Dans le cas évoqué, mes chers collègues, je pense que cela nécessiterait peut-être un peu votre attention. Beaucoup d'entre vous ont parlé de ce drame dans le 9e arrondissement, mais je vois que cela ne vous empêche pas de discuter ! Monsieur le Maire, peut-être pourriez-vous faire un appel au silence ! Je suis choquée que, devant un problème d'accidentologie qui nous met tous en cause, il y ait des discussions particulières.
Dans le cas évoqué, la voiture qui a causé l'accident a emprunté une voie réservée aux bus circulant en sens contraire et séparée par une simple bande blanche des voies de la circulation générale allant dans l'autre sens.
En dehors des circonstances de cet accident précis, comment ne pas en tirer l'enseignement qu'il faut limiter les voies de bus en sens inverse et, si elles doivent exister, il faut qu'elles soient séparées physiquement du reste de la chaussée.
Bien sûr, on connaît tous l'existence et l'intérêt de ces voies, notamment celui d'avoir pour un bus le même itinéraire dans un sens et dans un autre, mais si on se place du point de vue de la sécurité du piéton, le piéton ne pense pas toujours à regarder si un bus ou un taxi ne vient pas de la voie à trafic "minoritaire" par rapport à la circulation générale.
On peut rapprocher ce type de danger de celui qui existe par exemple pour nous quand nous nous trouvons à Londres et que nous regardons machinalement dans la mauvaise direction.
Les voies en sens inverse, dans la mesure où elles ne séparent pas la chaussée en deux parties égales, sont une source de dangers pour les piétons qui ne sont pas toujours attentifs.
Elles sont aussi souvent empruntées par les deux roues motorisées qui débordent des voies de la circulation accroissant notablement les risques d'accidents.
En ce qui concerne certaines traversées piétons en deux temps à cause de feux décalés pour les véhicules, là aussi il est bien connu qu'il y a danger. Quand on dit qu'on veut promouvoir les déplacements doux, au premier titre desquels je place les piétons, il faut en tenir compte.
C'est en pensant à eux que je m'élève vigoureusement contre le voeu introduit par Mme NENNER, tendant à introduire la généralisation de contresens cyclables.
Monsieur le Maire, je souhaiterais disposer de données de villes comparables à Paris - pas de Colombes, pas de Rennes, pas de Nantes, pas de Strasbourg - où ces mesures ont été mises en application, puisqu'il est quand même évident pour tous que, quand on multiplie les déplacements dans un même espace allant dans un même sens, et qu'ensuite on y permet à des cyclistes de circuler en sens inverse, on accroît les risques surtout pour des piétons qui souhaitent pouvoir se déplacer tranquillement sans avoir à regarder dans toutes les directions.
Sur la voirie, la nouvelle politique des déplacements conduit très souvent à partager physiquement inégalement la voirie sans vouloir comprendre que ce partage inégal est source de confusion pour les utilisateurs.
Puisque nous parlons d'accidentologie, je voudrais savoir, certainement pas maintenant mais dans un conseil ultérieur, quels sont les types d'accidents qui sont survenus dans les zones où on été installés les couloirs de bus élargis et protégés ? Quel type d'utilisateurs en a été victime ? Quelle a été la cause de l'accident et quelle a été l'évolution, sur les trois dernières années, de l'accidentologie dans ces secteurs ?
Il me semble qu'il est indispensable que ces données soient connues pour effectuer des adaptations au niveau de la voirie quand cela est nécessaire.
Enfin je conclurai en évoquant les risques permanents d'accidents que sont les "tourne-à-droite" ayant à passer devant un couloir bus qui est réglé sur les mêmes temps de feux que la circulation générale. Il y a là une source d'accidents graves répertoriée. Je ne comprends pas qu'aucune mesure ne soit adoptée pour y remédier.
On ne modifie pas impunément les données de la circulation parisienne.
Toute mesure est lourde de conséquences. Diminuer la place de la voiture et des deux roues motorisés a malheureusement tendance à entraîner la multiplication des infractions, notamment la circulation dans les couloirs interdits pour les voitures comme pour les motos, et une conduite encore plus dangereuse qu'avant parce que dictée par l'exaspération due aux encombrements.
Ces comportements sont inadmissibles et les violations du Code de la route doivent être sanctionnées mais est-il positif d'avoir à ce point développé l'agressivité au lieu de viser à un équilibre qui soit source de tolérance mutuelle ?
Enfin, rendre la vie impossible aux automobilistes augmente le nombre des deux roues motorisés, avec tous les problèmes non résolus liés à ce mode de déplacement : danger pour les utilisateurs victimes d'accidents graves, pollution atmosphérique, bruit et stationnement anarchiques.
On sait notamment que les deux roues de petite cylindrée sont de gros producteurs de polluants, notamment d'hydrocarbures.
Les statistiques des accidents nous permettront certainement d'y voir plus clair quant aux bienfaits ou aux méfaits des mesures adoptées.
Nous demandons donc leur communication aux élus.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Madame DOUVIN, je peux vous dire que je suis particulièrement choqué par votre intervention.
En ce qui concerne la personne qui est à l'origine de l'accident qui a eu lieu dans le 9e arrondissement la semaine passée, essayer d'exonérer sa responsabilité en prétendant qu'il s'agit des couloirs de bus et nous dire que c'est dangereux pour les piétons alors que la personne écrasée se trouvait sur le trottoir, je trouve que c'est vraiment une exploitation inacceptable d'un drame ce qui me choque de votre part.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts" et socialiste et radical de gauche).
Mme Laurence DOUVIN. - Je n'ai jamais dit cela, je suis désolée.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - M. BAUPIN dit ce qu'il veut à moins que ce ne soit attentatoire. Vous relirez vos propos tels que vous les avez dits.
Pas de polémiques...
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Je ne polémique pas, au contraire.
Mme Laurence DOUVIN. - Je n'ai jamais dit cela.
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Je vais essayer de poursuivre ce que je souhaitais dire.
En ce qui concerne l'aménagement mis en place par la Ville de Paris, depuis deux ans, vous constaterez...
Dans l'hémicyle. - ... que c'est une catastrophe.
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - C'est votre avis. Vous êtes à contre-sens de l'histoire malheureusement pour vous. Vous pouvez continuer à vous battre...
Monsieur le Maire, faites respecter la parole...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Ne polémiquez pas...
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Répondez aux questions au lieu de faire des invectives !
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Au moment où nous mettons en place cette politique, les accidents à Paris sont en train de diminuer.
La circulation automobile est moins rapide. Vous voulez toujours exonérer les automobilistes de leur responsabilité. Le problème de l'insécurité routière dans Paris, c'est le problème de la responsabilité d'un certain nombre d'automobilistes, je ne dis pas la majorité, qui se garent n'importe comment, qui roulent, qui grillent les feux, c'est cela l'insécurité routière.
Ne faites donc pas croire que ce sont les aménagements mis en place pour favoriser les cyclistes ou les piétons.
Ce sont les automobilistes qui ne respectent pas le Code de la route, qui sont responsables de l'insécurité routière...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 183.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DVD 183).