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Septembre 2003
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3 - Condoléances

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Plusieurs de nos collègues sont décédés ou de nos anciens collègues. En particulier, nous avons appris le jeudi 24 juillet le décès de M. Denys COCHIN, ancien Conseiller général de la Seine, ancien Conseiller Municipal de Paris, ancien Conseiller de Paris.
(Les Conseillers se lèvent).
Pendant la guerre, M. Denys COCHIN s'engage dans la Résistance et participe très tôt au combat contre l'occupant nazi. C'est ainsi que dans les rangs des S.A.S. britanniques, il prend part à des actions de commando et de sabotage visant à favoriser le débarquement allié de Normandie en 1944 et à préparer la campagne de Hollande en 1945.
Après la guerre, il devient Président du Comité officiel des fêtes de Paris. M. Denys COCHIN siège de 1953 à 1967 sur le banc des Indépendants au Conseil général de la Seine et au Conseil municipal de Paris au titre du premier secteur. Il exerce, par la suite, les fonctions de Conseiller de Paris de 1967 à 1971.
Syndic du Conseil municipal de Paris, il ?uvre pour le prestige et le rayonnement la Capitale et de l'Assemblée parisienne, doté d'une forte personnalité, exigeant pour lui-même comme pour les autres, M. Denys COCHIN est respecté sur tous les bancs de l'Assemblée parisienne.
Suivant une tradition familiale bien ancrée, il consacre beaucoup de temps et d'énergie à la solidarité avec les plus fragiles. Il assume ainsi les fonctions de vice-président de la Croix-Rouge française de 1969 à 1971 et il siège à l'Assemblée de l'Institut Pasteur.
M. Denys COCHIN était officier de la légion d'honneur, croix de guerre 1939 - 1945 et ses obsèques ont été célébrées le 28 juillet 2003 en l'église de Beauvoir en Seine-et-Marne.
En mon nom et, au nom du Conseil de Paris, j'exprime à sa veuve, à ses enfants, à ses petits-enfants et arrières petits-enfants les condoléances émues de notre Assemblée.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
Le vendredi 25 juillet, c'est le décès de M. Jean TEITGEN que nous avons appris. Ancien Conseiller municipal de Paris et ancien Conseiller Général de la Seine, Jean TEITGEN était le fils du bâtonnier Henri TEITGEN, déporté à Buchenwald à 60 ans, ancien vice-président de l'Assemblée nationale sous la 4ème République.
(Les Conseillers se lèvent).
Cadre de banque puis journaliste, Jean TEITGEN appartient sous l'occupation au mouvement "Résistance" et collabore au journal du même nom. Au lendemain de la libération, il devient rédacteur politique à l'Aube, puis rédacteur en chef du journal parlé de la Radio Diffusion française et enfin de l'ORTF.
Elu Conseiller municipal de Paris au titre du 5e secteur, réélu en 1947 et 1953, il siège sur les bancs du groupe M.R.P. qu'il préside. Au sein du Conseil Municipal de Paris dont il assure la vice-présidence, il participe aux travaux de la Commission du Budget et du Personnel et de la 1ère Commission, puis de la Sixième puis de la Commission mixte du Travail et du Chômage. Il est également membre de la commission des anciens combattants.
Homme de conviction, grand orateur, fidèle à ses idéaux comme à ses amitiés, il laisse l'image d'un acteur engagé, d'un citoyen libre, épris de dialogue et qui s'associa d'ailleurs avec fougue aux débats radiophoniques souvent passionnés qui animèrent les années 50. C'est lui qui, faisant fi de certaines réticences exprimées en haut lieu, prit la responsabilité de diffuser sur l'antenne de la RTF le mémorable appel de l'Abbé Pierre le 1er février 1950.
Ce militant de la lutte clandestine était titulaire de la Croix de la Légion d'Honneur, de la médaille de Volontaire de la Résistance et de la médaille de la Reconnaissance Française.
Ses obsèques ont été célébrées le lundi 28 juillet 2003 en église de Colombes-les-Vesoul.
En mon nom et au nom du Conseil de Paris, je veux exprimer à ses enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants à son frère ainsi qu'à l'ensemble de sa famille les condoléances émues de notre Assemblée.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
Le mardi 5 août, c'est le décès d'Alice SAUNIER-SEITE que nous avons appris. C'est assurément une grande figure du Conseil de Paris qui disparaît. Militante passionnée, Alice SAUNIER-SEITE fut aussi une pionnière dans l'accès des femmes aux plus hautes responsabilités.
(Les Conseillers se lèvent).
Première femme doyen de faculté à Brest, première femme recteur d'académie à Reims, elle fut également la première femme nommée professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers. Docteur es lettres en géographie, ancien élève de l'école nationale des langues orientales vivantes, elle mène d'abord une carrière universitaire avant de s'engager dans la vie publique.
Entrée en 1958 au CNRS, Alice SAUNIER-SEITE exerce de nombreuses fonctions universitaires et notamment celles de professeur à la faculté des lettres de Rennes, puis à l'université Paris XI. Elle dirige également l'institut universitaire de technologie de Sceaux ainsi que les départements des sciences de l'aménagement et de la mise en valeur et d'économie et de gestion du CNAM.
Elle entame sa carrière politique en 1971, nommée secrétaire d'Etat aux universités en 1976, puis Ministre des universités en 78, fonction qu'elle exerce jusqu'en 1981.
Elue conseillère de Paris en 1983, elle siège au sein du groupe "Paris Libertés" et est réélue en 1989 et 1995.
Au sein de l'Assemblée parisienne siégeant en formation de Conseil général, elle préside la 6e Commission Urbanisme Logement.
Elle exerce également les fonctions d'adjointe au maire du 6e arrondissement.
Alice SAUNIER-SEITE présida le mouvement national des élus locaux de 1990 à 1998.
A partir de 1995, elle fut également membre de l'Institut, Académie des Sciences morales et politiques.
Commandeur de la Légion d'honneur, elle publia plusieurs ouvrages sur la géographie.
Selon sa volonté, Mme Alice SAUNIER-SEITE a été incinérée dans la plus stricte intimité.
Elle nous laisse à tous le souvenir d'une femme convaincue, engagée, chaleureuse, agréable dans les relations personnelles.
En votre nom, en mon nom, je veux exprimer à ses enfants, petits enfants, à toute sa famille et à ses proches, les condoléances émues de l'Assemblée parisienne.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
Puis le jeudi 9 août, c'est le décès de notre collègue Chantal MOREL, qui siégeait avec nous en juillet même, que nous avons appris.
(Les Conseillers se lèvent).
C'est une collègue chaleureuse et profondément humaine qui disparaît et je sais qu'aujourd'hui, sur tous les bancs, nous partageons une même douleur.
A titre personnel, je veux dire combien j'ai pu apprécier tout au long de nos combats communs, l'engagement, la générosité et la force de conviction de Chantal MOREL.
Elle faisait de la politique avec authenticité, avec simplicité et avec une volonté constante d'honorer son mandat.
Selon les mots mêmes d'un proche, vingt ans de militantisme en avaient fait une élue.
Toujours disponible pour ses concitoyens, luttant quotidiennement pour faire progresser les valeurs auxquelles elle était attachée, Chantal MOREL était toujours en contact avec le terrain, dynamique, accessible.
Cadre de banque, elle est désignée conseillère de Paris le 18 mars 2001.
Elle siège sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche et participe aux travaux de la 8e Commission Urbanisme et Logement.
Très appréciée dans le 14e arrondissement, elle y traite notamment des questions relatives à l'égalité femmes/hommes et au bureau des temps.
Malgré la maladie, jusqu'au bout, elle assumera son rôle avec enthousiasme, courage, dignité.
Chantal MOREL a été incinérée au cimetière du Père-Lachaise le jeudi 14 août.
En mon nom, au nom du Conseil de Paris, je veux exprimer à ses enfants, à ses petits-enfants, à sa famille, à tous ses proches, les condoléances très émues de notre Assemblée.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
Le 25 août dernier, c'est avec une immense émotion que nous avons appris le décès tragique d'un jeune soldat du feu, membre de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris au cours d'une intervention à Aubervilliers.
(Les Conseillers se lèvent).
Né le 14 février 1983, Thierry SAGANTA avait fait le choix de consacrer sa vie à sauver celle des autres en s'engageant en janvier 2003 dans la brigade.
Il était également pompier volontaire à Saint-Gratien dans l'Oise et participait régulièrement aux activités de la Croix-Rouge.
Cette tragédie vient cruellement rappeler ce que l'efficacité admirable des pompiers nous fait parfois oublier, à savoir le risque encouru à chaque instant, lors de chaque intervention.
En mon nom personnel, au nom du Conseil de Paris et de tous les Parisiens, je veux saluer le courage et l'abnégation de ce héros du quotidien et m'incliner avec respect devant sa mémoire.
Nos pensées se tournent vers ses parents, vers sa famille et tous ses proches dont nous partageons la douleur et le sentiment d'injustice face à la brutalité de ce drame.
Je veux également, au nom de toute la communauté parisienne, rendre hommage à la brigade des sapeurs-pompiers.
Tous ses membres, mon Général, doivent savoir à quel point Paris mesure la valeur irremplaçable du rôle qu'ils jouent au service de la sécurité de tous les habitants de notre cité.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
Mes chers collègues, je risque d'avoir un peu de mal à faire la transition. C'est pourquoi, je laisse quelques instants.