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Fevrier 2010
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2010, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à l'occupation de l'espace public par les fidèles des mosquées des rues Polonceau et Myrha.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la 5e Commission et notamment à l'examen de v?ux qui ne se rapportent à aucun projet de délibération.

D'abord, le v?u n° 38, relatif à l'occupation de l'espace public.

Je donne la parole à Myriam EL KHOMRI.

Mme Myriam EL KHOMRI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Représentant du Préfet de police, comme vous le savez, dans le quartier de la Goutte d'Or, les musulmans pratiquants sont nombreux et les lieux de culte inadaptés.

Les mosquées des rues Polonceau et Myrha sont, en effet, trop petites, et ce, encore plus depuis la fermeture de la mosquée de la rue de Tanger, pour accueillir, les vendredis, les fidèles qui se trouvent malheureusement dans la rue pour prier.

Cette situation est affligeante pour les fidèles eux-mêmes et les riverains qui ont le droit également de circuler librement.

En 2012, la Ville de Paris apportera une solution concrète pour mettre fin à cette situation, avec la création de l'Institut des Cultures de l'Islam, qui proposera des activités culturelles et cultuelles dans le respect de la loi de 1905. La partie cultuelle sera vendue à une association financée par des fonds privés, respectant ainsi le cadre fixé par la loi de 1905, ce qui permettra aux musulmans de pratiquer leur culte dans des lieux clos. La prière dans la rue ne sera alors plus tolérée.

D?ici 2012, il nous faut trouver des solutions, car la situation actuelle est insatisfaisante et pose des problèmes, en termes de sécurité pour les pratiquants eux-mêmes, et d'occupation de l'espace public et de tranquillité légitime pour les riverains.

(M. François DAGNAUD, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Excusez-moi, je dois vous rappeler que vous avez une minute, et vous êtes à une minute dépassée de vingt secondes.

Mme Myriam EL KHOMRI, adjointe. - Et ce, en l?absence des forces de police.

Mon collègue, Michel NEYRENEUF a récemment été témoin de différentes formes de provocations qui auraient pu avoir des conséquences graves.

Aussi, Monsieur le Représentant du Préfet de police, il y a urgence pour la Préfecture de police à mettre en place un dispositif concerté et partenarial.

Je souhaitais vous indiquer que ce v?u avait été voté à l'unanimité du Conseil du 18e arrondissement.

Merci.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, Georges SARRE, puis M. le Représentant du Préfet de police.

M. Georges SARRE, adjoint. - Monsieur le Président, Madame la Maire, chers collègues.

Les élus de la majorité du Conseil du 18e arrondissement attirent l'attention du Préfet de police sur un problème réel. Dans le 18e arrondissement, et plus précisément à la Goutte d'Or, les lieux de culte musulman ne sont pas assez grands pour accueillir l'ensemble des pratiquants.

Cela a pour conséquence que de nombreux fidèles se retrouvent dans la rue pour prier les vendredis soir, ce qui pose effectivement un problème en termes d'occupation de l'espace public, voire de sécurité.

Ce v?u est donc tout à fait justifié sur le fond, et il n'est pas nécessaire que je vous dise la distance que je prends avec certaines de ses formulations : j'en resterai au niveau des principes et, sur ce plan, ce v?u pose, avec une grande pertinence, la nécessité de concilier la liberté de culte et l'ordre du public. C'est sur ces bases que je donne un avis favorable principiel.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci de cette information. Monsieur le Représentant du Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. Merci, Monsieur le Maire.

L?affluence à la prière du vendredi varie entre 1.500 et 2.000 personnes et, faute de capacité d?accueil au sein des locaux cultuels existants, effectivement les fidèles sont conduits à occuper une portion du domaine public, l'espace d'une heure à une heure et trente minutes. Et la fréquentation s'est accrue encore récemment en raison des travaux de la mosquée de la rue de Tanger.

Au regard de la fréquentation actuelle, les futurs lieux de culte pourront accueillir l'intégralité des fidèles. Je vous confirme que les empiétements sur le domaine public ne seront dès lors plus tolérés.

Le regain de tension constaté dans le quartier, les incidents et les doléances qui en sont la traduction, ont immédiatement été pris en compte par les services de police. Le Préfet de police a confié au commissaire central de l'arrondissement, le soin de mener rapidement une nouvelle réunion de concertation qui associera les Recteurs des deux mosquées et la mairie d'arrondissement, afin de prévenir tous débordements et de mettre fin à ceux qui auraient pu être constatés.

D'ores et déjà, un cadre a été fixé à cette concertation, afin de limiter l'emprise sur la voie publique et les perturbations causées aux riverains. Afin de préserver la desserte et les conditions de circulation du quartier, aucun débordement ne sera toléré sur le boulevard Barbès, ni sur la rue Stephenson.

Enfin, si les services de police maintiendront une surveillance étroite du secteur, l?opportunité de leur présence directe aux abords immédiats du lieu de culte pendant la prière n'est pas démontrée. En revanche, le contrôle des conditions de circulation et du stationnement, parfois anarchique, sera renforcé ainsi que la présence policière pour réguler la circulation.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u assorti d'un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté à l'unanimité. (2010, V. 16).

Je vous remercie.