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Avril 2000
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26 - 2000, PJEV 10 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour la réfection des pistes cavalières dans le bois de Vincennes (12e)

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération PJEV 10 : autorisation à M. le Maire de Paris, de signer un marché sur appel d'offres pour la réfection des pistes cavalières dans le bois de Vincennes.
La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, que les 19 kilomètres de pistes cavalières du bois de Vincennes subissent les outrages du temps et qu'elles représentent ainsi un danger pour la santé des chevaux qui les foulent ne fait aucun doute. L'objectif de ce projet de délibération n'est donc pas en cause. La rénovation déjà amorcée de ces pistes doit être poursuivie.
Mais après les ravages de la terrible tempête du mois de décembre, quatre mois après, la plupart des pistes sont toujours jonchées de troncs d'arbres et de branches. Avant de penser au confort des équidés, il conviendrait d'abord de réparer les outrages de la tempête. Malgré le travail de quelques entreprises et l'aide de quelques associations de bénévoles, la tâche reste en effet gigantesque. Nous demandons donc d'une part qu'un bilan exhaustif des conséquences de la tempête soit effectué et publié dans les plus brefs délais et d'autre part que la Mairie de Paris fasse appel à des entreprises et des associations d'insertion spécialisées dans les chantiers de déblayage et de reboisement.
Par ailleurs la reconstitution de l'éco-système forestier du bois devrait être l'occasion d'engager une réflexion sur de nouvelles perspectives. Des choix doivent être faits entre la solution de la régénération naturelle et celle du reboisement, et entre les types d'essences à privilégier. Une étude pour la reconstitution du patrimoine forestier du bois associant tous les acteurs concernés - naturalistes, élagueurs, forestiers - doit être lancée impérativement.
La tempête a eu toutefois une heureuse conséquence, celle de fermer un certain nombre de routes automobiles : la route de la Tourelle entre l'avenue des Minimes et l'avenue Daumesnil, l'avenue des Minimes entre le cours des Maréchaux et l'avenue de Tremblay, la route des Sabotiers. Il serait donc opportun d'envisager leur fermeture définitive. Plusieurs dizaines de milliers de voitures et camions traversent en effet quotidiennement le bois, multipliant les nuisances, embouteillages, stationnement anarchique, pollution, dans cet espace qui ne devrait être qu'un lieu de promenade et de détente. Sur certains axes à forts trafics, tels l'avenue de Saint-Maurice, l'avenue de Daumesnil, l'avenue des Minimes, la route de la Pyramide, l'avenue de Tremblay et l'avenue de Nogent, les voitures déboulent fréquemment à 80, voire 100 kilomètres à l'heure.
La vocation du bois de Vincennes est d'être un espace naturel à l'échelle régionale, un espace de détente, de promenade et de loisirs et d'être une route paysagère reliant Paris à sa proche banlieue.
Cette vocation d'espace naturel de loisirs doit être renforcée en supprimant à terme les flux de transit. Les solutions permettant de s'orienter vers cet objectif sont multiples : fermeture de la bretelle d'accès au périphérique sud au niveau de la porte de Reuilly pour supprimer l'important trafic de transit sur les avenues Général-Laperrine, l'avenue Charles-de-Foucault, qui crée un phénomène de barrière entre le 12e arrondissement et le bois ; suppression de la circulation automobile sur certaines routes notamment la route de ceinture du lac Daumesnil pour les rendre aux promeneurs à pied, en vélo ou en roller ; promotion de l'accès au bois par les transports en commun en renforçant les lignes de bus existantes, 46, 112, 114, et éventuellement 325 les samedi et dimanche, en instaurant des navettes non polluantes desservant le bois le mercredi et le week-end depuis la porte Dorée, le Château-de -incennes, l'Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort et les gares de R.E.R. A et en créant des parkings de rabattement gardés notamment aux gares de R.E.R..
La réunification de Paris et du bois et la reconquête de ce dernier par les loisirs est à ce prix.
Les aménagements nécessaires au confort des piétons, cyclistes, rollers et autres cavaliers sont moins radicaux mais tout aussi nécessaires. Les routes du bois où la circulation automobile est maintenue sont suffisamment larges pour créer des pistes cyclables séparées. La limitation de la vitesse à 50 kilomètres à l'heure doit être effectivement garantie. Sur les routes fermées à la circulation automobile peut être mis en place un parcours piéton et vélo ou roller permettant de faire le tour du bois.
Monsieur le Maire, l'Est parisien dispose avec le bois de Vincennes d'un espace de respiration exceptionnel. Son envahissement par les voitures en diminue pourtant fortement l'attrait. Nombreux sont en effet les Parisiens qui déplorent cette urbanisation insidieuse. La diminution du trafic automobile et la réappropriation exclusive du bois pour les activités de loisirs rendrait le bois à sa fonction originelle.
Les canassons pourront alors aller au pas, au trot et même au galop sur des pistes cavalières fraîchement rénovées sans être effrayés par les vrombissements des chevaux des moteurs automobiles.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme Suzanne DECRESSAC-DESPUJOLS pour répondre à M. BLET.
Mme Suzanne DECRESSAC-DESPUJOLS, au nom de la 4e Commission. - La Ville de Paris travaille depuis plusieurs années sur un Schéma directeur des bois de Boulogne et de Vincennes dans l'objectif de rendre à ces espaces leur vocation de calme et leur caractère naturel.
Ce travail, mené par l'ensemble des directions concernées, sous l'égide du Secrétaire général, est complexe puisque les bois sont devenus des axes de circulation importants entre Paris et la Région parisienne. La réduction de la circulation automobile passe donc nécessairement par une amélioration des transports en commun.
A la suite de la tempête du 26 décembre 1999, la circulation a dû être interrompue dans les bois, ce qui a suscité l'émotion des communes riveraines. Par ailleurs, la Ville de Paris a décidé pour assurer le repeuplement des bois, de se doter d'une cellule de rénovation sylvicole et forestière, d'une durée de trois années.
Ces deux éléments ont conduit à revoir le Schéma directeur d'aménagement des bois en plus étroite concertation avec les maires des communes riveraines d'une part, les maires des arrondissements concernés d'autre part, c'est-à-dire les maires du 12e arrondissement et du 16e arrondissement.
Un groupe de travail a été constitué pour chaque bois qui devrait élaborer prochainement des propositions réalistes de reconquête.
Je tiens à vous rassurer, Monsieur BLET, qu'un bilan provisoire sera fait à la prochaine séance sur le dégagement de ces bois.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour Paris").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie Mme DECRESSAC-DESPUJOLS.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération PJEV 10.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, PJEV 10).
Mes chers collègues la séance est suspendue. Elle reprendra à 16 heures 15.