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Octobre 2009
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Conseil Général
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2009, DASES 124 G - Subvention à 7 associations dans le cadre de conventions afin de contribuer au projet Prévention Alcool Jeunes. - Montant total : 102.500 euros.

Débat/ Conseil général/ Octobre 2009


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DASES 124 G accordant une subvention à 7 associations dans le cadre de conventions afin de contribuer au projet Prévention Alcool Jeunes.

Mme Karen TAÏEB a la parole.

Mme Karen TAÏEB. - Je souhaitais intervenir sur le projet "alcool jeunes", très jeunes, allais-je dire. Deux mots tristement accolés, car si les jeunes se réfugient dans l'alcool, c'est qu'il y a vraisemblablement un malaise sous-jacent, une société qui en demande de plus en plus à une jeunesse dont l'avenir est embué, non seulement par la crise socio-économique, mais aussi par la crise environnementale et sanitaire, pour ne citer que le Sida.

Expérimentations de plus en plus précoces, banalisation de l'ivresse, fléau, danger, c'est en ces termes que l'on évoque l'alcool et les jeunes. Dans la presse, on parle beaucoup de cette pratique du "binge drinking", qui consiste à boire beaucoup dans un laps de temps très court pour une ivresse expresse. Mais boire un ou deux verres de vin dans un café en sortant du lycée à 17 heures est de plus en plus fréquent.

Phénomène de mode, sûrement, mais problème de santé publique surtout. Comme l'explique le Dr Philippe BATEL, chef du service d'addictologie de l'hôpital Beaujon, "la consommation excessive ponctuelle et festive n'expose pas aux mêmes dangers que la consommation régulière de l'alcool, mais la perte de contrôle, les comportements impulsifs peuvent se révéler, non seulement dangereux pour soi mais pour les autres. Sous l'emprise de l'alcool, le jeune devient la victime idéale des violences morales, physiques ou sexuelles, sans oublier les conséquences sur le plan scolaire, universitaire ou professionnel".

Selon les données, la consommation d'alcool connaît généralement un pic de fréquence entre 15 et 20 ans. A 17 ans, on boit surtout pour une ivresse ponctuelle, et la première cause de mortalité entre 14 ans et 30 ans reste l'alcool.

Quant à la question : pourquoi les jeunes boivent-ils autant ? Beaucoup répondent en raison de la pression. Le projet qui nous est présenté s'appuie donc sur le savoir-faire de sept structures expérimentées dans la prévention des conduites à risque : l?A.C.E.R.M.A., l?A.N.P.A.A. 75, l?AREMEDIA, Emergence Espace Tolbiac, le Kiosque Info Sida et Toxicomanie, Fort de Café et MDSL Intervention.

Il est effectivement judicieux et clairvoyant de mutualiser les expertises et savoir-faire, afin de comprendre les comportements des jeunes face à l'alcool et imaginer avec eux les solutions à ce véritable problème de santé publique.

Il serait intéressant, urgent même, de lancer une étude sur l'alcool et les jeunes à Paris. Il serait également souhaitable d'organiser un débat autour des addictions, toutes confondues, avec le conseil de la jeunesse et je me félicite de ce projet de délibération qui nous permet d'aborder une question préoccupante.

Je regrette cependant la sémantique utilisée dans la présentation de ce projet comme consommation abusive ou encore mésusage, comme s?il y avait une dose non abusive ou un bon usage de l?alcool.

Quand y a-t-il excès ? Quand y a-t-il abus ? Quand y a-til danger ?

Il ne s'agit évidemment pas d'émettre un jugement, mais de mettre le doigt sur un problème de santé qui dépasse non seulement les frontières de Paris mais celles de l?hexagone.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. Madame la Présidente, effectivement, Karen TAÏEB a raison d'insister sur les efforts que nous mettons en place pour soutenir une politique très importante de lutte contre les différentes formes d'alcoolisation dans la jeunesse.

Je crois qu'il n'y a pas, aujourd'hui, disons-le, une conscience suffisamment importante dans les pouvoirs publics des ravages que fait ce type d'addiction, notamment chez les jeunes.

Il y a une tolérance trop importante dans notre société vis-à-vis d'une utilisation de l'alcool. Or la consommation d'alcool peut avoir des conséquences extrêmement graves, comme l'ont d'ailleurs, d'une façon générale, toutes les addictions, à la fois sur la santé des personnes et des jeunes concernés, mais aussi sur leur insertion sociale et sur leur avenir.

Nous souhaitons donc mettre en place une politique qui soit adaptée, c'est-à-dire une politique de réelle réduction des risques, parce que, effectivement, nous ne sommes pas sur une position prohibitionniste vis-à-vis de l'alcool, à la fois parce qu'au plan de la santé publique, cela ne se justifie pas complètement, il y a un usage modéré de l'alcool qui n'est ni recommandable ni condamnable, mais il y a, en revanche, des usages exagérés, soit d'un point de vue aigu, soit d?un point de vue chronique qui, aujourd'hui, posent problème.

Quand on voit que l'Assemblée nationale a voté la proposition du Gouvernement de favoriser la publicité sur Internet qui, à l?évidence, ira directement en direction des jeunes, sans créer beaucoup d?émoi d?ailleurs, disons les choses, au sein de l?Assemblée d'une part et au sein de l'opinion publique d'autre part ; il y a là vraiment une méconnaissance, me semble-t-il de ce genre de risques.

Nous avons mis en place, dans le sens de ce que vous souhaitiez, une politique assez intense, qui va bien au-delà des compétences strictes qui sont celles du Département, puisque c'est une compétence d'Etat, théoriquement, notamment contre la problématique du "binge drinking", qui n'est pas la seule forme - il faudrait arriver à nuancer, effectivement - d'alcoolisation, qui vise quasiment le coma éthylique, la volonté du "shoot", en même temps que d'autres formes - excusez la nuance - d'alcoolisation forte, mais non pas sur deux heures mais sur quatre à cinq heures. Les résultats ne sont pas toujours substantiellement différents, sauf que les approches psychologiques et donc les préventions sont à manier de façon différente.

Il y a une action de prévention à mener contre ces deux formes de consommation.

Pour cela, nous voulons construire nos messages avec les jeunes, nous avons fait et nous allons mettre en place une campagne multimédia qui s'adressera plus particulièrement en direction des jeunes et avec M. Bruno JULLIARD, nous voulons mettre un message spécifique de prévention en milieu festif, nous avons pris un certain nombre d'initiatives, parce que c'est au cours, à cause et dans le cadre de cette fête que se propagent ces formes de consommation abusive et intempestive d'alcool.

Voilà donc ce que je peux vous dire en vous remerciant de votre intervention et de la manière dont vous avez souligné l'intervention importante de notre collectivité, puisque ces sept associations sont quand même subventionnées à plus de 100.000 euros.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 124 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DASES 124 G).

Je vous en remercie.