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Avril 2000
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80 - QOC 2000-285 Question de Mmes Gisèle MOREAU, Mireille MARCHIONI et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police concernant la fermeture des centres d'hébergement d'urgence avec l'arrivée du printemps

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2000


Libellé de la question :
"Comme chaque année, avec l'arrivée du printemps, les centres d'hébergement d'urgence ferment leurs portes. Certaines associations luttant contre les exclusions ont d'ailleurs récemment alerté Mmes Gisèle MOREAU, Mireille MARCHIONI et les membres du groupe communiste de la fermeture des centres d'hébergement situés dans le 19e arrondissement ou bien encore gare de l'Est.
Or, ces centres sont, pour beaucoup de Parisiens sans abri, des lieux essentiels pour leur vie et leur dignité. Ils peuvent s'y laver, passer la nuit à l'abri des intempéries et rencontrer des personnes compétentes et dévouées qui peuvent les aider dans de multiples démarches.
Ainsi, avec les beaux jours, un grand nombre d'entre eux n'auront plus que la voie publique comme unique lieu de vie. C'est un drame insupportable, une injustice intolérable qu'une majorité de personnes refusent.
C'est pourquoi Mmes Gisèle MOREAU, Mireille MARCHIONI et les membres du groupe communiste demandent à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police d'intervenir afin qu'au cours de cette année 2000 les centres d'hébergement d'urgence continuent d'accueillir les personnes sans abri qui le souhaitent et que, dans le même temps, les services sociaux de la Ville de Paris proposent à ceux qui le désirent un accès personnalisé au logement."
Réponse (Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint) :
Il convient d'abord de rappeler que l'hébergement d'urgence est un domaine de compétence de l'Etat. C'est donc à la DASS qu'il appartient de décider du nombre de centres d'accueil de nuit qui doivent rester ouverts au-delà de la saison hivernale.
Dans l'état actuel des choses, 2200 places d'hébergement d'urgence restent disponibles toute l'année sur les 3200 offertes en hiver. Ce nombre paraît suffisant, compte tenu du fait qu'en période de grand froid seules 80% des places d'urgence sont occupées. Cependant la Ville, consciente des difficultés réelles occasionnées par la fermeture de ces centres a décidé, pour ce qui la concerne, de prolonger le fonctionnement de ceux qu'elle gère avenue Fonck et rue Curial dans le 19e arrondissement.
S'agissant par ailleurs de l'intérêt de mettre à la disposition des personnes sans domicile fixe des services de première urgence, il y a lieu de rappeler que les 12 "Espaces Solidarité Insertion" (E.S.I.) financés à parité par le Département de Paris et l'Etat et pour ce qui concerne les travaux et les équipements par la R.A.T.P. sont des lieux d'accueil de jour qui offrent précisément à ce public des douches, des lave-linge, des vestiaires, etc. Des permanences médicales et sociales y sont également organisées afin d'aider et d'orienter ces personnes dans leurs différentes démarches.
Enfin, les "Espaces Solidarité Insertion" sont ouverts toute l'année et, pour certains, 7 jours sur 7. Le Département et l'Etat ont engagé une concertation avec les associations gestionnaires afin que tous ces sites puissent rester ouverts le week-end et allonger leurs horaires d'ouverture en journée. Cette harmonisation de leurs modes de fonctionnement devrait pouvoir aboutir dès cette année."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Depuis 1999, contrairement aux années précédentes où la totalité des centres étaient fermés dès fin avril, un nombre important d'entre eux restent en activité pendant la période estivale.
Si en hiver les centres d'hébergement disponibles sont occupés à 90 % de leur capacité d'accueil, leur fréquentation pendant les beaux jours est beaucoup moins importante.
En effet, près de 70 % des personnes sans domicile fixe (S.D.F.) contactées durant cette période par le personnel de la Brigade d'assistance aux personnes sans abri (BAPSA) de la Préfecture de police, refusent les offres d'hébergement qui leur sont proposées.
Cette désaffection ne freine cependant en rien l'activité de la BAPSA qui continuera encore cette année et quelles que soient les conditions climatiques, à proposer aux S.D.F. un hébergement au centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre.
J'ajoute que cette structure qui fonctionne toute l'année, a fait l'objet, d'une profonde rénovation pour un coût total de 67 millions de francs. C'est ainsi qu'à compter de mai prochain, seront ouverts de nouveaux locaux destinés à l'hébergement des sans abri (248 places réparties en chambre de 4 à 6 lits) et comprenant une zone d'accueil, un restaurant et des salles de jeux.
Cette importante rénovation conduira à une amélioration très significative des conditions d'accueil des hébergés au sein de cette structure, qui devrait permettre d'augmenter son niveau de fréquentation pendant les beaux jours."