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Septembre 2003
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Conseil Municipal
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215 - QOC 2003-631 Question de M. Yves GALLAND et des membres du groupe Union pour la démocratie française à M. le Maire de Paris sur une nouvelle politique économique et foncière destinée à attirer et à maintenir les entreprises dans Paris

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


Libellé de la question :
"Août 2002, le nombre des demandeurs d'emploi à Paris s'élevait à 118.000 soit une augmentation sur un an de 20 %.
Le taux de chômage se fixait alors à 10, 5 % dans la Capitale, 9 % au niveau national et 8 en Ile-de-France.
Juin 2003, la progression se poursuit. Paris compte désormais 124.557 chômeurs parmi eux de nombreux cadres et jeunes de moins de 25 ans.
Triste explosion des résultats parisiens. L'environnement économique ne dépend pas des seules conjonctures internationale et nationale.
Il est temps comme l'a demandé le groupe Union pour la démocratie française lors de précédents budgets de donner une dimension nouvelle et une réelle ambition au secteur économique dans la Capitale.
M. Yves GALLAND et les membres du groupe Union pour la démocratie française aimeraient savoir si la Ville de Paris se dispose à mettre en place rapidement une nouvelle politique économique et foncière pour attirer et maintenir les entreprises à Paris."
Réponse (M. Christian SAUTTER, adjoint) :
"Paris est certainement l'une des capitales au monde dont le rayonnement économique est le plus grand. Elle concentre population, compétences et savoir-faire de haut niveau, activités et richesses.
Paris doit toutefois faire face à une perte sensible de sa substance économique ces 15 dernières années, de la montée tendancielle du chômage et de la progression de la précarité et des inégalités sur une partie significative de son territoire, tout particulièrement dans les quartiers du Nord et de l'Est.
Face à ces défis, la Municipalité s'est résolument engagée dans un plan d'actions ambitieux : "Paris pour l'emploi". Ce plan se développe selon trois axes.
Tout d'abord, "Paris Technopole". Forte de son potentiel en matière d'innovation (30.000 chercheurs dans les secteurs publics et privés, soit 30 % de l'effectif national), la Ville a pour objectif de quadrupler (de 5.000 à 20.000 mètres carrés) la surface d'incubateurs et de pépinières d'entreprises pour accueillir, conseiller et accompagner les jeunes entreprises dans trois domaines : les technologies de l'information et de la communication, les biotechnologies et les métiers de la création (mode...). La Ville souhaite ainsi renforcer l'immobilier dédié à l'innovation dans le Nord-est parisien et conforter le pôle d'activités lié à la biotechnologie et à la santé humaine dans le Sud-est parisien, du 14e arrondissement à la Z.A.C. "Paris-Rive gauche", également renforcer son soutien à l'accueil des créateurs et des petites entreprises dans les secteurs de la mode, de l'artisanat, des métiers d'art, dont l'activité participe à l'image et au rayonnement international de Paris.
La Ville a ainsi repris fin 2002 l'incubateur privé "Républic Alley" pour créer "République Innovation" (11e), pépinière dédiée aux projets innovants dans le domaine de la création et de la mode (1.700 mètres carrés, 13 sociétés d'ores et déjà hébergées dans une première tranche).
La Ville va également créer dans le 11e arrondissement un Espace de la jeune création, équipement dédié à l'artisanat et aux métiers d'art, ainsi qu'un nouveau pôle artisanal destiné à héberger des petites entreprises (Brûlon-Citeaux).
Pour mener à bien ce programme en faveur des secteurs d'excellence de l'économie parisienne, la Ville s'appuie sur plusieurs outils opérationnels et stratégiques :
- son comité d'expansion, "Paris Développement" ( animé avec la C.C.I.P.),
- le plan "PARVI" (Paris Ville Numérique), lequel lui fournit un cadre d'actions et une organisation en réseau permettant à ses différents services et partenaires de travailler à l'avènement d'une "métropole numérique".
Deuxième ligne d'actions : "Paris Proximité".
L'objectif de la Ville est ici de renforcer les activités et services de proximité en faveur des Parisiens :
- appui à l'implantation d'activités économiques, commerciales et artisanales dans les quartiers de la couronne, notamment du Grand Projet de renouvellement urbain et de la politique de la ville, en mobilisant les bailleurs sociaux ;
- projet de créer dès la fin 2003 une structure opérationnelle chargée d'acquérir et de valoriser des rez-de-chaussées commerciaux destinés à être loués à prix avantageux à des commerçants, artisans et petites entreprises ;
- création début 2003 d'un fonds de garantie bancaire parisien à destination des créateurs et des petites entreprises ("Paris Finance Plus", adossé au dispositif régional SOFARIS-BDPME) ;
- soutien des activités touristiques.
Troisième axe d'action : "Paris Solidaire".
Les Parisiens les plus fragilisés et ayant surmonté leurs handicaps de santé, de logement et de vie privée, peuvent revenir dans la vie active grâce à une formation adaptée, dans le cadre du Plan départemental d'insertion, en empruntant 2 chemins :
- la création de leur propre entreprise (la Ville soutient les réseaux, aide les projets viables et qui apportent des prêts d'honneur ou des garanties bancaires : "Paris Initiative Entreprises" et ADIE, ...) ;
- l'embauche par une entreprise ou une association d'insertion, en appui d'outils tels que les régies de quartier, appelées à devenir de plus en plus actives sur le territoire parisien.
Les équipes et les réseaux intervenant dans le cadre de la politique de la ville, dont les entreprises et les associations locales sont activement mobilisées pour mener à bien cette mission. La Ville vient ainsi de mettre en place un dispositif de parrainage par des cadres d'entreprises dans le 19e arrondissement.
L'insertion passe également par l'appropriation des nouvelles technologies par les habitants. La Ville créée ou soutient la création de Cybers emplois et d'Espaces publics numériques (10 E.P.N. sont ouverts à ce jour, 12 nouvelles structures doivent être créées d'ici 2006).
Enfin, un urbanisme plus harmonieux sur le territoire parisien sera mis en ?uvre avec le futur Plan local d'urbanisme.
Le P.L.U. remplacera le dispositif actuel, trop restrictif pour l'implantation et le développement d'activités économiques et trop dissuasif pour l'emploi, qui était jusqu'alors favorisé dans le reste de la Région Ile-de-France.
Dans une ville bénéficiant de réserves foncières limitées eu égard aux besoins immobiliers, le P.L.U. favorisera la création d'activités diversifiées au Nord et à l'Est de la Capitale (NTIC, commerces de proximité, etc). Le P.L.U. favorisera également la création et le développement d'activités économiques au Centre (mode Design, commerces de proximité...) et au Sud (biotechnologies, activités liées à la santé humaine).
A cette fin, et dans l'objectif de renforcer la mixité des fonctions urbaines, les conditions de réalisation des projets immobiliers seront améliorées, avec un assouplissement dans la réglementation des critères de distinction entre "bureaux" et "activités matérielles et intellectuelles"."