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Déliberation

Vœu relatif aux Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Déliberation/ Conseil municipal/ Septembre 2010 [2010 V. 230]


 

Délibération affichée à l?Hôtel-de-Ville

et transmise au représentant de l?Etat le 3 novembre 2010.

Reçue par le représentant de l?Etat le 3 novembre 2010.

 

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,

En l?an 2000, le Sommet du Millénaire a fixé 8 objectifs que l?ensemble des acteurs du développement, gouvernements, organisations internationales, collectivités territoriales, secteur privé, organisations de la société civile, s?engageaient à réaliser d?ici à 2015 :

- réduction de la pauvreté et de la faim (1),

-éducation primaire pour tous (2),

-promotion de l?égalité des sexes et de l?autonomisation des femmes (3),

- réduction de la mortalité infantile (4),

-amélioration de la santé maternelle (5),

- lutte contre les grandes pandémies (6),

-promotion d?un environnement durable (7),

- développement d?un partenariat au niveau mondial pour réaliser ces objectifs (8).

Le Sommet de New York contre la Pauvreté, du 20 au 22 septembre 2010, a été l?occasion de dresser un bilan globalement mitigé de la réalisation des OMD. Les acteurs du développement se sont collectivement engagés à mettre en ?uvre un plan d?action sur cinq ans qui permette de rattraper le retard dans la réalisation des OMD.

Dans un contexte global de crise économique, financière et sociale, de chocs alimentaires et énergétiques et de risques environnementaux, les pays les plus pauvres sont les premiers touchés : réduction des ressources financières internationales et domestiques, vulnérabilité des économies et des sociétés, aléas climatiques?

Si la réalisation des OMD dépend en grande partie de l?action des gouvernements du Sud, l?engagement des pays les plus riches à porter le volume de l?aide publique au développement à 0,7 % de leur revenu national brut est essentiel. Cela suppose une volonté politique et une mobilisation sans faille, à laquelle les autorités locales entendent apporter leur contribution solidaire.

En France, elles consacrent une part non négligeable de leur budget à l?aide publique au développement et à la solidarité internationale. Dans cette mobilisation, depuis 2001, la Ville de Paris s?est montrée exemplaire, en mettant en place avec le soutien du Conseil de Paris, plusieurs dispositifs innovants :

- le Fonds Sida Afrique. Grâce à ce fonds, la Ville de Paris à consacré plus de 11 millions d?euros depuis 2001 pour la lutte contre ce fléau, touchant ainsi plus de 500.000 bénéficiaires, dans un travail étroit avec les principales associations impliquées dans ce combat ;

- les crédits dits ?Oudin - Santini? permettant de financer à hauteur de 1 million d?euros par an, des projets en matière d?eau ou d?assainissement, soit par le biais de subventions aux associations, soit dans le cadre de coopérations décentralisées avec des villes partenaires (Jéricho) ;

-le Label Co-développement Sud qui permet, depuis 2006, de soutenir des projets portés par les associations de migrants installés à Paris qui, souvent, visent la réalisation d?objectifs du millénaire (100.000 euros par an) ;

- le soutien à toutes les initiatives de sensibilisation au développement (Salon des solidarités et Semaine de la Solidarité Internationale).

De manière générale, la Ville de Paris, à travers sa présidence de CGLU et de l?Association Internationale des Maires Francophones, ou par l?élaboration et la mise en ?uvre de coopérations décentralisées avec des partenaires du Sud (exemple : projet de renforcement des capacités du personnel municipal dans le domaine de la santé avec Bamako et Ouagadougou) promeut et défend la gouvernance locale, la formation des élus et agents municipaux locaux, convaincue que la décentralisation et la reconnaissance des autorités locales constituent un élément déterminant de la démocratie et du développement.

Paris a ainsi été la première ville française à signer avec les Nations Unies, une Convention sur la Campagne du Millénaire pour le Développement, le 16 octobre 2009.

C?est pourquoi, le Conseil de Paris, sur proposition de M. Pierre SCHAPIRA, au nom de l?Exécutif municipal,

Emet le voeu :

Que le Maire de Paris apporte son soutien sur les points suivants :

1- Saisissant l?occasion du Sommet des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et alors que 2010 a été déclarée ?année européenne de lutte contre la pauvreté et l?exclusion sociale?, la Ville de Paris réitère son attachement aux OMD, engagement universel de la communauté internationale pour lutter contre l?exclusion et la pauvreté ;

2- La Ville de Paris s?engage à poursuivre ses actions en faveur de la réalisation des OMD, cadre pertinent pour mesurer les progrès en terme de fourniture de services à la population et porter notre engagement en faveur de la gouvernance locale ;

3- Consciente de sa responsabilité dans l?éducation et la sensibilisation au développement et aux OMD, la Ville de Paris continue à mener et à soutenir les initiatives qui permettront aux Parisiens, et notamment les plus jeunes, d?être pleinement conscients du devoir de solidarité envers les plus démunis et de donner aux citoyens l?envie d?agir ;

4- La Ville de Paris demande que :

- la France respecte ses engagements internationaux et européens, et que son aide publique au développement tende vers 0,7 % du revenu national brut d?ici à 2015 ;

- la France propose et soutienne la mise en place de sources innovantes additionnelles de financement du Développement (taxe sur les transactions financières?) afin d?atteindre les objectifs financiers nécessaires à la réalisation des OMD ; qu?elle profite de sa présidence du G20 en 2011 pour faire avancer la cause du développement ;

- soit pleinement reconnu par les Nations Unies et l?ensemble des bailleurs de fonds le rôle spécifique et indispensable des autorités locales comme acteurs à part entière du développement, et que, à l?instar de l?Union européenne depuis 2007, la gouvernance locale soit reconnue comme levier de démocratie et de développement.