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5 - 1995, GM. 370 - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec la Région d'Ile-de-France un contrat, au titre de 1995, pour le financement de l'opération "quartiers tranquilles".

Débat/ Conseil général/ Octobre 1995




M. LE PRESIDENT. -Nous allons commencer l'examen des projets de délibération par celui portant autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec la Région d'Ile-de-France un contrat, au titre de 1995, pour le financement de l'opération "quartiers tranquilles".
Madame BACHE, vous avez la parole.

Mme Marinette BACHE. -Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Un projet de délibération concernant la circulation à Paris est aujourd'hui soumis à notre Assemblée. Ce projet de délibération concerne la participation de la Région d'Ile-de-France à des opérations d'aménagement lancées par la Ville. La Région d'Ile-de-France mène, en effet, une politique de contrats régionaux afin de participer au financement d'opérations mises en oeuvre par des collectivités locales qui répondent à des objectifs d'amélioration de l'environnement.
Pour l'année 1995, cette participation de la Région concernera à Paris les quartiers tranquilles, en l'occurrence les quartiers Mouffetard dans le 5e, Nationale dans le 13e et du Marais dans le 4e.
La participation de la Région est importante. Ceci mérite d'être souligné puisqu'elle s'élèvera à 35 % du coût total prévu pour ces opérations qui est de 20.400.000 F.
Les élus du Mouvement des citoyens souhaitent souligner le caractère positif, bien qu'insuffisants en nombre, de ces aménagements. Ils témoignent que certaines idées progressent même s'il ne s'agit que de timides avancées, si l'on considère les besoins de Paris dans leur ensemble.
Il faut rappeler que, depuis dix-huit ans, la Ville densifie les quartiers en multipliant les Z.A.C. La création des axes rouges a, par ailleurs, accéléré l'augmentation du trafic et depuis 1977, l'essentiel des actions de la Municipalité a porté sur l'amélioration de la circulation automobile par des équipements de voiries, par des élargissements de chaussées et par la création de ces axes rouges qui sont devenus de véritables autoroutes urbaines.
Tout ceci sans compter l'augmentation mécanique des places de stationnement évaluée à 5.000 par an, entre 1989 et 1995.
Cette politique se trouve être ainsi depuis plusieurs années aux antipodes de toutes celles pratiquées par notre pays comme en Europe dans les grandes agglomérations. Elle prouve que la Municipalité est restée adepte de ce principe dépassé selon lequel il faudrait adapter la ville à l'automobile. On en perçoit aujourd'hui pleinement les conséquences. La circulation et les embouteillages augmentent de 400 % en dix ans. La pollution s'accroît, et plus grave, s'installe de ce fait de façon durable, devenant récurrente et chronique. Les piétons et les cyclistes sont devenus les laissés pour compte de cette politique du tout automobile. Les quartiers tranquilles constituent, bien que trop faibles en nombre, de trop rares ballons d'oxigènes ; trop isolés, ils demandent à être généralisés à tous les quartiers. Dans les secteurs où est appliquée la limitation de vitesse à 30 km/h, ces rares quartiers tranquilles, la circulation a diminué de 20 à 30 % et la vitesse moyenne est tombée de 50 à 21 km/h. Un plan définissant des zones interdites à l'automobile, des zones à 30 et des zones classiques, doit être mis en place pour la Capitale, ceci pour réduire la pression automobile, principale source de nuisances dont sont victimes les Parisiens.
Les initiatives fortes et durables doivent être prises en faveur des piétons et des cyclistes. La Région d'Ile-de-France a déjà envisagé la création d'un réseau vert, un ensemble de circuits réservés ou aménagés spécialement pour les piétons et les cyclistes.
La Ville de Paris envisage-t-elle de s'engager dans ce type de projet ? Jusqu'à ce jour, aucune initiative n'a été prise en ce sens et ceci est bien regrettable.
Nous ne reviendrons pas sur la nécessité urgente qu'il y a à mettre en oeuvre une nouvelle politique de la circulation à Paris et à encourager l'offre de transports collectifs; Il faut rendre aux piétons et aux deux roues leur vraie place dans la Ville sans les cantonner dans des espaces réservés. La Ville est un lieu où différents modes de déplacements doivent coexister. Une politique associant la diminution de la pression automobile, l'offre accrue de transports publics et l'amélioration d'espaces en faveur des piétons et des cyclistes, permettra de garantir un équilibre, d'améliorer la sécurité, les conditions de vie des Parisiens, mais il faut pour cela faire preuve de volonté et dépasser le stade des mesures ponctuelles Malgré toutes ces insuffisances, nous voterons pour le contrat qui doit permettre à la Ville de Paris, de participer à ces opérations d'aménagement concernant ces quartiers tranquilles.

(Applaudissements sur les bancs du groupe du Mouvement des citoyens).

M. LE PRESIDENT. -Monsieur PLASAIT, voulez-vous répondre ?

M. Bernard PLASAIT, au nom de la 3e Commission. -Monsieur le Président, je ne suis pas sûr que les propos de Mme BACHE appellent vraiment une réponse puisqu'elle nous explique ce qu'elle souhaiterait en matière de politique de circulation à Paris.
Je voudrais donc lui rappeler qu'une réflexion d'ensemble sur une politique des quartiers a été entreprise, que dans les constats qu'elle fait sur Paris, elle oublie - je voudrais simplement le lui signaler - notamment la reconquête des trottoirs qui est un élément très positif de la politique menée jusqu'ici, et l'aménagement de cette voirie reconquise. Lui dire enfin que vous avez annoncé que vous feriez une communication sur la circulation et les transports à Paris, qu'en fonction de cette communication, tous les services travaillent sur ce qu'il conviendrait de proposer aux Parisiens. Par ailleurs, une politique de concertation est entreprise qui nous permettra d'entendre ce que souhaitent les associations et la population. Par conséquent, je demande à Madame BACHE de bien vouloir patienter jusqu'au jour où vous ferez, Monsieur le Président, cette communication. Merci.

M. LE PRESIDENT. -Je vous remercie.
Mes chers collègues, je vais mettre aux voix ce projet de délibération GM. 370.
Que ceux qui sont pour veuillent bien lever la main ?
Epreuve contraire ?
Abstentions ?
Il est adopté à la majorité, Mme Martine BILLARD, Mlles Sylvie SCHERER, Cécile SILHOUETTE et M Jean-François BLET ayant voté contre et M. Jean-Pierre REVEAU s'étant abstenu. (1995, GR. 370).