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Juillet 2004
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14 - 2004, ASES 180 G - Subvention de fonctionnement à l'association "S.O.S. Drogue international" (3e) pour l'ouverture de son centre spécialisé de soins aux toxicomanes "S.O.S. les Halles" (2e). - Montant : 116.000 euros.2004, ASES 258 G - Attribution d'une participation de 60.000 euros à l'association "S.O.S. Drogue international" (3e) pour son centre le "Kaléidoscope"

Débat/ Conseil général/ Juillet 2004


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 180 G relatif à l'attribution d'une subvention de fonctionnement à l'association "S.O.S. Drogue international" (3e) pour l'ouverture de son centre spécialisé de soins aux toxicomanes "S.O.S. les Halles" (2e).
Vous avez la parole, Monsieur LEKIEFFRE.
M. Christophe LEKIEFFRE. - J'interviendrai sur le projet de délibération ASES 180 G et par ricochet sur le projet de délibération ASES 258 G, sur lequel je m'étais également inscrit, concernant la même association.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, les représentants de la gauche dans le 2e interrogés sur leurs intentions concernant la rue Saint-Denis à l'occasion des élections municipales en 2001 avaient promis de redorer l'image de la rue et surtout de ne rien faire hors la concertation avec les riverains du quartier. Ils sont trahis sur toute la ligne. Non seulement depuis maintenant 3 ans l'absence d'initiative nouvelle sur la rue Saint-Denis a fait retomber cette partie de notre arrondissement dans un sentiment de total abandon, mais surtout un projet fomenté avec l'appui de la Mairie depuis décembre 2003 va accentuer un peu plus les difficultés. En effet, sans jamais en discuter avec les élus du Conseil d'arrondissement, pas plus qu'avec les riverains participant au conseil de quartier Montorgueil - Saint-Denis - qui ont appris la nouvelle par hasard et trop tard -, la gauche parisienne a préparé en douce l'installation d'un centre pour toxicomanes au 110 de la rue Saint-Denis.
Nous n'avons aucune hostilité à l'égard de ce type de centre de traitement et nous sommes mêmes favorables à toutes initiatives qui pourraient aider un toxicomane à sortir de l'enfer de la drogue, mais nous croyons sincèrement qu'installer ce centre à cette adresse-là ne rendra service ni aux toxicomanes qui resteront en contact direct avec leurs dealers, ni aux riverains de cette rue qui avaient entrepris de revaloriser l'image de leur quartier. La rue Saint-Denis supporte déjà le désarroi et la déchéance de la prostitution. L'ambiance malsaine des joueurs de bonneteau, le racolage incessant des sex-shops et autres peep-shows, et la présence de plus en plus agressive des dealers, ça suffit !
Le risque est grand de voir définitivement acquis l'idée que cette rue et indirectement l'ensemble du quartier ont vocation à accueillir les activités et projets municipaux dont le reste de Paris ne voudrait pas. Or la rue Saint-Denis n'a pas vocation, qu'on se le dise, à accueillir toute la misère du monde !
De plus concernant l'installation de ce centre nous voulons aussi porter à la connaissance des membres de ce Conseil deux informations capitales : la première information concerne les conditions dans lesquelles s'est effectué l'achat de l'immeuble 110, rue Saint-Denis avec la complicité de la Ville, puisque je fais ici référence notamment à une réunion qui se serait tenue fin août à l'Hôtel-de-Ville en présence d'élus et de représentants des services. On soulignera ainsi un achat intermédiaire par une société civile immobilière créée spécialement pour l'occasion qui empochera au passage 686.000 euros, 4,5 millions de francs, 4 fois la subvention proposée en plus-values et en moins de six mois de temps. Pour votre information, interpellé sur ce dossier, le Procureur de la République a requis une enquête qui est toujours en cours auprès de la Brigade financière.
La deuxième information concerne la personnalité de certains dirigeants de cette association. En effet comment ne pas s'étonner qu'une association censée venir en aide aux populations droguées en difficulté confie la délégation générale de son institution à une personne condamnée par la Cour d'appel de Paris, il y a moins de 5 ans à 6 mois d'emprisonnement et solidairement à une amende de 900.000 F pour tenez-vous bien, je cite : "facilitation à autrui de l'usage de stupéfiants". Agissements relevés lorsque l'individu était le gestionnaire des boîtes de nuit de la chanteuse animatrice Régine, elle-même fondatrice de "SOS Drogue international". Je tiens à la disposition du Maire de Paris une copie du jugement de la Cour d'appel ainsi que le courrier du Procureur de la République m'indiquant l'enquête en cours. Vous le voyez, mes chers collègues, avant d'attribuer à cette association la somme importante de 116.000 euros à laquelle il faut ajouter 60.000 euros supplémentaires si nous considérons le projet ASES 258 G ; je crois avec mes collègues du groupe U.M.P. qu'il serait bon que nous agissions avec précaution en considérant qu'il est urgent d'attendre. Nous vous demandons donc de rejeter les deux demandes de subvention ASES 180 G et 258 G.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - M. LHOSTIS va répondre à cette intervention vigoureuse qui porte sur ces deux projets de délibération et il y aura ensuite une explication de vote.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Je trouve vraiment indécente cette intervention, mais il faut bien que j'y réponde. Je signale quand même que samedi, le Ministre de la Santé, M. DOUSTE-BLAZY, s'est rendu dans mon arrondissement, pour inaugurer des lits infirmiers. C'est la même association que vous venez de critiquer à l'instant qui est responsable de cette magnifique réalisation dont on a entendu monts et merveilles. Alors arrangez-vous, mais il faudrait savoir pourquoi ce qui est vrai samedi n'est plus vrai le lundi. Mais prévenez M. DOUSTE-BLAZY, si vraiment il était avec une bande de coquins samedi dernier. Je trouve cela vraiment scandaleux de se livrer à des accusations concernant une association dont l'activité est connue et reconnue et d'ailleurs a été aidée par la Ville de Paris bien avant notre arrivée.
Deuxièmement, concernant la façon dont nous avons géré ce dossier, vous avez dit que nous avions "fomenté" quelque chose, que nous avions fait cela "en douce". Nous avons fait cela tellement en douce que nous sommes allés à la mairie du 2e, vous étiez d'ailleurs présent, vous avez pu vous exprimer, il y avait plusieurs centaines de personnes et j'avais à mes côtés le Maire du 2e bien sûr, mais également le Maire du 1er, Jean-François LEGARET, dont je me félicite que ce jour-là il ait été extrêmement courageux pour soutenir très clairement cette réalisation.
Je vais aggraver le cas de la Municipalité : la démarche qui nous a fait soutenir ce projet, c'est une démarche d'ensemble que nous menons sur la prise en charge des toxicomanies, des usagers de drogues et dans le cadre d'une politique de réduction des risques. Nous n'allons pas, contrairement à ce que vous dîtes, et le Maire l'a rappelé au moment du compte rendu de mandat dans le 2e arrondissement, aggraver la situation dans la rue Saint-Denis, mais au contraire nous allons prendre en charge des populations en difficulté et justement contribuer à améliorer l'ambiance dans ce secteur. Et je vous dis tout à fait clairement que ce n'est pas le seul projet de délibération dans ce sens puisque l'aide que nous allons apporter est une aide extrêmement significative à l'investissement et que vous aurez dans les années qui viennent, à voter pour ou contre des subventions qui continueront à aider cette implantation. Evidemment, on peut avoir l'attitude qui est la vôtre. Malheureusement elle ne conduit à rien de positif. Je ne veux pas allonger mon propos, mais je vous donne aussi la possibilité de venir aux journées que nous allons tenir sur la prise en charge de la toxicomanie, des toxicomanes à Paris au mois d'octobre. Je crois que nous allons avoir pour la première fois un échange au niveau parisien entre tous les intervenants. Nous allons également faire venir des acteurs de grandes capitales européennes et vous verrez que pour l'Europe également, cette question de la prise en charge des usagers de drogues est une question importante et que ceux qui s'étaient engagés dans des politiques uniquement répressives en reviennent aujourd'hui et se dirigent vers des prises en charge du type de celles que nous proposons.
Je ne veux pas épiloguer plus longtemps, c'est un combat d'arrière-garde, et je vous invite à venir inaugurer d'ici à la fin de l'année les lieux que nous finançons justement en partie aujourd'hui, alors que ce n'est pas dans les missions obligatoires du Département de Paris. Toutefois, nous avons considéré que cela constituerait un engagement exemplaire au c?ur de la Capitale où nous côtoyons tous les jours ces problèmes.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à Mme Véronique DUBARRY pour une explication de vote au nom du groupe "Les Verts".
Mme Véronique DUBARRY. - Je ferai une explication de vote brève, bien que les propos de M. LEKIEFFRE incitent à dire beaucoup.
Il me semble qu'Alain LHOSTIS a apporté un certain nombre d'éléments de réponse. Jacques BOUTAULT n'étant pas là, il m'avait suggéré d'intervenir en son nom.
Les réunions de concertation ont eu lieu en mairie du 2e. De nombreux élus y participaient. De nombreux habitants et de nombreuses associations y étaient représentés. Il me semble que la concertation a été faite comme elle le devait et cela me paraît un point important.
J'ajouterai qu'il me semble également important que la Municipalité parisienne se saisisse de ce problème parce que faire comme si le problème des toxicomanies n'existait pas revient à faire l'autruche et cela me paraît être de mauvaise politique.
De plus, il me paraît aussi important de saisir ces problématiques dans leur globalité et quand je regarde les projets de délibération qui nous sont proposés aujourd'hui, c'est justement ce qui est fait par cette Municipalité. En tout cas, Monsieur LHOSTIS, je tenais à vous assurer du soutien du groupe des élus "Les Verts" en la matière. Même si nous souhaitons toujours que cela aille plus loin parce que c'est un chantier énorme, ce qui est fait est bien fait et vous avez notre appui et notre soutien.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et communiste).
M. Alain LHOSTIS, rapporteur. - Si j'osais, je dirai que cela m'évite de me "mettre en pétard" contre M. LEKIEFFRE.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons aux votes.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 180 G concernant l'ouverture du centre spécialisé de soins aux toxicomanes "SOS Les Halles".
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (ASES 180 G).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 258 G concernant le centre "Kaléidoscope".
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (ASES 258 G).