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Septembre 2003
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Conseil Municipal
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53 - Vœu n° 13 présenté par M. LEBEL, au nom du groupe U.M.P., relatif à la suppression du marché de l'Europe et son remplacement par une supérette

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons au voeu n° 13 relatif à la suppression du marché de l'Europe et son remplacement par une supérette, voeu déposé par le groupe U.M.P.
La parole est M. LEBEL.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.
Il s'agit et le cas n'est pas unique à Paris, d'un marché couvert dont la survie est fort peu assurée car le concessionnaire actuel, et cela depuis de nombreuses années, n'arrive plus à trouver les commerçants, professionnels susceptibles de reprendre les commerces qui s'en vont. Aujourd'hui, ce marché couvert Europe est au bord de la fermeture pure et simple faute de commerçants. Il est question de le transformer en supérette afin de conforter les commerces sédentaires qui sont autour et qui comptent sur cette supérette pour pouvoir vivre.
Faut-il rappeler que le v?u dont il est question ici a fait l'objet préalablement d'une part d'une rencontre entre Mme COHEN-SOLAL, les commerçants et moi-même au cours de laquelle Mme COHEN-SOLAL a pu entendre que les commerçants étaient très favorables à cette supérette ? D'autre part qu'une enquête a été effectuée largement auprès des clients du marché couvert comme auprès des riverains ? Elle a été extrêmement positive. Troisièmement, trois conseils de quartier, jouxtant le marché lui-même et susceptibles d'envoyer des clients dans ce marché, ont voté de façon quasi unanime pour la transformation du marché en supérette. Enfin le Conseil d'arrondissement a aussi voté de façon unanime également pour que ce marché couvert soit transformé en supérette.
Cela, je le répète, pour essayer de sauver les commerçants qui subsistent autour.
Malgré tout cela, il semble que la Mairie de Paris, que Mme COHEN-SOLAL ne soient pas tout à fait convaincus de la nécessité de transformer ce marché couvert en supérette. Force est de constater que, dans ces conditions, Mme COHEN-SOLAL reviendrait sur ses engagements et ses promesses. En balayant d'un revers de main toutes les concertations qui ont été effectuées et tous les efforts de démocratie locale qui ont été faits dans cet arrondissement, elle retirerait toute crédibilité d'une part aux conseils de quartier (trois ont voté à la quasi unanimité), conseils de quartier qui - je le croyais - étaient pour la gauche la quintessence de sa conception de la démocratie. Si les conseils de quartier et leur vote n'ont aucune valeur, qu'on le dise. La conclusion serait très claire. La gauche parisienne n'a rien à faire de la démocratie locale et elle piétine l'opinion des conseils de quartier.
Bref, elle mentirait aux Parisiens. J'ose espérer que Mme COHEN-SOLAL écoutera la voix populaire.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Après ce touchant plaidoyer pour la démocratie de proximité de M. LEBEL, je donne la parole à Mme COHEN-SOLAL.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Pas de jugement.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Je vous réponds très clairement sur l'avenir du marché Europe. D'abord les promesses engagent ceux qui les entendent, mais aussi ceux qui les font. Je sais parfaitement ce que j'ai promis, j'ai promis d'aller sur le marché Europe - ce que j'ai fait en votre compagnie - et de travailler sur son avenir. Evidemment, ce marché ne va pas bien. Mais ce n'est pas le premier marché à Paris qui ne va pas bien. Je me permets de raviver votre mémoire au sujet d'un marché du premier arrondissement, de votre collègue M. LEGARET, le marché Saint-Honoré, qui a été fermé il y a 15 ans aux dépens des commerces de proximité et qu'on nous a demandé de rouvrir sous forme d'un marché alimentaire découvert, il y a six mois.
Voyez comme ce marché couvert à Saint-Honoré a manqué aux riverains. Je me permets donc, avant de prendre une décision aussi catégorique, d'examiner toutes les possibilités. Je n'ai fait aucune promesse de fermeture sur le marché Europe. J'ai promis de m'en occuper et nous nous en occupons. Une délégation de service public est actuellement en cours pour la tenue de tous les marchés couverts de la Capitale dont le marché Europe. Nous allons examiner très précisément les propositions des candidats concessionnaires pour le marché Europe. Si aucune proposition intéressante ne nous était faite, nous ne donnerons pas suite à ces propositions.
Je me permets de vous rappeler que j'ai beaucoup entendu de riverains, y compris les commerçants et les habitants, qui continuent à m'écrire en me disant qu'ils tiennent à leur marché.
J'ajoute qu'il n'est pas exclu de fermer le marché Europe et d'en faire une supérette si toutes les autres propositions pour relancer ce marché sont épuisées.
Pour l'instant, il ne me semble pas que cela soit encore le cas. Permettez-moi d'aller jusqu'au bout de cette recherche avant de prendre une décision. Il serait dommage que la Ville se prive d'un lieu de marché qui est un lieu municipal - vous devriez aussi le savoir -, et privatiser un lieu municipal me semble devoir mériter une longue étude.
M. Christophe CARESCHE, adjoint président. - Monsieur LEBEL, maintenez-vous votre voeu ?
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Oui.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Pourtant cette réponse se voulait consensuelle !
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Oui, bien sûr, consensuelle, mais je m'inscris en faux sur ce que vous venez de dire. Il ne s'agit pas de la privatisation, mais de la location non pas à un concessionnaire, mais à une supérette. Je ne vois pas la différence.
J'ai enregistré ce que nous a dit Mme COHEN-SOLAL, mais je reviendrai à l'assaut prochainement car les contrats de concession vont passer bientôt.
Je retire mon v?u, mais je le reposerai la prochaine fois.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je vous remercie.