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Septembre 2001
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Conseil Municipal
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54 - 2001, CAS 5 - Subvention d'équipement au Centre d'action sociale de la Ville de Paris dans le cadre du Schéma-directeur de création et de modernisation des résidences-santé. - Montant : 42.700.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2001


M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. Nous passons à l'examen du projet de délibération CAS 5 relatif à l'attribution d'une subvention d'équipement au Centre d'action sociale de la Ville de Paris dans le cadre du Schéma-directeur de création et de modernisation des résidences-santé.
Je donne la parole à M. PAGÈS.
M. Olivier PAGÈS. - Monsieur le Maire, chers collègues, au nom du groupe "Les Verts", nous nous réjouissons de ce programme de modernisation et d'amélioration des capacités d'accueil dans les résidences santé destinés aux personnes âgées handicapées et je n'ai pas dit dépendantes.
C'est un début. Disons que c'est la réponse à une urgence. Nous sommes à Paris très en retard ; ce retard est énorme par rapport à ce qui se passe dans beaucoup d'autres villes en région. C'est l'héritage d'une politique clientéliste vis-à-vis des retraités, une politique qui en tout cas ne faisait pas beaucoup de place à l'humain.
Nous allons travailler pour mettre en place aujourd'hui des lieux pour que chaque Parisien puisse vivre sa retraite et finir ses jours dans son arrondissement, dans son quartier en libre choix.
A Paris, nous avons le travail réalisé par le C.A.S. Il fait ce qu'il peut ; certains disent ce qu'il veut. Toujours est-il qu'il n'y a pas eu de véritable politique publique municipale en ce domaine. Nous devons, nous les élus, nous ressaisir et donner une véritable impulsion, une vraie direction politique. Il y a la politique d'aide à domicile, Danièle HOFFMAN-RISPAL en parlera, et je ne dis pas maintien à domicile, vous comprendrez pourquoi.
C'est une offre, je ne crois pas que ce soit la seule réponse. Il y a de nombreux vieux, oui, et je dis "vieux" comme nous disons "jeunes" qui vivent chez eux dans une extrême solitude.
Il nous faut donc aussi proposer des structures collectives, des structures ouvertes sur le quartier, sur la ville, des lieux qui innovent avec des projets de développement de solidarité entre les générations, d'échange de savoir, d'entraide et de tutorat.
L'enjeu est sociétal et culturel et pas uniquement sanitaire et social. Je suis optimiste parce qu'il y a une prise de conscience, tant au niveau de la Mairie de Paris que dans certains arrondissements et tout particulièrement dans le 11e où je suis délégué aux relations entre les générations.
Cette prise de conscience passe aussi par la question de la place des personnes âgées issues de l'immigration qui finalement restent vivre leur retraite ici. Elles n'ont leur place nulle part dans les dispositifs publics ; il est urgent de trouver les moyens pour qu'elles puissent vivre ici en toute dignité mais sans ghettoïsation.
Pour conclure, Monsieur le Maire, le chantier est important mais si nous croyons à la citoyenneté tout au long de notre vie, nous devons dire et trouver les moyens pour qu'il n'y ait pas de retraite pour la citoyenneté.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Merci, Monsieur PAGÈS.
Madame Danièle HOFFMAN-RISPAL, vous avez la parole.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, adjointe, au nom de la 5e Commission. - Monsieur le Maire, je partage une grande partie des propos de M. Olivier PAGÈS. Il m'arrive très souvent depuis 6 mois de dire que le plus important c'est d'abord de changer notre propre regard sur les personnes âgées, de penser que le vieillissement ne doit plus être vécu comme un déchirement, mais comme l'ouverture à un autre âge de la vie, riche de ses expériences, de ses propres possibilités, susceptible de plaisirs, sans doute différents mais tout aussi intense.
Il m'arrive aussi de penser que la mémoire de nos aînés nous est essentielle et que cette richesse est indispensable à la cohésion de la société.
Monsieur PAGÈS, vous avez raison d'insister sur le fait que bien sûr quand on parle des personnes âgées, il y a tout le côté social et sanitaire sur lequel je reviendrai à propos de cette délibération mais il y a aussi tout l'accès à la culture et à la citoyenneté. Vous avez donné l'exemple du 11e.
Nous avons aussi une excellente expérience menée dans le 19e avec un Conseil des anciens qui a fait un boulot remarquable ces 6 dernières années qui peut servir d'exemple à toute initiative intéressante en termes de citoyenneté.
Pour en revenir à cette délibération, nous avons déjà eu l'occasion de voter les crédits inscrits : 42,7 millions qui sont, pour une partie, réservés à une nouvelle résidence santé dans le 19e, et pour l'autre consacrés à 5 projets d'humanisation et de modernisation des résidences existantes à hauteur de 35 millions. Aujourd'hui encore nous avons malheureusement dans les résidences santé des chambre à 2 lits. Or, c'est dur quand on a vécu seul à domicile chez soi pendant des années de se retrouver à partager sa chambre avec quelqu'un qu'on ne connaît pas.
L'idée est d'arriver à avoir des chambres individuelles avec des douches individuelles de manière à ce que le séjour soit mieux vécu.
D'autre part, nous allons créer sur les années à venir 500 places dans ce que nous appelons des unités de vie protégée qui sont, à l'intérieur des maisons de retraite, des petits lieux axés sur les personnes en perte d'autonomie et je remercie M. PAGÈS de ne pas parler de dépendance, qui vont permettre que ces personnes en perte d'autonomie puissent être mieux prises en compte, avec des normes de personnel plus conséquentes, et avec un certain nombre d'activités qui leur permettront de vivre mieux dans ces maisons.
Je précise devant notre assemblée à cet effet que lorsque nous sommes arrivés il y a 6 mois, nous avons trouvé une situation un peu difficile avec les personnels des maisons de retraite sur leurs conditions de travail. Mme STIEVENARD et moi-même venons de signer un protocole d'accord concernant l'amélioration du service rendu à la personne âgée et conjointement l'amélioration des conditions de travail des personnels.
Au-delà de cet indispensable modernisation des projets d'établissements centrés sur la personne âgée, j'ai commencé à l'évoquer ce matin, il est clair que c'est tout un choix que nous devons offrir à la personne âgée : la maison de retraite, si elle le souhaite, mais aussi un meilleur soutien à domicile si elle le désire et tout ce qui peut exister entre le domicile et la maison de retraite, tous les projets innovants que nous pouvons mettre en place.
Juste un dernier mot pour dire que nous travaillons avec tous nos partenaires institutionnels et les associations de soutien à domicile sur l'élaboration d'une convention d'objectif, là aussi pour accroître la qualité au service de la personne âgée. Je vous tiendrai au courant de ces projets au fur et à mesure. Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, "Les Verts" et du Mouvement des citoyens).
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération CAS 5.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, CAS 5).