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Septembre 2003
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Conseil Municipal
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12 - 2003, SG 75 - Subvention à l'association "Mix-Cité" afin de lui permettre de louer un local pour accueillir ses militantes et militants. - Montant : 5.500 euros

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - A présent, nous passons à l'examen du projet de délibération SG 75 relatif à l'attribution d'une subvention à l'association "Mix-Cité" afin de lui permettre de louer un local pour accueillir ses militantes et militants pour un montant de 5.500 euros.
Je donne la parole à Mme RENSON.
Mme Cécile RENSON. - Merci, Madame le Maire.
Que la Ville subventionne une action pour promouvoir le droit des femmes, je ne pourrais qu'y souscrire. Que cette association reçoive une subvention parce qu'elle s'oppose à des faits qui avilissent l'image de la femme et en fassent un "sex-symbol", je ne pourrais qu'applaudir, mais que cette association soit le faux-nez d'une idéologie politique et reçoive 5.500 euros alors là, franchement, je m'insurge.
Je n'en veux pour preuve que l'article injurieux paru dans un grand quotidien du soir daté du 20 septembre 2003, c'est-à-dire il y a exactement 24 heures, 24 heures avant l'examen de ce projet de délibération. Cet article, intitulé "U.M.P., union pour le machisme et le patriarcat" propos éminemment politiques, est signé de l'association qui n'a pas lieu de bénéficier de subventions de la Ville de Paris.
Faux-nez d'une idéologie politique ai-je dit : dans une période très récente une de nos collègues, adjointe au Maire de Paris, en était la co-fondatrice et co-présidente. Certes, elle ne figure pas nommément dans la présentation de cette association, mais j'ai cherché en vain la liste des membres du Conseil d'administration de cette association et je ne l'ai trouvée nulle part.
Pourquoi ? Simple oubli ? Est-ce bien là la transparence dont vous êtes le chantre ?
J'en reviens à l'article scandaleux paru dans la presse il y a 24 heures et qui met en cause trois Ministres du Gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN, tous les trois hautement respectables.
On ne peut reprocher à Nicole AMELINE, Ministre déléguée à la Parité et à l'Egalité professionnelle, de ne pas prendre en considération le droit de toutes les femmes. Pour assister à ses travaux, en particulier dans le cadre de la convention internationale des droits des femmes à l'O.N.U., je peux vous dire qu'elle est très attentive aux problèmes que vous évoquez, de prostitution et de droit à l'avortement. L'accuser de penser que "la sexualité ne serait vouée qu'à la reproduction" constitue vraiment des propos dépassés, ridicules, excessifs qui ne reposent sur rien sinon qu'ils visent à discréditer son action.
L'article met aussi en cause Dominique PERBEN, Garde des Sceaux, et Christian JACOB, Ministre délégué à la Famille alors que ces deux Ministres viennent de mettre en place l'Observatoire national de l'Enfance en danger dont le but est de repérer pour mieux traiter. Quant aux mesures accusant ce dernier de patriarcat, sont-ce les mesures de soutien à la natalité qui vous chagrinent ? A moins que "Mix-Cité" pense que la natalité soit dépassée, ringarde et superflue ?
On peut peut-être penser que les responsables de cette association n'ont pas bien lu ou bien compris les mesures annoncées.
Que ces personnes s'informent mieux :
- 800 euros de prime à la naissance ;
- une allocation composée d'un socle de base de 180 euros par mois pendant 3 mois touchant 200.000 familles nouvelles ;
- un complément de libre choix du mode de garde de 340 euros par mois, pour celui des parents, père ou mère, qui décide, s'il le veut, d'arrêter son activité professionnelle jusqu'à ce que l'enfant ait trois ans.
Ce n'est pas rien. Et cette mesure s'adresse aussi bien au père qu'à la mère.
Parler de l'incitation du retour de la femme au foyer, c'est pure caricature. C'est ignorer la volonté ministérielle d'harmoniser vie familiale et vie professionnelle pour chacun des deux parents.
C'est ignorer le rôle de la famille, la plus petite cellule de la société. Celle où s'apprennent le respect la vie en société et la tolérance qui s'opposent justement à la violence que "Mix-Cité" dénonce elle-même.
La violence, en effet, n'est pas tolérable. La violence est devenue un moyen d'expression, de communication qui s'exerce sur les plus faibles, en particulier sur les handicapés, les personnes âgées et les enfants. Mais la violence n'est pas uniquement une affaire de sexe. Opposer sexe fort et sexe faible, synonyme de différence, ne sert pas la femme. Ce principe tourne le dos à l'égalité dont pourtant se réclame "Mix-Cité".
Tant l'U.M.P., l'Union pour un Mouvement populaire que l'association que je préside et qui lutte pour l'égalité des femmes, n'ont de leçon à recevoir de personne. Surtout d'une association polémiste, excessive qui ne se grandit pas dans des propos fallacieux et caricaturaux. Bien sûr, nous voterons contre cette subvention.
Je profite de cette occasion...
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Vous n'avez plus de temps !
Mme Cécile RENSON. - ... ça ne fait rien, je le prends ! Je profite de cette occasion pour m'étonner de la féminisation incorrecte. Je pense que c'est une erreur de frappe puisqu'il y a un "e" au bout du terme rapporteur. L'Exécutif parisien, malgré sa grande culture, ne saurait se substituer à l'Académie française qui déclare cette transformation abusive. Merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente, au nom de la 1ère Commission. - Je vais répondre à cette intervention, dont chacun a pu noter qu'elle ne contenait aucun élément de polémique. L'association "Mix-Cité" est une association qui lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Cette association a le mérite, effectivement, d'associer beaucoup de femmes et d'hommes au combat pour l'égalité. Je me réjouis que la ville lui accorde cette subvention pour qu'elle puisse, au-delà de son travail de réflexion, accueillir aussi des publics, des femmes et des hommes, en consultation.
Pour ma part, je n'ai pas trouvé scandaleux l'article que vous citez, puisque j'en partage le contenu et la philosophie. Peut-être se distingue-t-il de votre pensée, Madame RENSON - et je crois que cet élément important continuera sans doute à nous diviser sur cette question de l'égalité des hommes et des femmes -, les droits des femmes ne se confondent pas avec la politique familiale !
Cela a un lien, mais ça ne trouve pas son entière résolution dans la question de la politique familiale.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts")..
C'est peut-être ce point-là que, justement, l'association "Mix-Cité" a voulu mettre en avant dans l'article fort intéressant, que je vous conseille de lire, et qui a été publié dans "Le Monde".
Enfin, en ce qui concerne votre dernière remarque et concernant le fait que la majorité parisienne ne saurait pas très bien s'en sortir avec les règles de français, je vous rappelle, chère Madame, qu'une circulaire de Matignon précise que chaque femme, dans ce pays, a le droit de choisir si elle souhaite une féminisation de son titre ou de sa fonction ou si elle ne le souhaite pas.
Pour ma part, je le souhaite. C'est pourquoi, quand vous vous adressez à moi, je vous demande une fois encore de m'appeler "Madame la Maire". Mais je respecte, Madame le conseiller, votre souhait de ne pas voir féminiser votre fonction.
Cette circulaire prévoit la possibilité d'utiliser le féminin pour un certain nombre de fonctions. En particulier, lorsqu'une rapporteure souhaite se faire appeler rapporteure (avec un e), c'est son avis qui l'emporte. Ce terme est tout à fait utilisable et admis dans notre langue et dans notre pays. Je crois d'ailleurs que, sur les bancs de cette Assemblée, nombreuses sont les collègues qui souhaitent cette féminisation, et qui ne la considèrent pas comme une dégradation, ni de leur autorité ni de leur fonction.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts")..
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 75.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, SG 75).