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57 - 2000, DFAE 65 - Proposition du Conseil de Paris relative à l'extension des zones touristiques d'affluence exceptionnelle de la Capitale au boulevard Saint-Germain (6e)

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DFAE 65 concernant la proposition du Conseil de Paris relative à l'extension des zones touristiques d'affluence exceptionnelle de la Capitale au boulevard Saint-Germain.
Je donne la parole à M. TUROMAN.
M. Michel TUROMAN. - Monsieur le Maire, vous nous proposez la création d'une nouvelle zone touristique à Paris, boulevard Saint-Germain. Celle-ci va ainsi s'ajouter aux cinq zones touristiques existantes depuis 1994.
Outre le débat sur la définition de ces zones, c'est à notre sens prendre un nouveau risque d'encourager notamment dans d'autres secteurs, les directions des grands magasins, des grandes marques à se réclamer elles aussi de la proximité des lieux touristiques ou culturels pour ouvrir le dimanche. Je pense en particulier au secteur où est en train de se constituer un pôle européen du commerce.
Ainsi, avec ce projet et ces nouvelles dérogations au repos dominical, vous ouvrez une nouvelle brèche.
J'ajoute, comme l'a dit ce matin mon collègue Henri MALBERG, qu'une énorme pression s'exerce sur Paris, celle des milieux financiers, des grandes marques, des grandes organisations touristiques.
Cette pression peut aboutir si l'on n'y prend garde à ce que des parties entières de la Ville deviennent à terme des zones consacrées exclusivement au tourisme, aux fringues, au fric.
Ce n'est bon, ni pour les habitants, ni pour les conditions de vie et de travail des salariés de ces secteurs, ni pour la diversité des quartiers, ni pour l'équilibre de la Ville.
Nous ne voterons pas ce projet de délibération.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur TUROMAN.
La parole est à M. MORELL.
M. Alain MORELL. - Monsieur le Maire, je vous remercie.
Voici donc un projet de délibération qui propose la création de cette zone touristique du boulevard Saint-Germain. Elle part du constat bien tardif d'une situation sur laquelle nous attirons votre attention depuis 5 ans : les librairies et les activités culturelles du quartier Saint-Germain des Prés sont sérieusement menacées.
Cette menace a été aggravée par votre gestion désastreuse sur le plan local des immeubles du domaine privé de la Ville et notamment des locaux commerciaux de ces immeubles. Après que nous l'ayons réclamé pendant longtemps, vous avez fini par geler les ventes.
Tant mieux, vous avez enfin compris les risques encourus par le quartier, mais aujourd'hui, dans la précipitation qui est la vôtre à donner l'illusion d'un bon bilan, vous proposez des mesures qui partent certes d'une bonne analyse, mais qui telles qu'elles sont proposées, risquent de ne pas avoir les résultats que vous souhaitez.
En effet, transformer en zone touristique et uniquement avec l'appellation de "zone touristique" la totalité de cette partie du boulevard Saint-Germain sous prétexte de soutenir tardivement deux librairies risque d'accroître encore les pressions du commerce vestimentaire de luxe au détriment des autres activités, pression directe pas forcément parce que la Préfecture peut résister, mais pression sur le quartier dans son ensemble, pression sur les prix des baux, sur l'image du quartier, forte pression au bénéfice du caractère touristique un peu banalisé, et au détriment du caractère culturel et donc du rayonnement international qui est celui du quartier actuellement, enfin qui était...
C'est pourquoi pour renforcer l'intention que vous semblez néanmoins afficher, nous proposons deux amendements qui permettraient de limiter ces dérapages. Ils préciseraient l'objectif plus nettement et aideraient la Préfecture à prendre le meilleur arrêté possible et le plus efficace par rapport à l'objet affiché.
Le premier de ces amendements vise à limiter aux numéros pairs du boulevard Saint-Germain le périmètre de la zone, entre la rue des Saint-Pères et la place Saint-Germain, c'est-à-dire à la partie où il y a effectivement des librairies. Son principe sur ma proposition a été accepté par le Conseil du 6e.
Je vous propose donc de renouveler en Conseil de Paris l'adoption de ce voeu qui peut, certes, poser des problèmes par la délimitation. Mais néanmoins le fait de l'avoir adopté ne pourra que faciliter la compréhension.
Dans le cas contraire, et si nous ne l'adoptions pas, je crois que nous risquerions de donner le signal que l'objectif du projet de délibération serait différent de son objet.
Le second amendement propose de classer cette zone en y ajoutant la dénomination, comme les textes le permettent, de "zone d'animation culturelle permanente", plutôt que de retenir la seule appellation que vous proposez de "zone touristique d'affluence exceptionnelle". Ceci soutiendrait un objectif de défense de la dominante culturelle de ce quartier. Nous renforcerions ainsi le projet de délibération notamment face à d'éventuels recours. Sinon le projet de délibération peut paraître sujet à caution et remis en question.
Ainsi les intentions de la Ville seraient clairement précisées vis-à-vis de la Préfecture, afin de l'aider à prendre en toute connaissance de cause la meilleure décision, celle qui protégera le mieux ce que nous avons tous, je l'espère aujourd'hui, le souhait de préserver, c'est-à-dire les librairies indiquées dans le projet de délibération, qu'il est effectivement urgent de soutenir.
Je vous remercie.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, je vais répondre d'une façon brève à MM. TUROMAN et MORELL.
Tout cela est un combat d'arrière-garde. Que ce soit encore la Préfecture de Paris qui assure la tutelle lorsqu'on demande si l'on doit classer telle rue ou pas en zone touristique, c'est tellement vieux pour moi que je trouve cela complètement aberrant.
Deuxièmement, Monsieur TUROMAN, mon cher collègue, c'est un vieux combat parce que jeune parlementaire en 1978, j'avais proposé à l'époque l'ouverture des magasins le dimanche. Cela a été un tollé général en 1978 ! Nous sommes à présent en 2000. La Ville de Paris compte 22 millions de visiteurs, retombées financières, 100 milliards de chiffre d'affaires, cela fait vivre des centaines de milliers de gens aujourd'hui et vous verrez demain. Songez que vous avez des villes comme Berlin où le sacro-saint du dimanche était quelque chose auquel on ne pouvait pas toucher et où les commerces ouvrent de plus en plus le dimanche.
L'Angleterre et Londres en particulier, où les boutiques étaient fermées le vendredi soir à partir de 17 heures voient aujourd'hui les grandes ventes se faire le vendredi, samedi et dimanche. Alors, il faut savoir ! Est-ce que nous voulons être toujours la première ville touristique au monde, première capitale du tourisme ? Le tourisme, ce n'est pas que les riches, vous avez des 0 étoile, des 1, 2, 3 ou 4 étoiles, vous avez le choix pour tous les portefeuilles dans Paris. Vous avez des gens qui viennent voir nos musées, acheter, vivre, commercer. Il y a des choses qui me surprennent toujours, les marchands de tabac, le petit Tunisien ou le Marocain ouvert tôt le dimanche parce que seul à exploiter sa boutique, et le seul que l'on trouve le soir, d'ailleurs. Il est boutiquier, banquier, il fait tout parce que quand tout est fermé, on est bien heureux de le trouver.
Je crois qu'il faut que l'on réfléchisse différemment.
Je vais vous dire, cette mandature se terminant, j'espère qu'un PIERRE-BLOCH bis dans la prochaine mandature (pas moi, mais un bis) proposera qu'une fois pour toute Paris soit classée en zone touristique parce que c'est l'avenir et qu'il faut le voir comme cela.
Je crois que l'on doit se battre, quartier par quartier. Ce n'est pas l'ouverture obligée des grands magasins, croyez-moi, déjà que les 35 heures font aujourd'hui qu'un certain nombre de grands magasins réfléchissent... Si en plus des 35 heures, ils doivent ouvrir aux Galeries Lafayette, au Printemps Haussmann le dimanche, croyez-moi, ils vont y réfléchir à deux fois.
La réalité, c'est que cela peut permettre à certains petits commerces de pouvoir vivre. A trois pas d'ici, rue des Francs-Bourgeois, vous avez un certain nombre de commerces ouverts. Vous avez un inspecteur du travail qui fait une chasse féroce contre des magasins et met des contraventions, des contraventions...
Si c'est comme cela que l'on pense créer des emplois dans ce pays, je veux bien, mais c'est quelque chose de complètement irresponsable.
Sur ce, nous rejetons les deux propositions émanant du groupe socialiste et adoptées par le Conseil du 6e arrondissement. Monsieur le Maire, je demande le rejet total de ces textes.
(Applaudissements sur les bancs de la majorité municipale).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH.
Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 10 du groupe socialiste et apparentés stipulant que : "le périmètre de classement comprendra uniquement les numéros pairs du boulevard Saint-Germain, dans sa partie comprise entre la rue des Saints-Pères et la place Saint-Germain-des-Prés."
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée.
M. Alain MORELL. - Je rappelle quand même que cette proposition a été votée à l'unanimité du Conseil d'arrondissement.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, rapporteur. - Un mot pour rappeler à notre collègue MORELL que tout à l'heure, cher ami, les élus ici représentés du 18e arrondissement ont voté contre une association après avoir voté d'une façon unanime au Conseil du 18e arrondissement. Il y a donc eu deux sons de cloche, ce n'est pas de notre fait, je ne veux pas me justifier, mais il y a des Conseils d'arrondissement, ils ont une voix consultative, mais cette maison est plutôt souveraine et décide peut-être souvent différemment.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - M. LE GARREC, qui n'est pas inscrit, a la parole.
M. Alain LE GARREC. - J'étais en 7e Commission. Je regrette, Monsieur Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, vous n'avez pas aujourd'hui la même attitude que celle que vous avez eue en Commission, car non seulement, il y a eu changement d'attitude avec l'amendement, mais en plus avec ce qui nous a été dit en 7e Commission et je ne trouve pas cela très correct, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, vous avez la parole.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, rapporteur. - J'aimerais que mon collègue LE GARREC puisse m'expliquer quel est mon changement d'attitude par rapport à ce que j'ai dit en 7e Commission.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Pas d'interpellation directe !
M. Alain LE GARREC. - Je suis désolé, l'amendement avait été approuvé en 7e Commission !
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, rapporteur. - Oui, oui, mais je vous répète qu'il a été approuvé, nous avons longuement réfléchi et on a changé d'appréciation. Heureusement que l'on peut changer d'idée.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - L'Assemblée est souveraine, je le rappelle.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 11 du groupe socialiste et apparentés, dont M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH propose le rejet, et qui stipule que : "seul le périmètre des numéros pairs de Saint-Germain, dans sa partie comprise entre la rue des Saints-Pères et la place Saint-Germain-des-Prés sera classé en zone d'animation culturelle permanente".
Qui est favorable à l'adoption de cet amendement ?
Qui est défavorable ?
Abstentions ?
L'amendement n'est pas adopté.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFAE 65.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DFAE 65).