Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 2003
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

204 - QOC 2003-699 Question de M. René LE GOFF et des membres du groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris relative aux dispositions préventives prises dans les hôpitaux de l'A.P.-H.P. afin de faire face à une éventuelle attaque chimique terroriste

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


Libellé de la question :
"Il y a deux ans la ville de New York était la cible d'une attaque terroriste montrant au monde entier que nul n'est à l'abri d'une telle éventualité. Le risque terroriste est à facette multiple et l'utilisation de l'arme chimique est l'une des plus redoutées ; l'exemple de l'utilisation de gaz toxique dans le métro de Tokyo est encore dans nos mémoires. Très récemment la ville de Londres vient de faire un exercice grandeur nature afin de mesurer l'efficacité de son dispositif face à une telle attaque.
Parmi les dispositions les plus impératives à prendre, il y a celles qui concernent les hôpitaux de Paris dont certains ont déjà un plan en place pour servir de site de décontamination et de traitement des victimes d'une attaque au gaz chimique.
M. René LE GOFF et les membres du groupe U.M.P. demandent à M. le Maire de Paris de leur confirmer que l'A.P.-H.P. est bien prête à faire face à une situation d'urgence nécessitée par une attaque terroriste chimique et que des exercices réguliers sont bien effectués dans les hôpitaux concernés par ce type de situation."
Réponse (M. Alain LHOSTIS, adjoint) :
"La Direction générale de l'A.P.-H.P. a initié depuis plusieurs années une politique active de préparation face aux risques (Plan Blanc, passage à l'An 2000, par exemple), et en particulier face au risque d'attentat chimique. Suite aux attentats du 11 septembre, à l'explosion du site AZF à Toulouse, et au dossier des enveloppes susceptibles de contenir du bacille du charbon, notre Institution a renforcé son dispositif de gestion de crise et ses organisations, y compris pour les risques chimiques, en liaison avec les autorités ministérielles et régionales.
Le dispositif général mis en place.
C'est ainsi qu'un comité de pilotage pour la préparation des organisations en cas de crise, associant les services d'urgences, le Samu de Paris, les services logistiques (approvisionnement central hôtelier et alimentaire), AGEPS (agence générale d'approvisionnement en produits de santé) et la Direction générale de l'A.P.-H.P. a été constitué. Présidé par le Directeur de Cabinet de la Directrice générale, ce comité se réunit régulièrement : outil de coordination entre tous les acteurs principaux du dispositif de crise, il permet de faire le point sur l'évolution des organisations et des plans d'action spécifiques.
Au niveau opérationnel, la cellule centrale de crise de l'A.P.-H.P. conduit l'action en liaison avec les SAMU et les cellules locales de crise mises en place dans chaque hôpital. Les outils de communication entre les cellules de crise ont été renforcés et reposent à ce jour sur plusieurs vecteurs (téléphone, fax, mail). Un site Intranet à diffusion large au sein de l'A.P.-H.P. a également été créé afin de diffuser dans les meilleurs délais auprès de tous les hospitaliers les directives, informations et recommandations utiles pour gérer la crise.
En ce qui concerne les organisations relatives à la prise en charge de victimes dans le cadre du risque chimique, trois hôpitaux référents ont été identifiés : La Pitié-Salpêtrière, Lariboisière, et Necker-Enfants malades, pour la prise en charge des enfants. La fonction de ces hôpitaux est de pouvoir accueillir un nombre important de patients susceptibles d'être contaminés et contaminants. La procédure prévoit de développer dans ces hôpitaux des unités de décontamination. Toutefois, il est rappelé que tous les hôpitaux accueillant les urgences doivent être aussi en mesure de prendre les mesures adaptées en cas de risques chimiques. C'est pourquoi ils ont aussi été inclus dans le premier dispositif d'information et de formation des personnels engagé à l'automne 2001. Ils ont également fait l'objet de dotations en matériel.
Parmi les mesures déjà prises par l'A.P.-H.P., dans le domaine du risque chimique, on peut souligner l'acquisition de dispositifs de douches de décontamination, de tenues de protection du personnel chargé de procéder à la décontamination des patients : tous ces équipements et matériels étant pré-positionnés dans les SAMU et dans les hôpitaux. Une formation à destination des équipes des services d'urgences a également été engagée.
Toutes ces actions sont menées en étroite relation avec les partenaires institutionnels :
Au niveau national : le Ministère de la Santé, le Haut Fonctionnaire de la Défense du Ministère de la Santé ;
Au niveau régional : la Préfecture de police, la Zone de défense de Paris, et la DRASS Ile-de-France.
Le SAMU de Paris a d'ailleurs exercé un rôle essentiel dans le lancement d'un programme national de formation actuellement en cours de développement en Région Ile-de-France.
Les exercices de simulation.
Les exercices de simulation sont essentiels pour tester les procédures de communication au niveau des cellules de crise, de la mise en place des plans d'action sur le terrain, tant au niveau pré-hospitalier que dans chaque hôpital. Ces exercices permettent de déployer des équipements qui ne sont pas utilisés au quotidien dans la pratique hospitalière. Il faut cependant préciser que les exercices récents qui ont été mis en ?uvre sont des exercices cadre simulant des processus de déclenchement et de coordination des différents niveaux de gestion de crise. Certains hôpitaux ont profité de ces exercices pour tester des actions locales. Il est à noter que ces exercices requièrent un investissement en temps important pour les équipes.
L'A.P.-H.P. a été partie prenante à l'exercice EURATOX, organisé fin octobre 2002 dans le Var, à l'initiative de la Commission européenne, pour engager une coopération européenne en matière de lutte contre le risque NRBC (nucléaire - radiologique - bactériologique et chimique).
De même, notre Institution a été très impliquée dans l'exercice Piratox déclenché le 6 novembre 2002 par la zone de défense de Paris : annonce d'une explosion au métro Faidherbe - Chaligny, avec de nombreuses victimes, envoi d'équipes SMUR, et notamment celles de l'hôpital Saint-Antoine, simulation de déclenchement d'un Plan blanc.
Enfin, l'A.P.-H.P. a participé à l'exercice national EXINNAT 2003, organisé du 24 au 26 juin 2003.
Ces exercices ont reposé sur des simulations, et il n'a pas été envisagé, jusqu'à présent, de procéder à des simulations de transferts de patients, difficiles à mettre en ?uvre dans un hôpital en activité, et dont l'impact en terme de formation reste théorique.
Conclusion.
Il est important de souligner le fait que l'A.P.-H.P. a engagé des programmes d'action, non seulement face au risque chimique (PIRATOX), mais aussi biologique (BIOTOX), nucléaire et radiologique, naturels (comme les inondations, par exemple), ainsi que, de façon générale, pour tout risque d'afflux massif de victimes.
Compte tenu de l'importance de la thématique, il apparaîtrait souhaitable que la formation à ces risques émergeants soit mieux prise en compte dans les programmes de formation initiale de toutes les catégories de personnels (médecins, administratifs et paramédicaux), alors qu'à ce jour tous ces efforts sont accomplis au titre de la formation continue."