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Novembre 2006
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Conseil Général
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2006, DASES 201 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention pluriannuelle avec l’association “Espoir Goutte-d’Or” (EGO) sise 13, rue Saint-Luc (18e). - Subvention de fonctionnement à ladite association. - Montant : 128.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Novembre 2006


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DASES 201 G relatif à l?attribution d?une subvention de fonctionnement à l?association ?Espoir Goutte-d?Or? (EGO) sise 13, rue Saint-Luc (18e).

La parole est à Mme Roxane DECORTE.

Mme Roxane DECORTE. - Merci.

La toxicomanie est un sujet majeur, sensible à Paris, particulièrement dans les 18e et 19e arrondissements. Il s?agit d?un véritable enjeu de santé publique, une source de délitement de la vie sociale dans les quartiers. La prise en charge de la toxicomanie doit être globale et coordonnée. Il est d?abord nécessaire de réprimer fermement les trafics. Des chiffres quand même font froid dans le dos, dans le 18e arrondissement qui détient le record de gardes à vue, avec 5.000 gardes à vue, dont 50 % concernent un toxicomane.

Cependant, si la réponse en termes d?ordre public est essentielle, il s?agit de surtout soigner les toxicomanes, de se donner les moyens de les soigner, de les aider en travaillant sur des parcours individuels, en privilégiant le parcours de soins. Force est de constater que la politique de réduction des risques voulus et initiés par l?ancien Ministre de la Santé, Michèle BARZACH, du Gouvernement CHIRAC entre 1986 et 1988 bute sur le crack.

Aussi, j?aimerais connaître, avec précision, le nombre de toxicomanes qui ont décroché grâce aux nombreuses structures installées dans le 18e arrondissement, en particulier grâce à E.G.O. dont il est question dans ce projet de délibération. On nous parle également d?un parcours de soin pour les usagers de crack, pourriez-vous nous le préciser? On ne peut pas accepter de voir les quartiers Chapelle, Goutte d?Or, Viète en souffrance à cause de la toxicomanie. Il y a ceux qui colloquent depuis longtemps à l?abri des dorures et ceux qui vivent au quotidien cette situation faite d?inhumanité et d?insécurité. Je pense aussi bien aux toxicomanes eux-mêmes qu?aux habitants.

Quand je rentre chez moi, je me demande en effet si je ne vais pas rencontrer un ?cracker? dans le hall ou sur mon pallier car cela m?est arrivé à plusieurs reprises. Sur cette question, j?observe qu?il existe un vrai clivage idéologique : la gauche considère le toxicomane comme un usager et la droite plutôt qu?un comme un malade. D?un côté, il y a ceux qui considèrent qu?il n?y a pas de société sans drogue, que c?est un élément du vivre ensemble - d?ailleurs, dans ce projet de délibération, on nous parle de recréer un lien social entre eux et les autres habitants de la Goutte d?Or - qu?une communauté de ?crackers? peut se constituer, comme c?est le cas à la porte de la Chapelle ou le président, puisqu?on en parlait dans le Journal du Dimanche, vit aux côtés d?une centaine de fumeurs de crack dans un hangar, entre un terrain vague et une voie ferrée empruntée par des trains de fret, d?autres comme moi considèrent qu?il faut lutter sans relâche contre ce fléau et privilégier l?approche médicale et le parcours individuel.

Monsieur le Président, nous sommes dans le cadre du Conseil général, en termes d?évaluation, combien de toxicomanes, de ?crackers? ont pu sortir grâce à ce parcours de soin et nous développer ce parcours de soin ?

Merci de votre attention.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. Alain LHOSTIS.

M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - J?ai entendu une chose et son contraire et je croyais pourtant que vous aviez participé à des réunions qui ont eu lieu en mairie du 18e pour exposer cette démarche. Le plan crack du Nord-Est parisien est initié non pas par la Mairie de Paris, mais par l?Etat. Evidemment, j?ai bien volontiers accepté que la Mairie de Paris soit ?coactrice? de cette démarche. Nous avons mis en place un comité de pilotage qui regroupe l?ensemble des intervenants dans ce domaine, sous l?autorité du Secrétaire général de la Préfecture de Paris, M. Michel LALANDE.

C?est une partie de ce dispositif auquel il est fait référence et au sein de laquelle des actions vont être menées par ?Espoir Goutte d?Or?.

Pour faire une évaluation, il faut encore que le programme ait réellement commencé. Or, vous et vos amis, vous vous êtes ingéniés jusqu?au bout à empêcher la possibilité pour ?Espoir Goutte-d?Or? de pouvoir créer ce nouveau lieu. Vous êtes allés jusqu?à pousser des gens à intenter des procès, il y en a même un encore en cours sur des portes de sécurité dans des immeubles, etc. Vous avez démarché pour empêcher l?installation de l?association dans des immeubles dans lesquels on avait eu un accord pour s?installer.

Depuis quelques mois, on peut développer l?activité d?E.G.O. Il est évident qu?au fur et à mesure de la mise en ?uvre de ce plan - je rappelle qu?il s?agit d?un plan global -, on vous fera part sans polémique de l?intérêt de continuer la politique de réduction des risques.

Jusqu?à preuve du contraire, c?est la politique qui est affirmée par l?Etat, mais peut-être que vous revendiquez officiellement ce que fait en sous-main le Ministre de l?Intérieur à l?heure actuelle, par sa politique d?intervention constante, y compris sur les lieux de prise en charge des usagers de drogue. Nous les appelons des usagers de drogue, des citoyens. Et nous, nous avons, au contraire, la démarche constante d?essayer d?aider ces gens à se prendre en charge et de tendre la main à tous ceux qui veulent se sortir de cet enfer, tel qu?il a été décrit dans le ?JDD? de cette semaine.

Loin des polémiques, travaillez avec nous en toute transparence. Si vous le souhaitez, vous pourrez assister au comité de pilotage que je copréside avec M. Michel LALANDE. Cela vous éviterait de répandre dans le quartier de fausses peurs et de faire perdre du temps, au Conseil de Paris, alors que nous débattons de subventions qui servent des actions extrêmement intéressantes et humaines.

(M. Christian SAUTTER, vice-président, remplace Mme Gisèle STIEVENARD au fauteuil de la présidence).

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LHOSTIS.

Vous souhaitez ajouter un mot, Madame DECORTE, ou une réplique ?

Mme Roxane DECORTE. - Je serai brève. Vous avez évoqué une réunion. A ma connaissance, j?ai été invitée à une seule réunion : les Etats généraux qui se tenaient en mairie du 18e, qui ont eu lieu voici plus d?un an, le 14 juin 2005.

Par ailleurs, quand je parle d?évaluation, cela fait un petit moment que ?Espoir Goutte-d?Or? travaille dans ce secteur. On peut avoir des chiffres, on peut nous dire combien de toxicomanes sortent de leur parcours, à un instant T, en une année. Je ne pense pas que l?évaluation soit quelque chose de complètement indécent à souligner.

De plus, on est dans un secteur où on cumule les structures d?accueil pour toxicomanes. Vous prenez les deux structures rue Philippe-de-Girard et rue Pajol : elles sont situées entre neuf écoles élémentaires et maternelles. Ici, il était question d?avoir une deuxième structure au 1, rue Saint-Jérôme. On s?est rendu compte d?un vrai changement dans les quartiers à partir du moment où on a la structure, entre avant la structure et après.

Je trouve que demander toujours plus aux mêmes habitants, ce n?est pas vraiment acceptable parce que c?est plutôt l?enfer que l?on fait vivre aux ?crackers?, aux toxicomanes et aussi aux habitants auxquels il faut penser.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame DECORTE.

Un mot de M. LHOSTIS.

M. Alain LHOSTIS, rapporteur. - On ne peut pas dire, comme vous l?avez fait, que vous rencontrez des usagers de drogue à tous vos coins de palier et, en même temps, dire que ce sont les structures qui les amènent. On met les structures à proximité des lieux de consommation et d?usage de drogue, c?est la première des démarches à faire. C?est une démarche intelligente et on ne pousse pas, justement, des déplacements de population.

Deuxième élément, je n?ai pas dénié la nécessité de faire une évaluation. Vous m?avez parlé d?une évaluation sur les ?crackers?, or, je vous ai expliqué et rappelé que, à cause de votre action d?empêchement, vous avez retardé de plusieurs mois la mise en place de cette action. Lorsque cette action pourra être évaluée, nous le ferons.

Concernant les autres actions d?E.G.O., je vous rappelle qu?elles sont sous l?autorité de l?Etat, de la D.D.A.S.S. Vous pouvez donc vous adresser à la D.D.A.S.S. ; si vous ne pouvez pas le faire, je le ferai pour vous et je vous communiquerai les autres actions d??Espoir Goutte-d?Or?, qui ne se limitent pas jusqu?à présent à la prise en charge des ?crackers?.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LHOSTIS.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 201 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DASES 201 G).