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35 - QOC 95-143 Question de M. Pierre SCHAPIRA et des membres du groupe socialiste à M. le Maire de Paris concernant l'espace piéton "Montorgueil-Saint-Denis" (2e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1995




M. LE MAIRE DE PARIS.- Nous commençons par les questions du groupe socialiste. La première d'entre elles, posée par M. SCHAPIRA à M. le Maire de Paris, est relative à l'espace piéton "Montorgueil-Saint-Denis" dans le 2e arrondissement.
En voici les termes :
"Comme tous les riverains de l'espace piéton "Montorgueil- Saint-Denis" (2e), M. Pierre SCHAPIRA et les membres du groupe socialiste constatent chaque semaine l'exécution de travaux de réparation de la chaussée.
Voilà maintenant 3 ans que la première tranche des travaux est terminée. Mais depuis, on constate des nuisances importantes (trous fréquents, pavés cassés, gonflements de la chaussée) avec risques d'accidents pour les piétons. Les travaux de réparation ne cessent de se succéder à un rythme inquiétant pour l'avenir.
D'autre part, depuis la mise en place des bornes rétractables, on enregistre un nombre important de dommages causés à des véhicules autorisés à pénétrer dans l'espace piéton. Ces incidents fréquents sont dus à un dysfonctionnement du matériel urbain et font l'objet d'indemnisation de la part de la Ville de Paris envers les victimes.
Cela ne peut plus durer ainsi.
Quels sont les responsables : les concepteurs qui ont fait une mauvaise évaluation de l'activité économique textile et alimentaire avec un revêtement en marbre de Carrare trop fragile qui ne correspond pas aux besoins, ou bien le cahier des charges qui n'a pas été respecté par les entrepreneurs ?
Quelles mesures M. le Maire de Paris compte-t-il prendre afin que ces nuisances cessent ?
Par ailleurs, M. Pierre SCHAPIRA et les membres du groupe socialiste souhaiteraient connaître le coût exact que la Ville de Paris aura à payer après finition totale des travaux, ainsi que celui de la maintenance. Les habitantes et habitants du 2e arrondissement, qui ont vu leurs impôts locaux augmenter de 34 % en 3 ans, sont en droit de se poser ces questions."
Je vous communique la réponse au lieu et place de M. Bernard PLASAIT, adjoint.
Le quartier "Montorgueil-Saint-Denis", qui s'étend sur 20 hectares, comporte 2.500 mètres de voies publiques. L'aménagement récent de ce quartier en espace piétonnier présente à bien des égards un caractère novateur.
Ainsi, le système de contrôle d'accès par bornes escamotables déjà en service dans de nombreuses villes fonctionne là avec une fréquence d'utilisation tout à fait exceptionnelle. La fréquentation des accès est estimée en moyenne à 167.000 franchissements par mois.
Le nombre total de réclamations par des usagers dont les véhicules ont subi des dommages à l'entrée du dispositif de contrôle d'accès s'élève à 131, chiffre dérisoire par rapport à cette fréquentation exceptionnelle. A ce jour, 40 indemnisations ont été accordées pour un montant de 373.734 F. Compte tenu de l'expérience acquise, le dispositif de surveillance et de dépannage des dysfonctionnements a été amélioré. Le coût de cette maintenance est évalué à 1,2 million de francs par an.
En ce qui concerne les revêtements de sol, le pavage en marbre de Carrare est lui aussi innovant au regard des techniques utilisées à Paris depuis le début du siècle. Les essais réalisés préalablement aux travaux n'avaient pas permis de déceler le phénomène qui provoque ou qui accentue les désordres les plus spectaculaires. Sous l'action des fortes chaleurs de l'été, le marbre de Carrare ayant un fort coefficient de dilatation, le pavage se dilate et se soulève. Les contraintes exercées alors sur les pavés provoquent leur rupture et il en résulte une dégradation progressive du revêtement. Ces observations sont confirmées par les études du Centre d'études du bâtiment et des travaux publics et le Laboratoire de géophysique de Nancy, qui ont été consultés.
Ainsi, les désordres constatés trouvent leur origine dans la conjoncture de facteurs qui n'étaient pas prévisibles. A ce jour, les réparations du pavage n'ont porté toutefois que sur 2 % de la surface totale aménagée, pour un coût de 1,4 million de francs. Les dysfonctionnements constatés, qu'on ne peut bien sûr que regretter, demeurent donc très limités.
Les dilatations thermiques sont d'ailleurs essentiellement localisées dans les rues Montorgueil et Saint-Denis, qui sont les plus exposées au soleil, mais aussi aux charges des camions de livraison et aux chocs résultant des dépôts et manutentions de marchandises.
Les mesures suivantes ont été prises ou sont en cours d'examen :
- les réparations sont en cours ;
- des joints longitudinaux, parallèlement aux caniveaux, pour pallier les effets de la dilatation, sont mis en place ;
- le contrôle et la répression sont accentués, en vue de faire respecter l'interdiction d'accès aux véhicules de livraison les plus lourds.
Le caractère innovant et unique de l'opération, l'étendue du secteur piéton "Montorgueil", comme le très grand attrait et donc la fréquentation exceptionnelle qu'il suscite, nécessiteront toujours une surveillance et un entretien très particuliers.