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Septembre 2001
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16 - VI - Question d'actualité de M. GOSAGUEN, au nom du groupe D.L.I., à M. le Préfet de police relative au recrutement de nouveaux policiers à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2001


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question du groupe D.L.I. à M. le Préfet de police.
La parole est à M. Claude GOASGUEN.
M. Claude GOASGUEN. - Merci, Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, puisque vous avez déjà répondu à deux questions d'actualité, je vais pouvoir préciser la nature de la question que je voulais vous poser.
Monsieur le Préfet, bien entendu votre fonction vous incite à sécuriser les Parisiens par vos discours, mais vous le faites avec un réel sentiment d'optimisme qui vous honore mais qui ne me semble pas tout à fait correspondre au sentiment que les Parisiens éprouvent. C'est une polémique qui n'est pas d'actualité, elle est permanente, c'est la raison pour laquelle je vais me borner quand même dans ce registre général à vous poser quelques questions précises sur les réponses que vous avez apportées.
La première c'est que vous nous avez présenté un jeu de chiffres tout à l'heure en réponse à la première question dont nous avons lu tout et l'inverse de tout, parce que vous nous avez évoqué 1.275 agents, 1.375, pour à la fin nous dire que finalement il y aurait 800 possibilités, le premier semestre 2002, en plus.
J'ai lu la loi de finances, je sais qu'elle est par nature obscure, qu'elle est faite pour cela, mais j'ai cherché vainement le recrutement de nouveaux policiers pour Paris et je n'en ai pas vu. Donc je vous pose la question très franchement, vous nous avez dit 1.000 postes d'ici la fin de l'année, 500 en redéploiement, 500 nouveaux ?...
J'entends les députés de province qui visiblement ne lisent pas la loi de finance comme nous sur les 3.000 postes du Ministère de l'Intérieur. Je ne suis pas sûr qu'il y en ait 500 affectés à la Préfecture de police. Vous m'avez inquiété en parlant de 800 pour le deuxième semestre. Je sais très bien que les chiffres peuvent avoir diverses significations avec le temps. C'est la première question.
La deuxième est que nous allons avoir un incident majeur qui va être ce fameux passage à l'euro. Il va nécessiter comme partout en France, mais peut-être davantage à Paris, une protection spéciale pour les convoyeurs de fonds, pour les personnels de banque, et pour les Parisiens.
La question que je me pose : dans le redéploiement vous avez prévu ce problème ou bien sont-ce des effectifs en plus que vous allez mettre pour cet événement exceptionnellement lourd ?
Est-ce que vous avez calculé dans les effectifs nouveaux ces policiers qui seront en protection ?
La troisième c'est la plus importante, je crois, est liée à une actualité douloureuse et j'espère virtuelle. Mais la question que je me pose est la suivante : bien entendu, vous allez être chargé comme Préfet de la zone de défense des dispositifs d'urgence pour la zone de défense Paris et plus particulièrement pour Paris. Monsieur le Préfet, pouvez-vous nous parler des grandes lignes du plan mis en place ? Les Parisiens sont inquiets des attentats qui se sont produits à New York. Cette inquiétude s'est confirmée à tort, semble-t-il, et nous le souhaitons, à Toulouse. Disposez-vous de véritables moyens ? J'en doute, quand on sait que le standard de police secours pour 20-25 appels simultanés, commence à donner des signes de faiblesse. Je me dis que si véritablement il y avait des attentats de grande ampleur, ce que personne ne souhaite, seriez-vous en mesure de mobiliser et comment ?
Dernier point, il est pour M. CARESCHE. Vous parlez souvent de "coproduction" de sécurité, c'est la terminologie qu'emploie le Gouvernement socialiste actuel, mais j'ai l'impression dans vos déclarations successives que vous considérez la coproduction plutôt comme spectateur que comme coproducteur. Dans la situation grave qui se prépare, comment peut-on imaginer que la Mairie de Paris soit complètement absente. Une cellule de sécurité pourrait donc se mettre en place pour faire face à une situation exceptionnelle ?
C'est la raison pour laquelle je vous demande, Monsieur le Maire, Monsieur l'adjoint, avec le Préfet de police d'associer les élus de Paris à la détermination et à l'information confidentielle dans cette cellule restreinte dans le cas de situations d'urgence. Je vous demande de plus de bien vouloir associer les présidents de groupes d'opposition à cette cellule de "coproduction" de sécurité qui nous ferait ainsi passer d'un rôle passif à un rôle actif pour les mois et semaines qui viennent.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Démocratie libérale et indépendants").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur GOASGUEN de vous rallier à un concept, je suis embêté pour vous car vous avez défini, vous-même, ce concept comme étant le nôtre et celui du gouvernement socialiste, je ne voudrais pas vous entraîner dans une aventure...
Je vous ai entendu, je donne d'abord la parole au Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Je répondrai très rapidement sur les chiffres, il faut être précis. Je crois qu'il faut distinguer deux choses, l'effectif total de la Préfecture de police de 1995 à 1997, il s'est effrité de 1.000.
Depuis 1998, il y a un plan de rattrapage en cours qui a permis un redressement des effectifs de 4 à 500 depuis 1997. Il y a une remontée progressive qui ramènera l'effectif qui était celui au début des années 1990. Cela, c'est l'effectif total.
M. Philippe GOUJON. - Et les 35 heures...
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Je vous parlerai des 35 heures si vous le souhaitez. Je ne parle que des policiers titulaires, je n'ai pas voulu parler des ADS. Je ne les compte pas dans ce total, je ne parle que des agents du corps de maîtrise et d'application (gradés et gardiens).
L'effectif global de gradés et gardiens a rejoint environ le chiffre de 15.000 actuellement. Vis-à-vis du contribuable, c'est une obligation d'utiliser au mieux tout le potentiel en remettant des policiers sur le terrain. Sur un effectif de 15.000, je récupère 500 gardiens ; l'effectif que me permet de redéployer la Ville en créant des postes pour la circulation et pour les points école, est également de 500 gardiens de la Paix. Cela me fait mille gardiens.
Les arrondissements passent d'un peu moins de 6.000 policiers à un peu plus de 7.000. Voilà l'objectif. Ces mille policiers vont faire des patrouilles à pied et vont permettre, avec un nouveau cycle de travail, de les faire l'après-midi et le soir jusqu'à minuit et non pas 19 heures. Il y a aussi modification des méthodes de travail de la police.
Les services de la Préfecture de police sont aussi mobilisés pour l'euro, et ce, de trois façons :
Premièrement, d'ores et déjà, par l'accompagnement des véhicules et la protection des centre-forts.
Il y aura une montée en puissance à partir du 1er décembre jusqu'au 15 février, bien entendu, qui comportera deux autres actions : tout d'abord, des brigades d'accompagnement essentiellement motocyclistes pour les transports de fonds importants et deuxièmement dans tous les arrondissements, des équipes dotées de véhicules nouveaux, un peu plus de 50 pour les 20 arrondissements, vont être chargées du contrôle de tous les points sensibles, c'est-à-dire tous les lieux d'échanges de monnaie et cela, jusqu'au 15 février pour protéger la population. Enfin la police de quartier intègrera ces points sensibles et tous les secteurs commerçants dans son programme de surveillance renforcée.
En dernier lieu, vous avez évoqué le plan "Vigipirate", pour répondre aux menaces, pour l'instant, virtuelles, d'attentats terroristes à Paris. Ce plan prévoit le déploiement de mille policiers supplémentaires et 600 militaires ; la coordination de l'action de l'ensemble de ces forces est assurée par un centre opérationnel.
Bien entendu j'évoque pour mémoire, mais c'est un élément important dans ce dispositif, le rôle des renseignements généraux et de la Police judiciaire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Avant de donner la parole à Christophe CARESCHE, je vous confirme, Monsieur GOASGUEN, que la coproduction amène la Ville de Paris à faire plus en matière de sécurité et dépenser plus d'argent pour la sécurité que les mandatures où vous étiez adjoint ; de plus, cela coûte plusieurs centaines de fois moins cher que si nous avions fait la police municipale que vous proposiez.
Donc nous faisons plus que vous quand vous étiez majoritaires, nous dépensons moins que ce qu'aurait été le coût de votre police municipale.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Un mot sur la troisième partie de la question de M. GOASGUEN pour lui dire que sa réflexion rejoint tout à fait la nôtre. Le Maire de Paris, dès les attentats connus, m'a interrogé rapidement, ainsi que les services de la Ville, pour savoir ce qui était prévu et comment les choses se passeraient si de tels événements ou une catastrophe survenaient à Paris. Il nous a également demandé de travailler rapidement sur la question des sites classés SEVESO. Nous nous sommes évidemment, à ce sujet, rapprochés de la Préfecture de police et du Préfet chargé de la zone de défense.
Un programme de travail en commun a été établi : nous allons faire en sorte que la Mairie de Paris soit totalement associée au dispositif de l'Etat, avec notamment la présence d'un correspondant - nous en avons discuté avec le Préfet de police - dans la cellule de suivi et d'urgence.
Deuxième point : comment mobiliser les services de la Ville dans l'hypothèse d'une catastrophe de ce type, notamment en terme d'hébergement ou d'information ? Sachez que nous avons entrepris une réflexion sur ces questions : d'ici quelques semaines, nous serons en état de vous faire un rapport et de vous apporter des précisions dans ce domaine.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GOASGUEN, je confirme que je souhaite, en tant que Maire de Paris, que les Présidents de groupe soient associés ; j'ai été Président de groupe pendant 8 ans, il y a eu, pendant cette période, des attentats terroristes, je n'ai jamais été associé.
Il faut retenir la suggestion de M. GOASGUEN car, sur de tels sujets, il faut associer tout le monde.