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Avril 2000
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5 - Evocation d'un article paru dans "Paris 8e"

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2000


M. LE MAIRE DE PARIS. - M. MALBERG veut dire un mot concernant un article paru dans "Paris 8e".
Monsieur MALBERG, vous avez la parole.
M. Henri MALBERG. - Mesdames, Messieurs, Monsieur le Maire, il s'est produit cette semaine un fait que j'estime d'une rare violence politique. J'exprime l'indignation du groupe communiste au Conseil de Paris après avoir pris connaissance du dernier numéro de "Paris 8", mensuel municipal distribué dans les boîtes aux lettres.
L'éditorial évoque avec rage la décision de l'Académie de Paris d'ouvrir les lycées jusqu'à présent consacrés aux enfants des 8e, 16e et 17e arrondissements à des enfants du 18e et du 19e.
On peut lire ceci : "Les enfants les plus atteints par la drogue et la violence pourront désormais agrandir le périmètre des arrondissements à risques. Pour l'Académie, il s'agit une fois de plus, par la mixité obligatoire, de tirer vers le bas les niveaux des lycées Racine et Chaptal".
Le maire, M. LEBEL, déclare à ce propos - citation d'un journal - non démenti : "Dans les collèges du 8e où l'on nous envoie des enfants virés du 19e ou du 18e, ils mettent la pagaille, ce sont eux qui causent les ennuis, on a peur d'être contaminé par une clientèle de fauteurs de troubles".
Il faut appeler les choses par leur nom. C'est du "racisme social" !
(Protestations à droite).
Cela, au sens des élus communistes, en dit long... Monsieur le Maire...
(Protestations à droite).
... je souhaite aller au bout de cette intervention que j'ai voulue brève...
M. Jean-Philippe HUBIN. - Non, ce n'est pas la peine !
M. Henri MALBERG. - ... cela en dit long au moment où le projet de loi "GAYSSOT" propose, avec le soutien de la très grande majorité des Français, un minimum de 20 % de logements sociaux dans les villes et j'ajoute, pour nous, dans les divers arrondissements.
Je veux faire la déclaration de principe suivante. J'espère qu'elle n'exprime pas la seule pensée des communistes ou de la seule gauche...
La mixité sociale n'est pas une machine de guerre, c'est au contraire un principe républicain fondamental qui correspond à des valeurs profondes : vivre ensemble, se comprendre, s'entendre dans une ville plus solidaire et plus humaine. La mixité sociale, Mesdames et Messieurs, est une conception d'avenir conforme à l'intérêt de tous, car si la fracture sociale viole profondément le droit des êtres humains, elle nuit aussi à la vie en société pour tous.
Je souhaiterais, Monsieur le Maire, que vous apportiez un désaveu sur les propos que je viens de citer.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste, et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur MALBERG, deux ou trois observations.
D'abord, il s'agit d'un détournement de la procédure. Il y a les questions d'actualité, c'est la première observation que je voulais faire. Je vous ai laissé la parole par esprit d'ouverture, mais je crois qu'il ne faut pas détourner le débat et son organisation. Je trouve tout à fait naturel (je vais vous dire pourquoi) que le problème soit posé, mais pas par ce biais-là.
La deuxième observation, c'est que M. LEBEL n'est pas présent encore (il viendra tout à l'heure) et il est toujours délicat d'engager un débat sans que la personne mise en cause, justement ou injustement, soit présente.
Pour ma part, je n'ai pas lu ce passage. Je suis persuadé que ce n'est pas l'interprétation que vous en donnez. Si tel était le cas, je serais réservé sur l'interprétation qui pourrait être donnée dans le sens que vous avez évoqué, car effectivement il y a des choses qu'on ne doit pas écrire et qu'on ne doit pas dire. Mais j'ai la conviction (et j'espère que M. LEBEL le dira) que ce n'est pas ce qu'il voulait dire.
Voilà ce que je voulais indiquer.
Et maintenant, nous reprenons l'ordre du jour. S'il y a des choses à évoquer en la présence de l'intéressé, je souhaite qu'il y ait une question d'actualité et qu'on ne détourne pas le débat.
M. Bertrand DELANOË. - Pour ma part, j'y reviendrai dans le débat sur l'innovation sociale.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur DELANOË, chacun pourra s'exprimer.
Nous passons à l'ordre du jour.