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Avril 2000
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Conseil Municipal
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33 - 2000, DAC 108 - Réalisation et implantation d'un monument en souvenir de la chute du mur de Berlin, square de Berlin, angle de l'avenue Franklin-D. Roosevelt et de l'avenue du Général-Eisenhower (8e)

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAC 108 concernant la réalisation et l'implantation d'un monument en souvenir de la chute du mur de Berlin, square de Berlin.
La parole est à M. REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Monsieur le Maire, si comme l'a écrit Victor Hugo : "Quand Paris se met à l'ouvrage, à tout peuple..., il prend ses lois, ses dieux, ses m?urs" on ne peut être que favorable à ce qu'une place soit faite dans notre Capitale pour commémorer la chute du mur de Berlin.
Cependant, puisque vous voulez faire ?uvre de mémoire, il faut le faire jusqu'au bout : j'observe que le rapport qui nous propose d'implanter ce monument commémoratif dans le square de Berlin, fait l'impasse sur la responsabilité du communisme et du monde communiste dans ce qui se passa en 1961 et après dans l'actuelle capitale allemande.
Je veux bien que l'on recherche le consensus, mais celui-ci ne doit pas se faire au détriment de la véracité des faits : l'érection du mur de Berlin, commencée le 13 août 1961, est le résultat d'une décision prise par l'Union soviétique et son dirigeant d'alors Nikita Kroutchev. Les autorités de Berlin-Est n'ont été que l'exécuteur de cette décision, même si elles y étaient directement intéressées.
"Votant avec ses pieds", la population est-allemande, comme cela se reproduira en 1989, fuyait le régime communiste, vidant littéralement l'ex-R.D.A. de ses habitants. On ne peut non plus réduire le soulèvement du 17 juin 1953, dont la République fédérale a fait un jour de commémoration nationale, analogue à notre 14 juillet, à un simple "état de siège" : ce jour-là, les Berlinois de l'Est se sont soulevés pour défendre leur indépendance et leurs libertés et ont été écrasés par les chars soviétiques, comme ce sera le cas quelques années plus tard à Budapest, à Poznan ou à Prague. Ce rejet du totalitarisme communiste, le Président Kennedy le fera sien, en s'écriant devant le mur de Berlin : "Ich bin ein Berliner".
Le respect des victimes, qui est la mémoire vraie de l'Histoire, doit nous conduire à être d'une exigeante lucidité devant l'utopie socialiste, que certains continuent à exonérer de ses 100 millions de morts, ainsi que Jean-François REVEL le souligne dans un livre récent : "Depuis 10 ans, en France, nous nous heurtons à une formidable résistance à l'analyse du communisme. Nous avons tiré les enseignements...
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur REVEAU, je vous rappelle à l'ordre... Vous n'avez pas à invectiver vos collègues. Vous faites votre intervention, nous vous laissons la responsabilité de ce que vous avez dit...
M. Jean-Pierre REVEAU. - Vous n'avez pas à me rappeler à l'ordre.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Si ! Je préside la séance et je vous rappelle à l'ordre. Je vous demande de vous interrompre immédiatement.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. Jean-Pierre REVEAU. - Laissez-moi m'expliquer ! Retirez-moi la parole... Excluez-moi !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Si vous le cherchez cela ne va pas être très long, Monsieur REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - ... de l'histoire du monstre nazi, mais pas de son jumeau communiste, lequel est le plus grand et le plus sanglant échec du siècle, voire du millénaire."
C'est aussi cela, le sens d'un monument commémoratif de la chute du mur de Berlin.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme MACÉ de LÉPINAY pour répondre à M. REVEAU.
Mme MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Je ne veux pas répondre à M. REVEAU, je veux simplement que nous nous rappelions tous notre grande émotion le 9 novembre 1989 et que nous nous réjouissions que ce monument soit implanté à Paris, en souvenir et en témoignage de l'amitié de Paris et de Berlin.
Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je vous remercie Madame MACÉ de LÉPINAY.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 108.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Eh bien voilà une belle unanimité ! Je vous en félicite, mes chers collègues.
Le projet de délibération est adopté. (2000, DAC 108).