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Octobre 2009
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2009, DDEE 87 G - Signature d'une convention avec le 104, établissement artistique de la Ville de Paris, prévoyant l'attribution d'une subvention pour la création d'une pépinière d'entreprises. Montant : 600.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Octobre 2009


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DDEE 87 G relatif à la signature d'une convention avec le 104, établissement artistique de la Ville de Paris, prévoyant l'attribution d'une subvention pour la création d'une pépinière d'entreprises.

Madame Geneviève BERTRAND, vous avez la parole.

Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Madame la Présidente.

Quelle rencontre plus appropriée, voire même d?évidence que celle du "104" et d?une pépinière d?entreprises et d?incubateurs pour jeunes entreprises innovantes.

Le "104" est un lieu dédié à la création et à la production artistique unique au monde. Ouvert à tous, cet espace de 39.000 mètres carrés propose un ensemble architectural inédit où l'art va à la rencontre des publics.

Selon le projet des deux directeurs Robert CANTARELLA et Frédéric FISBACH, il s?agit d?en faire un lieu au quotidien où la dynamique artistique bouscule les frontières entre les arts et les publics.

Puisque ainsi la culture et l'art s'ouvrent non seulement aux spectateurs mais aussi aux passants et aux curieux, pourquoi pas en plus à de jeunes entrepreneurs, situés au carrefour de l'innovation technologique et de la création et qui, par le recours à de nouvelles technologies, peuvent développer des applications innovantes, tant pour le secteur culturel que pour l'industrie ?

Une aussi vaste entreprise que le "104", au concept aussi innovant, ne peut naturellement pas avoir déjà trouvé son plein régime de croisière, après un an de fonctionnement, en dépit du dynamisme de ses dirigeants et du soutien de la Ville. Aussi, l'idée d'accueillir des entreprises dans un lieu aussi propice me paraît-elle lumineuse.

Que dix entreprises sur 750 mètres carrés puissent venir tester, expérimenter, développer un projet clé dans leur croissance, dans une période courte, de six à huit mois et de deux ans au maximum, et en sortir avec un projet opérationnel ou très avancé, dans un esprit de recherche et de développement, d'interaction entre les entreprises et entre les artistes en résidence, doit à mes yeux être soutenu, encouragé et développé.

Le cahier des charges précis est là pour éviter toute dérive. Je voterai sans réserve ce projet de délibération.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à Mme Laurence GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Madame la Présidente, mes chers collègues, j'ai déjà eu à plusieurs reprises l'occasion de souligner l'intérêt qu'il y avait pour nos Départements à soutenir les petites entreprise des industries culturelles et de la communication.

En soutenant ces industries, notre Département participe non seulement à la création d'emplois culturels pour les personnels des entreprises et artistes intermittents du spectacle, mais réaffirme également notre attachement à la diversité culturelle, car ces petites entreprises sont au c?ur de la création et de la recherche de nouveaux talents.

Dans le contexte de crise des industries culturelles et de la communication, et alors que les grands groupes éditoriaux ont peu ou prou renoncé à investir dans la nouveauté pour se consacrer à des talents déjà reconnus, il est de notre devoir d'afficher notre volonté et pour ce faire de soutenir?

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - S?il vous plaît, un peu de silence !

Mme Laurence GOLDGRAB. - ? dans le cadre du plan pépinières incubateurs, l'installation prochaine d'une dizaine d'entreprises jeunes et innovantes au sein de la pépinière prévue dans le "104".

En effet, pas moins de dix entreprises, comme vous l'avez rappelé, du secteur culturel ou utilisant les technologies d'information, vont prendre place dans le "104" sur près de deux niveaux, soit 750 mètres carrés pour des périodes de six à huit mois, allant jusqu'à deux ans maximum.

Suite à l'appel à projets lancé par le Département au cours du dernier trimestre 2008, c?est le projet porté par le partenariat entre le "104", le SPL, Silicone Sentier* et le forum d'action modernité, qui a été retenu et qui est donc l'un des quinze projets labellisés.

Cette future pépinière d'entreprises s'inscrit totalement dans le projet économique et social du "104". La pépinière mettra à disposition des entreprises des espaces de travail, de production et d'expérimentation, et favorisera la mutualisation - c'est quelque chose évidemment qui est hautement souhaitable pour toutes ces pépinières et qui évidemment donne un plus à ces petites entreprises.

Ainsi rassemblés dans un même lieu, artistes en résidence et entrepreneurs pourront se côtoyer, échanger et produire ensemble. La pépinière aura la possibilité d?utiliser ponctuellement l'accueil et la salle d'exposition du rez-de-chaussée, la nef où les espaces publics du "104" - c'est très important -, de sorte que les échanges auront lieu, non seulement entre les artistes en résidence et les entreprises, mais également avec les habitants du quartier.

L'implantation de cette pépinière représente un enjeu de forte dimension territoriale. La pépinière représente un potentiel en matière d'emplois, d'insertion, d'intégration, de vitalité économique, culturelle, de cohésion et de coopération territoriale dans ce quartier. Ainsi, 10 % des emplois créés seront confiés à des personnes en parcours d'insertion.

Ce projet va permettre de donner un nouveau souffle économique à ce quartier du 19e arrondissement, où 60 % des logements sont sociaux.

C'est une nouvelle étape pour le "104".

Je vais rappeler brièvement que cette pépinière vient compléter les équipements qui ont déjà ouvert leur porte au "104". Citons par exemple le 5, c'est la vocation artistique du "104" sur laquelle j'insiste là - espace de 400 mètres carrés dédiés aux pratiques artistiques amateurs, et principalement réservées aux habitants des 18e et 19e arrondissements - pour deux euros l?heure, la librairie Le Merle Moqueur, boutique culturelle offrant plus de 20.000 références, le café du "104", la maison des petits, d?accueil et d?éveil pour les enfants de moins de 6 ans accompagnés de leurs parents.

Il s'agit là d'équipements qui s'inscrivent dans la cohésion de ce quartier, sans oublier pour autant que le "104" bien sûr a une vocation artistique et économique.

A travers cette pépinière, notre Département fait le pari de faire du "104" un lieu exceptionnel d'innovation, de culture et de mixité sociale.

Bien entendu, notre groupe va voter favorablement ce projet de délibération.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

La parole est à M. Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, au nom de la 2e Commission. Merci.

Je remercie Mmes Laurence GOLDGRAB et Geneviève BERTRAND du soutien qu'elles apportent à ce projet de pépinière.

Je voudrais juste rappeler, puisque l?essentiel a été dit sur la vocation de cette pépinière d'entreprises, que la Ville en lançant son appel à projet de pépinière incubateur avait privilégié les implantations in situ pour les incubateurs, c'est-à-dire l'idée qu'il fallait que les incubateurs soient proches des chercheurs, soient proches des artistes, des créateurs, de façon à favoriser la fertilisation croisée. On sait qu?aujourd'hui, dans le domaine artistique, les créations d?entreprises, notamment dans le domaine du numérique, sont de plus en plus nombreuses, avec des marchés qui certes sont des marchés de niche mais qui ont une dimension mondiale.

Je vais vous citer un exemple, un seul, une entreprise comme "Factum Arte", qui a récemment fait le facsimilé des Noces de Cana, de Véronèse au musée du Louvre, pour l'implanter à San Georgio à Venise, est une entreprise qui utilise les technologies numériques les plus modernes pour la reproduction et la conservation des ?uvres d'art.

Nous savons aujourd?hui qu'il y a des entreprises qui se créent dans le domaine, par exemple, de la scénographie numérique, des décors virtuels, des logiciels de chorégraphie, tout ce qui touche au spectacle vivant, mais également les effets spéciaux, la musique, la logistique événementielle, la billetterie, l'information et les services sur les événements culturels.

Il y a dans le domaine de la culture, des arts et du spectacle un nombre considérable d'activités ayant un fort potentiel économique, générateur d'emplois et de valeur. Et je crois que cette pépinière du "104" aura la vocation de permettre la création et le développement de ces entreprises et que ces entreprises seront au contact de créateurs et d'artistes qui sont hébergés par "Le 104" et également, bien sûr, au contact de la population du 19e arrondissement.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

La parole est à M. POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Simplement, sur cette affaire du "104", Mme BERTRAND a exprimé une position qui est une position forte. C?est vrai que, sur la phase d'incubateur, nous suivons la politique que vous initiez, Monsieur MISSIKA, en s?interrogeant parce qu?on verra bien au niveau du temps si ces incubateurs ne sont pas que des boîtes ; et c?est vrai que nous aurons besoin d'une évaluation pour nous convaincre. Nous sommes plutôt favorables à ce genre de chose.

Mais, c?est vrai que sur "Le 104", il y a eu, au sein de notre groupe - c?est pour cela que Mme BERTRAND a exprimé sa position - un débat assez franc ; je voudrais quand même l'exprimer parce que c'est aussi un débat qu'il peut y avoir dans l'ensemble des groupes. On se demandait si "Le 104" qui coûte cher, d?après même, je crois que c'est M. Christophe GIRARD, lui-même, qui s'interrogeait là-dessus? Est-ce que c'est aussi nécessaire qu'il y ait une amplitude aussi grande ?

M. MISSIKA - normal -, avec l?Exécutif, défend ce rôle aussi large. Plusieurs personnes au sein de notre groupe sont plus réticentes à ce que "Le 104" devienne une structure aussi large, qu?on accueille un peu tout le monde. Donc, certains d'entre nous vont s?abstenir et certains vont même voter contre. Il y a sur ce projet plutôt une liberté de vote au sein de notre groupe.

Je souhaitais vous dire cela, qu?il n'y a pas d'opposition à l'incubateur, je le répète, c'est important, on a simplement peur que cela ne devienne que des boîtes ; et qu'il est nécessaire qu'on ait une évaluation, et je pense, Monsieur MISSIKA, que vous adhérez là-dessus.

Merci.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - C'est une explication de vote.

Donc, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEE 87 G.

Qui est favorable ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DDEE 87 G).