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Octobre 2009
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Conseil Général
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2009, Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. visant à demander à M. le Maire de Paris de confirmer son opposition à la légalisation de la consommation de cannabis (suite).

Débat/ Conseil général/ Octobre 2009


 

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - Monsieur BROSSAT, vous avez la parole.

M. Ian BROSSAT. - Merci, Madame la Présidente.

Nous ne voterons pas ce v?u.

D'abord parce que nous ne sommes pas hostiles à ce qu'on ouvre un débat sur ce sujet et parce que nous ne considérons pas qu'il nous revienne, à nous, conseillers de Paris, de condamner les propos de tel ou tel membre de cet hémicycle, en l'occurrence le maire du 18e arrondissement.

Cela dit, de fait, avec les propos de Daniel VAILLANT, le débat est ouvert. Et dans le cadre de ce débat, chacun avancera ses positions et je veux vous dire en quelques mots quelle est ma position, quelle est notre position sur le sujet.

Je ne suis pas favorable à la dépénalisation du cannabis.

(Applaudissements sur les bancs de l'U.M.P.P.A.).

Je n'y suis pas favorable parce que j'ai enseigné pendant trois ans à Sarcelles, que j'ai vu les ravages que cela produit et que je ne suis pas convaincu qu'on ait intérêt à encourager ce type de pratique.

(Brouhaha).

Si je pouvais continuer dans le calme, cela m?arrangerait !

Je n'y suis pas favorable non plus parce que je ne suis pas convaincu que le seul message qu'on ait aujourd'hui à envoyer à la jeunesse, ce soit, après tout, que vous n'avez pas d'emploi, que vous n'avez pas de logement mais vous pouvez fumer tranquille !

Je n'y suis pas favorable non plus et je le dis à mes amis qui siègent à la gauche de cet hémicycle que, quand on va...

(Exclamations sur les bancs du groupe "Les Verts").

Sylvain GAREL, si on pouvait simplement terminer tranquillement ce débat !

Parce que quand je vais à la Chapelle, à la Goutte d?Or, que je discute avec les habitants des quartiers populaires, ils ne me disent pas que dans cette société il y a trop de règles, ils me disent qu'il n'y en a pas assez. Ils ne me disent pas qu'il y a trop d'interdits, ils me disent qu'il n'y en a pas assez !

Et je crois que le courage, cher Sylvain GAREL, quand on est de gauche, ce n'est pas forcément de dire qu'on a vocation à lever tous les interdits !

Bien sûr, nous ne voterons pas ce v?u, mais dans le débat, nous dirons aussi ce que nous pensons et, même si cela ne vous plaît pas, je le dis à mes amis "Verts", nous continuerons à avancer nos positions sur ce sujet.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche).

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - Je donne la parole à M. POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - C'est un débat très difficile. J'ai écouté toutes les interventions parce que c'est quelque chose qui est non seulement une gangrène qui touche des gens en difficulté, mais c'est également un problème qui n'est pas uniquement français et européen. J'en discutais avec M. SCHAPIRA tout à l'heure, sans trahir ses problèmes, mais ce qui se passe dans certains pays d'Afrique actuellement peut s?expliquer justement par des consommations excessives de drogue. On en a parlé ensemble, avec M. SCHAPIRA.

Je peux vous dire que ce problème nécessite une grande réflexion.

Je suis en même temps chaque fois un peu énervé qu'à l'occasion d'un v?u, on pose des problèmes aussi importants, mais je reconnais que Philippe GOUJON a eu raison de réagir aux déclarations de l'ancien Ministre de l'Intérieur.

Je comprends très bien l'évolution de M. VAILLANT, je comprends très bien les interrogations, mais je me mets à la place de l'ensemble des enseignants, de l'ensemble des responsables dans les lycées et les collèges, à la place de tous les policiers qui luttent contre ce fléau, et quand ils entendent l'ancien Ministre de l'Intérieur dire : "Tout ce que vous faites est inutile, il faut légaliser tout cela", cela m'a choqué !

C'est la raison pour laquelle, mon groupe fera ce qu'il voudra, mais je voterai à titre personnel le v?u de Philippe GOUJON parce que, de la part de l?ancien Ministre de l'Intérieur, il y a nécessité d'un peu de discrétion.

(Applaudissements sur les bancs de l'opposition).

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - Madame TAÏEB, vous avez la parole.

Mme Karen TAÏEB. - Je voudrais d'abord remercier M. Jean-Marie LE GUEN d'avoir su élever le débat.

La mascarade à laquelle nous avons assisté était, je dirais, prévisible au vu de la rédaction du v?u parce que ce n'est évidemment pas un v?u citoyen mais un v?u bassement politicien. C'est ce que je déplore avant tout.

Comme je l'ai dit tout à l'heure dans mon intervention sur l'alcool et les jeunes, un débat s'impose sur l'ensemble des addictions. C'est un sujet grave, c?est un sujet d?une importante gravité qui menace la santé de nos jeunes.

C'est une mère qui vous parle, Monsieur BOURNAZEL. Vous en connaissez, mais moi, j?en suis une. Je suis la mère de trois adolescents et je sais que c'est un problème grave. Je suis contre les vendeurs à la sauvette devant les lycées et personne n'a su jusqu'à maintenant, comme l'a si bien dit tout à l'heure Jean-Marie LE GUEN, résoudre ce vrai problème qui n'en finit pas.

Je propose que ce débat ait lieu non pas cyniquement comme vous le faites au travers de ce v?u qui, en fait, montre du doigt un de nos collègues, mais je veux un vrai débat qui se fasse dans d'excellentes conditions comme le sujet le mérite.

Merci.

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - La parole est à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN. - Merci, Madame la Présidente.

A l'évidence, ce débat donne lieu à des tensions parce que nous savons tous que la situation est compliquée et que cela nous obligera, les uns et les autres, à bouger. Ceux qui, il y a une vingtaine d'années, pouvaient penser que la consommation de cannabis n'avait pas de conséquence sur la santé ou sur la société savent aujourd'hui que c?est faux et qu?en aucune façon, on ne peut considérer que la consommation de cannabis ou d'autres formes de drogue sont des éléments légers que la société n'a pas à considérer, par exemple, au nom de la liberté individuelle. Plus personne ne peut penser cela aujourd?hui.

Ceux qui pensent que ce que nous faisons depuis 40 ans - et quoi qu'ils pensent de la manière dont cela a été fait -, mais pensent, finalement, que c'est plutôt bien fait depuis sept ans, ne peuvent que constater, dans leur chair, parfois, autour d'eux et dans la réalité sociale qu?en tant qu'élus ils voient autour d'eux que cela ne risque pas de marcher.

Si vous regardez le monde tel qu'il est, au-delà même de nos villes, de nos quartiers, le monde bascule à cause de cette question. Si tout ceci ne pose pas de question, alors je ne sais pas ce qui pose question. Y a-t-il des sujets aussi importants dans la société aujourd'hui ? Quelques-uns, mais pas beaucoup. Et, donc, comme le dit Mme TAÏEB, de toute façon, les uns et les autres, nous serons amenés à traiter cette question en dehors de toute considération politicienne, quoi qu'on en pense, et sans aucun cynisme manipulatoire que j'ai cru entendre très sincèrement ici ou là parfois.

Ne mettez pas en cause Daniel VAILLANT qui, courageusement, a pris les choses... Il les a prises d'une façon non polémique sans attaquer personne, en prenant une position courageuse qui va - et nous le savons tous - qui va aujourd'hui à l'encontre de ce que pense l'opinion publique spontanément. Oui ! Eh bien, dans ces conditions-là, oui, nous sommes prêts à poser le problème devant les Français. Oui, nous allons le poser. Nous irons le poser et vous aurez d'autres réponses à avoir que des réponses politiciennes ici ou là.

(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés).

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - Nous allons mettre aux voix ce v?u et je vous rappelle que le Maire de Paris condamne les propos du maire du 18e arrondissement et réaffirme son attachement à l?interdiction de la consommation de cannabis.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A. assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui s'abstient ?

Qui est contre ?

Le v?u est rejeté.

(Applaudissements).