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24 - 1995, D. 1083- Communication de M. le Maire de Paris relative aux activités proposées aux personnes âgées, aux personnes handicapées et aux jeunes à Paris pendant l'été 1995.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1995




M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Mes chers collègues, nous passons maintenant à l'examen de la communication de M. le Maire de Paris relative aux activités proposées aux personnes âgées, aux personnes handicapées et aux jeunes à Paris pendant l'été 1995.
Madame CAPELLE, vous avez la parole.

Mme Liliane CAPELLE.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, au mois d'août à Paris, il y a ceux qui restent pour le plaisir d'être enfin seuls avec la Capitale, mais il y a surtout celles et ceux qui n'ont pas les moyens de partir, pour des raisons différentes.
Or, le cadre de votre communication regroupe les handicapés, les personnes âgées, les adolescents ou les enfants des quartiers populaires et difficiles. Quelle relation faites-vous entre le désoeuvrement complet, dans la canicule parisienne, d'un adolescent de 15 ans et l'impossibilité de se déplacer d'une personne âgée de 75 ans ? Au-delà de cette remarque générale, il m'apparaît indispensable de vous faire part d'un certain nombre de réserves quant aux modalités d'organisation des activités que vous proposez.
Les actions proposées relatives à l'épanouissement de la jeunesse et à son ouverture vers l'extérieur, sont certes dignes d'intérêt mais concernent cependant un public limité, d'autant plus que le nombre de places varie selon l'âge des enfants. Face aux 10.000 places de court séjour (vacances aventure) existant pour la tranche d'âge 3-14 ans, les prestations proposées pour les adolescents sont bien minces. Les centres d'animation proposent 554 places, à savoir 28 places pour un arrondissement. Les vacances sportives, organisées à l'initiative du service des sports, s'adressent à 480 adolescents, à savoir 24 places par arrondissement !
Quant à l'opération "sac à dos", elle n'a pas pris plus d'ampleur que l'année dernière puisque toujours et seulement 120 kits de voyage sont mis cette année à disposition des adolescents.
Paradoxalement, vous évoquez le caractère de plus en plus varié de l'offre de séjour estival.
N'ayant pas le détail complet de l'évolution des activités proposées, je ne ferai pas de commentaires. Par contre, je constate que le nombre global de places reste stable, sinon est réduit par la fermeture, par exemple, de centres de colonie de vacances appartenant à la Ville de Paris, alors que le nombre de demandes d'enfants et d'adolescents parisiens augmente !
Dans ce contexte d'une capacité d'accueil restreinte, notamment pour les adolescents, je m'étonne que des critères d'attribution de places n'aient pas été mis en oeuvre. Qui bénéficie, par exemple, des "vacances aventure" : les jeunes défavorisés qui n'auront, en dehors de ces séjours, aucune autre possibilité de vraies vacances ou les enfants de familles plus aisées ?
Enfin, je m'étonne que l'opération mise en place l'année dernière avec l'Association Française des Cinémas d'Art et d'Essai, consistant à proposer des places de cinéma à tarifs réduits aux moins de 25 ans pendant l'été, n'ait pas été renouvelée. Le bilan de cette action avait été positif. Qu'en sera-t-il cette année ?
Les mesures proposées pour les personnes âgées et les personnes handicapées sont, elles, de l'ordre du minimum vital ! Certes, des voyages sont organisés. Certes, l'accès à diverses manifestations sera favorisé. Mais que proposez-vous aux Parisiennes et aux Parisiens qui manquent de mobilité : un séjour en banlieue !
Vous évoquez le renforcement de l'aide à domicile, mais sans préciser les effectifs horaires supplémentaires qui seront dégagés à cet effet. Les personnes seules, peu valides, ne peuvent se contenter de déclarations d'intention, mais surtout, leur sort est le même pendant la période estivale que pendant le reste de l'année. Si vous dégagez des moyens pour la période des vacances, qu'attendez-vous pour les prolonger tout au long de l'année ?
Votre communication, Monsieur le Maire, rend aussi compte d'un certain nombre de mesures prises en faveur des jeunes des quartiers défavorisés. Vous évoquez le fait que, depuis dix ans, la Ville de Paris met en place un programme spécial, notamment à travers l'octroi de subventions à des associations ou organismes participant à l'Opération Prévention-Eté, dont le travail est souvent remarquable, et un certain nombre d'actions propres.
Cependant, la prévention n'est pas seulement l'affaire des beaux jours de l'été. Il a été rappelé en avril 1994 par une circulaire les objectifs des Opérations Prévention-Eté, pour la durée du XIe Plan et des contrats de ville. Ces opérations ne doivent pas chercher uniquement à occuper les jeunes de 13 à 18 ans pendant la période des vacances, mais aussi à contribuer à leur insertion sociale tout en cherchant à prévenir la délinquance, notamment pendant ces périodes d'inactivité scolaire.
Or, la délinquance résulte en grande partie et le plus souvent de situations d'exclusion : exclusion de la famille, de la scolarité, du loisir, du travail, de la consommation, de la propriété, du logement, de la communauté. Dès lors se pose avec force le problème de la prévention. Les actions proposées dans votre communication relèvent plus du domaine de l'occupation sociale pendant l'été que de la prévention à part entière.
La prévention de la délinquance devrait prendre en compte des éléments de prévention sociale que développerait naturellement une politique globale de Développement Social Urbain. Il n'est aucunement question de ce type de politique dans vos propositions, ni même de secteurs prioritaires d'intervention dans la Capitale. Or, à ma connaissance, le quartier de Belleville fait partie du contrat de ville signé récemment.
A cet égard, les actions ponctuelles proposées me paraissent tout à fait insuffisantes, même si elles sont nécessaires. Elles auraient pu être complétées avec le renfort d'éducateurs sportifs ou sociaux, travaillant en coordination avec les associations.
Malgré toutes ces réserves, nous voterons les délibérations ayant trait à l'octroi de subventions aux associations impliquées dans l'Opération Prévention-Eté et à toutes celles qui s'investissent dans l'organisation d'activités estivales.
Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et Mouvement des citoyens).

M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Merci, Madame.
Madame HERMANGE, vous avez la parole.

Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint, au nom de la 5e Commission.- Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais remercier Mme CAPELLE de son intervention. Je voudrais lui dire aussi que, toute nouvelle qu'elle soit, nous ne l'avons pas attendue pour monter depuis quelques années des opérations estivales en direction des personnes âgées, des handicapés et des plus jeunes, en général de celles et de ceux qui sont susceptibles d'être les plus isolés dans la Capitale.
Nous le faisons, nous le faisons bien évidemment en renforçant les moyens que nous mettons à la disposition des jeunes, des personnes handicapées ou des personnes âgées pendant le reste de l'année.
Cet effort, qui est considérable, pour la Ville de Paris mobilise plusieurs Directions et profite à plus de 100.000 personnes, Madame CAPELLE, 70.000 personnes âgées et 30.000 jeunes.
Il permet d'embellir la vie de ceux qui restent à Paris pendant l'été. D'abord les personnes âgées. Chaque année, le Centre d'action sociale, en collaboration avec de nombreuses institutions, associations bénévoles, Assistance publique, met en place un programme pour lutter contre la solitude des personnes âgées et des personnes handicapées.
S'agissant du maintien à domicile, comme vous l'avez dit, il va sans dire que tout a été mis en oeuvre, et notamment le renforcement du dispositif et des effectifs, pour que les aides dispensées aux personnes âgées handicapées fonctionnent sans interruption et ce, avec l'aide de l'Assistance publique.
Par ailleurs, nous organisons chaque année un certain nombre de séjours de vacances, excursions en France et dans toute l'Europe, qui profitent à plus de 8.000 retraités parisiens, sans oublier bien sûr les personnes âgées hébergées en section de cure médicale, pour lesquels les séjours en encadrement renforcé ont été organisés.
En matière de spectacle, je voudrais vous rappeler que 45.000 places de concert, de théâtre, de variétés seront mises à la disposition des amateurs et que les traditionnelles réceptions à l'Hôtel de Ville ont réuni, cette année, plus de 10.000 personnes.
Troisième élément pour les personnes âgées : nous avons monté, depuis quelques années, ce que nous appelons les Universités d'été qui sont très attendues chaque année et qui offrent à celles et ceux qui le souhaitent la possibilité d'enrichir leurs connaissances avec un programme varié de conférences, d'ateliers et de stages.
Elles se prolongeront cette année, Madame CAPELLE, à l'automne sous la forme d'une Université permanente.
Cet été studieux se doublera aussi d'un été sportif avec des promenades découvertes dans les sentiers nature et les disciplines sportives pour les plus âgés de la Capitale.
Enfin, nouveauté cette année, nous avons mis à la disposition de nos aînés depuis cette année un programme inter-génération afin de permettre aux grands parents et petits parents de partager ensemble des moments de loisirs.
Deuxième priorité, la jeunesse : cette année 15.000 jeunes vont se voir proposer des séjours organisés par les centres d'animation en province ou à l'étranger. Je crois que tout est fait pour plaire aux jeunes de tous âges, qu'il s'agisse de manifestations sportives ou de manifestations artistiques.
Vous oubliez que nous subventionnons par ailleurs près de 80 associations, permettant à 8.000 jeunes de partir, pour un budget de 1,6 million.
Enfin, en liaison avec la D.A.S.E.S., et avec Philippe GOUJON, chaque été est organisée une opération que nous appelons "opération prévention été jeunes", par l'intermédiaire de nos clubs de prévention et qui permettent à celles et à ceux qui sont en difficulté et qui ont besoin d'une insertion plus forte, plus constante, d'avoir un encadrement renforcé. Nous proposons à ces jeunes en difficulté, à travers ces actions de prévention et les associations de quartier qui sont financées par le Département de Paris, une alternative à la rue et à l'oisiveté. Et je voudrais ici d'ailleurs remercier toutes celles et tous ceux qui travaillent pour ces jeunes, d'autant que ces jeunes, que ces associations sont en général localisés dans des quartiers sensibles du Nord, de l'Est parisiens, dans le centre de Paris, dans le 14e et dans le 15e arrondissements.
Voilà ce que je voulais rapidement vous dire. Nous avons aussi une opération menée en liaison avec la Préfecture de Police, qui touchera en 1995 environ 1.000 jeunes de 9 à 20 ans par jour, soit trois fois plus qu'en 1994.
Il me semble tout à fait souhaitable que nous puissions chaque été améliorer notre action en direction des jeunes et des personnes âgées. Je suis à votre disposition pour en parler et pour, en liaison avec mes collègues, l'adjoint chargé des affaires scolaires, l'adjoint chargé des affaires de prévention, l'adjoint chargé des affaires culturelles, faire en sorte que l'été 1996 soit encore plus agréable pour celles et ceux qui ont besoin de voir leur vie embellie.
Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Merci, Madame HERMANGE.