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Septembre 2003
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Conseil Municipal
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26 - V - Question d'actualité de M. BARIANI, au nom du groupe U.D.F. à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative à un exercice visant à mesurer les capacités de réactions des services de l'Etat et de la Ville à un attentat terroriste

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité du groupe Union pour la démocratie française.
La parole est à M. BARIANI.
M. Didier BARIANI. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, le dimanche 7 septembre a été organisée dans le métro londonien, en associant la mairie de Londres et le gouvernement britannique, une opération simulant un attentat à l'arme chimique.
Sans doute la position internationale de Paris ne peut être totalement assimilée à celle de Londres.
Pour autant, nul ne peut malheureusement garantir que la France n'est pas sous la menace d'une action terroriste. Les attentats récents sont là pour nous rappeler, hélas, que tout pays est vulnérable et Paris doit se souvenir des événements tragiques des dernières décennies.
Si tous les esprits sont actuellement tournés vers les difficultés économiques et sociales, on ne peut pas négliger cependant la nécessité d'évaluer notre capacité à réagir en cas d'attaque éventuelle qu'elle qu'en soit la forme.
C'est pour cela que je propose, avec les élus du groupe U.D.F., que l'Etat et les différents établissements publics intéressés avec le concours, Monsieur le Maire, indispensable de la Ville de Paris conjuguent leurs efforts afin d'organiser un exercice de simulation à la mesure d'un risque de telle nature ou d'une nature différente d'ailleurs, en prenant soigneusement le soin de signaler à l'opinion que cela ne répond à aucune menace spécifique.
Cette opération permettrait de prendre la mesure de nos capacités en matière de défense et de sécurité civiles et d'en trier, le cas échéant, les conséquences.
Voilà le sens de ma demande qui s'adresse tant à vous, Monsieur le Maire de Paris, qu'à vous, Monsieur le Préfet de police.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BARIANI.
Monsieur le Préfet, vous avez la parole.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Je voudrais tout d'abord dire à M. BARIANI qu'il a raison de se préoccuper de ce type de menace parce que la menace terroriste reste toujours présente et a fait l'objet d'une action tout à fait prioritaire de mes services, aussi bien de la section anti-terroriste des Renseignements généraux, que de la section anti-terroriste de la police judiciaire, en liaison avec la D.S.T. Heureusement tous ces services travaillent en bonne intelligence et je crois font un très bon travail de prévention contre le terrorisme. Il n'empêche qu'on ne peut pas écarter le risque, vous avez raison, d'une attaque terroriste de cette nature aussi bien à Paris qu'à Londres.
Je puis vous confirmer qu'un exercice simulant une catastrophe chimique de ce type dans le métro est bien programmé cet automne et les services de la Ville, Monsieur le Maire, seront bien évidemment associés à cet exercice. Il convient de souligner que plusieurs exercices se sont déjà déroulés pour tester les personnels et les matériels destinés à intervenir, notamment en situation dite NBC. Il s'agissait d'exercices qui ne se dérouleraient pas en vraie grandeur donc le prochain exercice sera en vraie grandeur.
Il est apparu au cours des exercices précédents que si la brigade des sapeurs-pompiers de Paris disposait de matériel de décontamination et de protection adapté, il convenait d'en augmenter les capacités. Ces capacités, permettant de faire face à une situation moyenne impliquant moins de 500 victimes, ne seraient pas à la hauteur de la situation s'il y avait une catastrophe de très grande envergure. Or il ne faut rien écarter.
C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de développer au sein de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris une unité spécialisée chargée de faire face à ce type de risque et M. SAUTTER le sait bien puisque cela fait partie des demandes budgétaires pour le budget spécial de la Préfecture de police pour l'année 2004.
Cette unité aurait également pour mission d'assurer la formation puisqu'elle serait une unité complètement spécialisée, professionnalisée, à temps plein, une compagnie. Elle aurait pour mission d'assurer la formation des autres acteurs de terrain et en particulier bien sûr des personnels de police mais également des personnels de la Ville de Paris amenés à intervenir dans ce type de situation ainsi que des agents de la R.A.T.P. et de la S.N.C.F.
Ce sujet est tout à fait d'actualité. Il y aura cet exercice et il y a aussi des mesures pour se préparer, Monsieur le Conseiller, à ce type de situation.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet. M. CARESCHE voulait rajouter un mot mais le concours de la Ville pour cet exercice est évidemment acquis.
Monsieur CARESCHE, vous avez la parole.
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Au-delà de l'exercice, je pense qu'il est effectivement important que la Ville se dote d'une réflexion sur cette question, car en cas d'attentat, des personnels de la Ville seraient évidemment exposés à un certain nombre de risques. Il faut prendre en considération ce risque. Je pense notamment aux personnels des pompes funèbres, il faudrait que l'on y réfléchisse. Je sais par exemple que la S.E.M. des pompes funèbres a pris conscience de cela et travaille sur ces questions.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BARIANI, d'avoir posé cette question. Il faut veiller à ce que tous les services, toutes les directions, tous les adjoints concernés se concertent avec la Préfecture de police pour étudier complètement ce risque. Vous voulez ajouter quelque chose, Monsieur BARIANI.
M. Didier BARIANI. - Oui, enfin une chose brève : pour remercier le Préfet de police de la qualité et du caractère exhaustif de sa réponse et remercier la Ville aussi de sa volonté de collaboration en la matière, sachant que dans mon esprit ce n'était pas forcément d'une attaque chimique qu'il s'agissait mais de la diversité de toutes les formes d'attentat collectif. C'est bien là d'ailleurs la complexité de la tâche des fonctionnaires et des personnes qui s'occuperaient de ce genre de tragédie.
Merci, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BARIANI.