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Septembre 2003
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Conseil Municipal
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11 - 2003, SG 74 - Subvention à l'association "Fédération nationale solidarité femmes" en vue de développer la fonction de veille et d'observatoire des violences faites aux femmes. - Montant : 15.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Mes chers collègues, nous passons à présent à l'examen des projets inscrits en 1ère Commission et notamment le projet de délibération SG 74 relatif à l'attribution d'une subvention à l'association "Fédération nationale solidarité femmes" en vue de développer la fonction veille et observatoire des violences faites aux femmes pour un montant de 15.000 euros.
Je donne la parole à Corine BARLIS.
Mme Corine BARLIS. - Merci, Madame la Maire.
La Fédération nationale solidarité femmes a mis en place depuis une dizaine d'années une permanence téléphonique. Cette permanence recueille 11.000 appels par an concernant les violences conjugales dont 45 % proviennent d'Ile-de-France et 13 % de Paris intra muros, ce qui fait environ annuellement 1.500 Parisiennes qui appellent à l'aide. Ces chiffres sont éloquents et se passent de commentaire.
Cette délibération nous propose de créer un observatoire des violences faites aux femmes afin d'obtenir des données qualitatives et quantitatives plus fiables, afin de trouver des solutions adéquates pour ces Parisiennes en danger. Cet observatoire a 4 buts précis, tout d'abord disposer de statistiques fiables sur Paris, en faisant une analyse précise des appels passés durant les 10 dernières années ; des analyses chiffrées qui permettront de définir une méthode expérimentale pour les analyser de manière précise ; de nous permettre d'avoir chaque année des statistiques concernant les violences conjugales et enfin un rapport, une synthèse qui nous permettra tous ensemble de définir des objectifs précis sur ce problème de société.
J'ai presque envie de dire qu'il est temps d'agir et je vous remercie, Madame HIDALGO, de prendre cette initiative parce que malgré tous les efforts qui ont été faits ces dernières années il reste encore tant à faire pour les femmes en danger.
J'imagine que je ne suis pas la seule dans notre Assemblée mais il ne se passe pas un mois sans que dans mes permanences je sois confrontée au problème de la violence conjugale et j'avoue qu'à chaque fois j'en sors avec un fort sentiment de malaise, parce que même si ces femmes maintenant parlent - et c'est le fruit du travail qui a été fait depuis des années pour qu'elles ne vivent pas leur calvaire dans les quatre murs de leur appartement et dans le silence - malgré tout, malgré la parole qu'elles prennent, il y a un sentiment de frustration pour leur venir en aide car les hébergements sont insuffisants, parce que bien souvent elles ne veulent pas entendre parler de foyer, parce que ce serait infliger encore un traumatisme plus important à leurs enfants. Et souvent elles quittent ces permanences pour retourner sous le même toit que leur bourreau.
Donc oui, il est important que nous ayons des chiffres précis pour pouvoir agir et définir ensemble des objectifs parce que bien souvent c'est parce que nous ne sommes pas encore à même de leur proposer des solutions qu'elles retirent leur plainte ou qu'elles se contentent d'une main courante.
Alors, oui il faut réagir, oui il faut voter cette subvention de 15.000 euros, pour que Paris prenne toute sa place dans ce programme ambitieux au niveau de la France pour lutter contre la violence conjugale.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente, au nom de la 1ère Commission. - Merci, Madame BARLIS, pour cette intervention. Je crois qu'à travers cette association et à travers d'autres associations - mais j'y reviendrai puisqu'un v?u a été déposé par le groupe U.M.P. - nous pourrons témoigner de l'action de la Ville dans son ensemble, en partenariat avec l'Etat, avec la Préfecture de Paris, puisque nous conduisons aussi une campagne maintenant depuis plusieurs années avec la Préfecture sur la question des violences faites aux femmes.
Donc, je me réjouis comme vous que des associations comme la "Fédération nationale solidarité femmes" bénéficient aujourd'hui d'une subvention permettant de démultiplier leur action, l'action de la Ville, l'action de toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui considèrent les violences faites aux femmes comme un véritable fléau, considèrent que c'est un sujet de société, un sujet parisien, sur lequel nous devons effectivement intervenir et que nous devons inscrire - ce qui est le cas - au premier rang des priorités de la Ville.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 74.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, SG 74).