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Juillet 2004
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11 - 2004, DDEE 38 G - Subvention à l'association "Carrefours pour l'emploi" : organisation du forum "Paris pour l'emploi 2004". - Montant : 100.000 euros

Débat/ Conseil général/ Juillet 2004


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - M. Jacques DAGUENET est inscrit sur le projet de délibération DDEE 38 G concernant l'attribution d'une subvention à l'association "Carrefours pour l'emploi" pour l'organisation du Forum "Paris pour l'emploi 2004".
Vous avez la parole, Monsieur DAGUENET.
M. Jacques DAGUENET. - Merci, Madame la Présidente.
Ce projet de délibération vise donc à l'organisation de la deuxième émission du Forum pour l'emploi. Fort du succès de l'édition 2003, il est en effet proposé de renouveler l'opération avec des objectifs plus ambitieux et des conditions d'accueil optimisées.
Il va donc s'agir d'accueillir 300 entreprises ayant des postes à pourvoir immédiatement, ce qui constitue un "plus" par rapport à l'année dernière, et permettra certainement à davantage de Parisiennes et de Parisiens en recherche d'emploi de décrocher un contrat de travail.
C'est bien entendu une initiative qui a notre total soutien, et nous nous félicitons que notre collectivité prenne des initiatives d'une telle envergure compte tenu de la situation fort préoccupante du chômage à Paris. Un regret cependant, il aurait été souhaitable - il n'est pas encore trop tard - que ce dispositif et ses objectifs soient présentés au Comité pour l'Emploi mis en place depuis décembre 2003.
J'espère que Christian SAUTTER acceptera cette proposition afin que l'ensemble des partenaires économiques et sociaux soient informés et livrent leur appréciation.
Madame la Présidente, incontestablement cette année 2004 a été l'occasion pour notre collectivité de perfectionner et de multiplier les leviers d'action en faveur de l'emploi.
Encore tout récemment, vous avez organisé une rencontre avec les professionnels du bâtiment et les repreneurs potentiels d'activité dans ce secteur. Il nous faut en effet agir si nous voulons que Paris soit à la fois une ville à vivre et à travailler. Or nous le savons, Paris accuse une sensibilité particulièrement forte à la dégradation de la conjoncture. La situation est en effet inquiétante puisque notre collectivité souffre tout à la fois d'une dévitalisation progressive de son tissu économique, avec des pertes lourdes dans l'industrie, la construction et le commerce alimentaire, et dans le même temps, une dévitalisation de ces secteurs publics avec des fermetures d'établissements ou des délocalisations.
C'est pourquoi je persiste à considérer qu'au Forum pour l'Emploi devraient s'ajouter d'autres actions incitatives en faveur de l'emploi. Il ne s'agit pas bien entendu de les mener de façon concomitante mais d'envisager des dispositifs complémentaires pour mieux travailler au contenu du v?u proposé par le groupe communiste et voté par le Conseil de Paris qui a débouché sur la création du Comité pour l'Emploi, à savoir que la Ville soit plus réactive par rapport à la situation que nous connaissons et en même temps travaille davantage en termes de hausse de l'emploi dans la Capitale.
Et d'ailleurs, j'avais fait plusieurs propositions en ce sens, et je voudrais ici les rappeler afin d'avoir des réponses concrètes. En matière d'insertion d'abord, Paris devrait pouvoir s'appuyer sur les innovations pédagogiques que constituent les "Ecoles de la deuxième chance" qui permettent aux jeunes de 18 à 26 ans, sortis du système scolaire sans diplôme, d'accéder à des enseignements individualisés. Un système qui associe dès le départ les entreprises à l'effort de formation.
Autre proposition, celle de nous appuyer davantage sur l'A.F.P.A. en lui confiant une mission d'évaluation des besoins des futures entreprises afin d'être en mesure de décliner des plans de formation en correspondance avec les bassins d'emploi. Et là bien sûr, je pense plus particulièrement à la future zone d'aménagement du Nord-Est.
S'agissant des embauches de proximité, nous avons pu constater que certains arrondissements s'attachent à rencontrer des entreprises qui sont implantées sur leur territoire, notamment dans le nord-est de la Capitale. Ces initiatives témoignent d'une volonté d'agir sur l'emploi en incitant aux créations d'emploi. Il s'agirait aussi que la Ville initie, à partir de là, une telle initiative en organisant une conférence des grandes entreprises en vue de leur contribution à la dynamique d'emploi à Paris par des objectifs évidemment d'embauche.
Pour conclure, je dirai que ces propositions s'inscrivent pleinement dans notre volonté commune de lutter efficacement contre le chômage qui frappe les quelque 123.000 Parisiens demandeurs d'emploi. Elles pourraient trouver leur concrétisation en 2005 afin de compléter l'ensemble des dispositifs que notre majorité municipale a su mettre en place, et cela depuis le début de la mandature.
Merci, Madame la Présidente.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci, Monsieur DAGUENET.
La parole est à Mme Geneviève BERTRAND.
Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Madame la Présidente.
Monsieur le Maire, quand le chômage grimpe en flèche dans la Capitale pour atteindre 11,5 % de la population active, tant les pouvoirs publics que l'initiative privée ont un devoir absolu : mobiliser toutes les énergies dans un combat incessant pour l'emploi.
Appliqués aux élus dans le contexte de lutte pour l'emploi, je reprends les mots du Maire de Paris ce matin, prononcés dans un moment de ferveur : "Nous sommes là non pour la politique mais pour la morale, non pour le pouvoir mais pour la justice".
S'agissant de l'initiative privée, la démarche de l'association "Carrefours pour l'emploi" est exemplaire à plus d'un titre. Cette association a été créée en 1991, à l'initiative d'anciens DRH de grandes entreprises privées et publiques, d'officiers supérieurs du monde militaire et de fonctionnaires retraités, tous conscients de la chance qu'ils avaient eue, eux, de mener une vraie carrière professionnelle dans un contexte économique porteur. Ils ont un jour décidé de mettre en commun leurs savoir-faire, leurs relations et leurs réseaux, pour rapprocher les demandeurs d'emploi et les entreprises et administrations susceptibles de faire des offres, voire même à la recherche de candidats.
Plusieurs maires de grandes villes ont accepté leur offre de tenir des forums pour l'emploi depuis 1997.
A ce jour, l'association projette d'autres manifestations d'ampleur à Paris, à Rouen, notamment, mesurant les besoins et les chances de rapprocher offreurs et demandeurs dans un lieu ouvert et accessible à tous. Il convient donc de saluer ici l'initiative de "Carrefours pour l'emploi".
La proposition de la Ville de Paris d'apporter une aide financière de 100.000 euros à un budget total de 730.000 euros devrait être complétée par la Région Ile-de-France et l'A.N.P.E., ainsi que par les produits de la commercialisation des stands et les insertions publicitaires dans le guide visiteur. Pour peu qu'il soit recherché, le financement du Fonds social européen devrait soulager le poids financier de l'opération, initiative ô combien indispensable dont la Ville aurait dû depuis bien longtemps se passer de faire l'économie.
Sur le plan de l'organisation, celle-ci étant appelée à croître en entreprises participantes (300 au lieu de 220), en mètres carrés proposés non plus sur le parvis de l'Hôtel-de-Ville mais sur le Champ-de-Mars (5.000 mètres carrés sous chapiteau), c'est sur l'accueil des personnes, comme vient de l'indiquer M. DAGUENET (30.000 personnes attendues au lieu de 25.000 en 2003), que l'effort doit porter. Trop de personnes ont, l'an dernier, fait en vain d'interminables files d'attente, l'espoir et l'angoisse chevillés au corps. Pour cette deuxième édition, l'expérience aidant, puissent les 3.057 contrats de l'an dernier être très largement augmentés.
Un dernier mot sur un souhait très souvent, quoique discrètement, évoqué, celui d'un forum spécial pour les demandeurs d'emploi de plus de 50 ans, les données psychologiques s'imposant.
Merci, Madame la Présidente.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Mme Colombe BROSSEL a la parole.
Mme Colombe BROSSEL. - Je vais être beaucoup plus rapide que mes collègues puisqu'un certain nombre de choses ont déjà été dites et fort bien dites.
Je voulais adresser un message en forme de clin d'?il à Christian SAUTTER en lui disant que, malheureusement, nous votons aujourd'hui de nouveau un projet de délibération relatif à l'organisation de "Paris pour l'Emploi". Je dis "malheureusement" parce que, comme j'aurais préféré que l'édition 2003 ait moins de succès, j'aurais préféré que nous n'ayons pas à renouveler ce genre d'initiative à Paris. Mes collègues le rappelaient à l'instant, il est vrai que la situation économique et sociale dans notre pays est quand même assez proche de l'explosion et que le Gouvernement de M. RAFFARIN peut bien se gargariser de l'évolution potentielle de la croissance : quand la croissance ne sert pas à créer des emplois, la croissance ne sert pas à grand-chose.
Je rappelle juste, pour mémoire, que nous sommes dans la situation inédite depuis le milieu des années quatre-vingt dix où notre pays détruit des emplois. Nous aurions donc mieux à faire à créer de l'emploi dans notre pays qu'à nous gargariser sur des indicateurs économiques.
Malheureusement donc, nous allons néanmoins, faute de politique de l'emploi digne de ce nom dans ce pays, essayer de résister à la hausse du chômage dans notre Ville, et je me félicite que vous ayez repris, Monsieur le Maire, l'initiative de "Paris pour l'Emploi" en 2004. Ce forum fera se rencontrer demandeurs d'emploi et entreprises offrant des postes, qui sera un forum dans une formule amplifiée, élargie et à même d'accueillir efficacement le maximum de personnes concernées.
Bien entendu, et comme l'année dernière, ce forum sera relayé par des initiatives dans les mairies d'arrondissement. L'objectif de ces forums est bien sûr d'une part la création d'emplois, mais également, et c'est tout aussi important, d'assurer le suivi des personnes qui seront venues pour que, à défaut d'avoir trouvé un emploi, elles puissent néanmoins être suivies dans leur recherche et dans leur questionnement.
L'édition 2003 a porté ses fruits sur ces deux thèmes, sur la création d'emplois et sur le suivi. Je ne peux bien entendu, malheureusement, que me féliciter du renouvellement de cette opération.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci. Nous sommes trop peu nombreux et, cependant, il y a un brouhaha assez pénible. Je vous demanderai un peu d'attention pour entendre la réponse de M. SAUTTER sur cette importante question.
M. Christian SAUTTER, vice-président, au nom de la 2e Commission. - Merci, Madame la Présidente.
Je remercie M. DAGUENET, Mme BERTRAND et Mme BROSSEL d'avoir mis l'accent sur cette deuxième édition de "Paris pour l'emploi" qui, comme l'a dit M. DAGUENET, présentera un plus par rapport à l'an dernier, c'est-à-dire que l'espace sera plus vaste, les entreprises proposant des offres d'emploi concrètes seront plus nombreuses et, malheureusement, Mme BROSSEL l'a dit, les demandeurs d'emploi aussi seront plus nombreux.
Je voudrais simplement au passage corriger un propos de Mme BERTRAND. Elle a dit que le chômage grimpe en flèche. Sur Paris, il y a eu, par rapport aux 135.000 chômeurs du mois d'octobre une baisse à 123.000 au mois d'avril. C'est un petit mouvement qui s'explique en partie, mais en partie seulement, par les modifications de périmètre statistique auxquelles le Gouvernement a opéré, mais il y a quand même une hirondelle qui annonce peut-être un printemps.
C'est vrai, Mme BERTRAND l'a dit, "Carrefours pour l'emploi" est une association dynamique et efficace de bénévoles civils et militaires. Je voudrais simplement dire que nous repartons avec cette association, avec le Conseil régional que je remercie, car c'est une initiative d'ampleur régionale et pas seulement municipale, avec l'A.N.P.E., et j'aimerais ajouter la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris que vous n'avez pas citée, Madame BERTRAND, et qui apporte un concours pratique et financier tout à fait essentiel. Et un coup de chapeau aussi à l'Ecole militaire.
Le forum pour les plus de 50 ans, Madame BERTRAND, existe : c'est une spécialité du 11e arrondissement. Mais peut-être faudrait-il lui donner plus d'ampleur car nous avons un vrai problème de chômage, notamment des cadres de plus de 50 ans dont les entreprises se débarrassent avec une trop grande désinvolture.
A Mme BROSSEL, je dirai que parmi les personnes qui viendront au "Carrefours", il y a celles qui retrouveront du travail, et nous avons un objectif de 5.000 emplois, c'est bien, mais nous devrons nous attacher aussi avec les services de l'A.N.P.E., avec les services de proximité du Département de Paris à suivre ceux ou celles qui n'auraient pas trouvé immédiatement un emploi.
J'en viens aux nombreuses et précises questions de M. DAGUENET, et je le remercie du souci qu'il a de notre politique dans le domaine de l'emploi. C'est bien volontiers que le Comité pour l'emploi pourrait examiner dans sa réunion de septembre ce projet de "Paris pour l'emploi 2004". C'est une demande parfaitement légitime.
Vous avez mentionné les Ecoles de la deuxième chance qui existent à Saint-Denis ou à Rosny-sous-Bois et qui donnent des bons résultats : les jeunes ou les moins jeunes qui sont dans ces écoles ont, dans une proportion de 3 sur 5, une sortie positive en termes d'emploi ou de formation. Je vais demander à la Direction du développement économique et de l'emploi de voir comment on peut transposer cette expérience sur Paris, soit en créant une telle structure sur Paris, soit en passant des accords avec des structures qui existent.
Vous avez mentionné l'A.F.P.A., si j'ai bien compris ce que vous avez dit, c'est-à-dire l'Association pour la Formation professionnelle des adultes. C'est encore un de ces services publics sur lesquels certains font des projets à charge. Je crois qu'il est important de lui donner toutes les possibilités d'action sur Paris.
Sur le Nord-Est, les besoins de formation des entreprises dépendent de ce que nous allons implanter comme emplois, du nombre d'emplois et de la qualité des emplois. Je pense que Jean-Pierre CAFFET le confirmerait : notre ambition n'est pas seulement de faire des sièges sociaux dans le Nord-Est, de créer des activités de bureau, des activités autres, y compris industrielles ou artisanales et commerciales de proximité. Si je puis dire, la panoplie des emplois qui seront offerts dans cet espace de développement parisien va aussi conditionner les besoins de formation. Personnellement, je pense qu'il doit y avoir dans le Nord-Est de Paris des emplois de proximité pour les demandeurs d'emploi qui sont nombreux, malheureusement, dans cette partie de notre Capitale.
Une conférence des grandes entreprises, pourquoi pas ? Vous savez que l'on a passé des conventions avec douze grandes entreprises. J'insiste beaucoup sur les entreprises petites et moyennes. Vous avez fait allusion au Forum que Mme COHEN-SOLAL a organisé sur les professions du bâtiment. Je crois qu'il faut la féliciter de cette initiative. On aura, si Madame le permet, la possibilité je pense d'aller dans cette direction.
J'insiste beaucoup sur les P.M.E., notamment les entreprises parisiennes locales d'envergure mondiale, c'est-à-dire des entreprises qui ont une spécialité leur permettant de créer des emplois à haute valeur ajoutée, donc de payer des salaires à des gens qualifiés.
Voilà, Madame la Présidente, ce que je voulais répondre. Je crois que c'est une belle délibération pour une bonne action.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEE 38 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DDEE 38 G).