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Septembre 2003
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Conseil Municipal
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179 - QOC 2003-673 Question de Mme Roxane DECORTE à M. le Maire de Paris relative à la situation particulièrement préoccupante du chômage à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2003


Libellé de la question :
"Mme Roxane DECORTE souhaite attirer une nouvelle fois l'attention de M. le Maire de Paris sur la situation du chômage particulièrement préoccupante à Paris. La crainte du chômage est devenue la principale préoccupation des habitants de l'Ile-de-France. Selon le directeur régional adjoint de l'A.N.P.E. Ile-de-France, le nombre de demandeurs d'emploi était en progression de 13 % à la fin du mois de mai dernier par rapport à mai 2002, contre + 6 % en moyenne nationale. Le chômage des cadres s'accentue + 23 % tout comme celui des jeunes.
Mme Roxane DECORTE souhaite connaître les mesures prises par M. le Maire de Paris, ses adjoints compétents et notamment la Direction du Développement de l'Activité économique et de l'Emploi pour favoriser l'emploi et le développement économique au sein de la Capitale."
Réponse (M. Christian SAUTTER, adjoint) :
"Vous avez souhaité attirer notre attention sur la situation économique et sociale de la Capitale. La détérioration de la conjoncture économique qui frappe la France comme l'ensemble des pays industrialisés depuis l'année dernière est en effet préoccupante.
La situation de la Capitale se singularise depuis de nombreuses années par un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale et francilienne. Il faut en effet se rappeler qu'au début des années 90 la Ville de Paris a perdu près de 200.000 emplois, manifestation d'une dévitalisation économique, sociale et démographique profonde de la Capitale (enquête régionale sur l'emploi réalisée par l'INSEE sur la période 1990-1994).
La conjoncture économique récente affecte fortement l'économie parisienne et plus largement l'économie francilienne qui subissent avec une amplitude plus forte, comme la plupart des régions capitales, la montée du chômage et la diminution des emplois.
C'est dans ce contexte économique dont elle a hérité que la nouvelle Municipalité a souhaité conduire une politique active de reconquête économique et d'accès à l'emploi des demandeurs d'emploi les plus fragilisés.
En témoignent notamment :
Le renforcement des politiques d'insertion professionnelle dans le cadre des contrats aidés : création de plus de 600 postes d'emplois-jeunes depuis 2001, augmentation du nombre de C.E.S. employés au sein des services municipaux, création d'un dispositif de contrats emplois consolidés, développement de l'apprentissage... La Municipalité parisienne, dans le cadre de ses responsabilités citoyennes, accueille aujourd'hui près de 3.500 personnes chaque année en situation d'insertion professionnelle.
L'accent prioritaire mis sur le volet insertion professionnelle du plan départemental d'insertion, marqué par un partenariat opérationnel renforcé avec l'A.N.P.E. : redynamisation du dispositif, développement de l'offre d'insertion et amélioration de l'accès à l'emploi des bénéficiaires du R.M.I.
La mise en ?uvre d'un ambitieux plan de mandature d'insertion par l'activité économique qui s'est traduit par le triplement des aides aux structures d'insertion en 2001.
La recherche du rééquilibrage économique et social de la Capitale par la conduite d'actions volontaristes dans les quartiers en difficultés largement délaissés auparavant : politique de la ville, Grand Projet de renouvellement urbain.
Le développement des structures de proximité permettant un suivi personnalisé des demandeurs d'emploi et la conduite d'actions adaptées aux réalités de terrain : quatre créations en deux ans à comparer à la création de seulement quatre structures déconcentrées dans les arrondissements lors de la précédente mandature.
Le renforcement du réseau des missions locales pour l'insertion professionnelle des jeunes avec notamment la création d'une nouvelle antenne dans le 20e arrondissement.
Un nouvel élan donné à la création d'entreprises : renforcement de l'aide aux structures associatives et à "Paris Initiatives Entreprises".
Le développement du réseau parisien d'incubateurs et de pépinières avec un objectif de quadruplement des surfaces dédiées à l'accueil des porteurs de projets et des entrepreneurs d'ici à la fin de la mandature.
La professionnalisation de "Paris-Développement" à travers le doublement de ses moyens et la mise en place d'actions de prévention des délocalisations.
L'adaptation en cours du Plan local d'urbanisme au service du développement économique : le P.O.S., hérité de la précédente mandature, porte une responsabilité réelle dans le déclin économique de Paris durant la dernière décennie.
Il faut cependant rappeler à l'intervenante que le développement économique - qui constitue une priorité de mandature - ne relève pas de la compétence première des collectivités locales mais de l'Etat et à un degré moindre de la Région.
Les autres collectivités territoriales Ville et Département ne disposent pas à l'heure actuelle d'un arsenal juridique très développé en matière économique pour faire face aujourd'hui à des phénomènes durables ou conjoncturels affectant leur marché du travail. Elles doivent par ailleurs faire face aux conséquences de nombreux désengagements de l'Etat, notamment s'agissant des instruments sociaux de la politique de l'emploi (emplois-jeunes, C.E.S.) dans un contexte budgétaire par ailleurs très contraignant (gel des crédits d'Etat en matière d'accompagnement à la création d'entreprises par exemple).
La Ville de Paris est particulièrement préoccupée par les atermoiements multiples dont témoigne le Gouvernement actuel qui ne semble pas avoir pris conscience des exigences de la situation et des défis urgents à relever.
Les partenaires sociaux ont du reste récemment dénoncé l'absence de politique nationale de l'emploi, les pouvoirs publics semblant attendre une amélioration de la situation d'une hypothétique reprise de l'économie américaine.
Le projet de loi de finances pour 2004 qui se caractérise par une diminution des crédits de ministères stratégiques pour l'avenir, par des exonérations fiscales prises à contretemps déterminant un déficit budgétaire contraire aux engagements européens de notre pays, n'est certainement pas de nature à améliorer la conjoncture économique.
Je ne doute pas que l'auteur de la question partage ces préoccupations et fera part de son inquiétude à un niveau approprié devant cette absence de volontarisme économique dans un contexte de crise sociale profonde.
La Ville de Paris quant à elle considère que la situation actuelle n'est en rien une fatalité mais qu'une mobilisation de tous est indispensable. C'est ainsi que l'opération "Paris pour l'emploi", conduite en partenariat étroit avec la Région, l'A.N.P.E. et la C.C.I.P., qui se tiendra les 16 et 17 octobre prochain, aura pour but la mobilisation de l'ensemble des acteurs parisiens : élus et responsables publics, mais aussi acteurs économiques et sociaux, associations, experts en faveur du développement et de la préservation de l'emploi dans la Capitale."