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Fevrier 2010
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2010, IV - Question d'actualité du groupe U.M.P.P.A. à M. le Maire de Paris relative à la Direction de l'Information et de la Communication de la Mairie de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne maintenant la parole à M. LAMOUR.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Monsieur le Maire.

A ce sujet, avant de poser ma question, nous souhaitons ne pas rester dans l'immobilisme. Cela vous fait peut-être sourire?

C'est tout l'objet de nos interventions de ce matin concernant l'A.P.-H.P.

Quand on a installé les 35 heures à l'A.P.-H.P. comme votre famille politique l?a fait, Monsieur le Maire, on n'a pas de leçon à recevoir de vous !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Monsieur le Maire, existe-t-il des sujets tabous à la Mairie de Paris ? A en croire l'opacité qui entoure la réalité du budget et celle des personnels de votre Direction de la Communication que l?on appelle la DICOM, on peut le penser. Souvenez-vous du Bulletin municipal de novembre 2008 ; il précisait l'organisation de cette Direction pourvue de nombreuses missions : une sous-direction, quatre départements, quatre missions directement rattachées à la direction. Or, aucun organigramme ne détaille précisément l'ensemble de ce lourd dispositif. Alors que le site interne de la Mairie de Paris, Intraparis, présente toutes les autres directions avec beaucoup de précision, avec des organigrammes détaillés, qui permettent de comprendre qui fait quoi et surtout qui dépense quoi, la DICOM, elle, ne présente qu'un tableau succinct de 15 noms, et encore, directrice et adjointes comprises, sans aucune précision sur le nombre d'agents affectés et leurs missions respectives.

Quant au budget? Si, on en a une indication, Monsieur le Maire, de ce budget, puisque, c'est un constat, il est passé, en crédits de personnels, de 3.870.000 millions d?euros en 2001 à plus de 10.400.000 en 2010, c'est-à-dire une multiplication par trois, soit deux fois plus que l'Inspection générale et trois fois plus que la Direction des Affaires juridiques.

Vous avez un frère d'arme dans l?augmentation des frais de communication, puisque Jean-Paul HUCHON, le Président de la Région, a lui aussi augmenté et multiplié par trois les frais de communication, et lui s?en sert?

(Brouhaha et applaudissements).

? lui s?en sert pour des campagnes de désinformation attaquant le Gouvernement, par exemple sur la réforme territoriale et la taxe professionnelle. Toute cette campagne est évidemment financée par les régions.

Quant à Paris, ce sont vos propres amis Verts...

Monsieur le Maire, pouvez-vous faire silence ? Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il en était à : "Ce sont vos propres amis Verts".

M. Jean-François LAMOUR. - Ce sont vos propres amis Verts qui vous reprochent de telles dérives puisqu'il est clairement avéré que les moyens de communication sont mis au service de la campagne électorale de votre première adjointe, tête de liste de M. HUCHON pour Paris aux élections régionales. C'est si vrai que le site de la Ville, "paris.fr", a relayé une de ses propositions de campagne. Très curieusement d'ailleurs, après ce coup de sang des Verts, la proposition a disparu de votre site.

Cela dit, Monsieur le Maire, on ignore toujours le fonctionnement réel et les exacts montants des dépenses de la DICOM. Vous aviez proposé des clefs pour la démocratie à chaque Parisien en voulant mettre en place une plateforme de participation sur Internet, un forum paris.fr, mais en matière de clefs, semble-t-il, vous avez perdu le trousseau : les Parisiens n?y ont toujours pas accès.

En revanche, on aurait aimé avoir un document objectif sur l'augmentation des impôts, cette terrible augmentation des impôts pour les Parisiens en 2009 et en 2010, mais là, vous avez juste minoré cette augmentation dans le magazine de la Ville de Paris.

Et maintenant vous mobilisez votre hiérarchie administrative puisque dans le flash info cosigné par la Secrétaire générale de la Ville et la Secrétaire générale du Conseil de Paris, vous leur faites répéter, ce sont de hauts fonctionnaires de la Mairie, dans des termes similaires, le contenu de votre communication du Conseil sans que soit mentionnée à aucun moment une seule proposition de l'opposition municipale. Pensez-vous vraiment que les agents de la Ville ont besoin de ce bourrage de crâne ? Ou alors, faut-il y voir une manifestation d'autorité après le malaise social sans précédent constaté dans les services de la Mairie de Paris en cette fin d?année ?

Monsieur le Maire, le travail de la DICOM ne doit pas être consacré principalement à la communication du Maire de Paris et à sa propagande mais à l'information nécessaire destinée aux Parisiens.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez pratiquement épuisé votre temps de parole.

M. Jean-François LAMOUR. - Je comprends que cela vous gêne, Monsieur le Maire, mais je n'ai pas terminé.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Du tout ! Je fais respecter les règles pour tout le monde !

M. Jean-François LAMOUR. - ? sur l'augmentation des impôts, avec la possibilité, pour chaque contribuable parisien d'anticiper le calcul du montant de cette augmentation.

Expliquez-nous également pourquoi, dans les nombreuses documentations qui émanent de la Direction de la Communication, la plaquette publiée jusqu'en 2006 sur le bilan des subventions aux associations n'est plus à l'ordre du jour. Faut-il en déduire que le budget consacré aux associations augmente ou diminue ? Là aussi, la transparence n'est pas de rigueur.

Alors, Monsieur le Maire, nous voulons connaître la vérité sur la Direction de la Communication, son budget réel, ses effectifs, le coût de ses réalisations. C'est une question de transparence, donc de démocratie, des valeurs auxquelles vous dites si souvent être fondamentalement attaché.

(Applaudissements).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur le Président, il va vous être répondu. Il n'y a aucun groupe, ici, qui est au-dessus des règles fixées unanimement. Vous avez parlé 5 min 39.

Chers collègues, personne ici n?est au-dessus des règles ! Surtout quand ces élus ont des prétentions à faire respecter les règles !

(Brouhaha).

La parole est à M. GAUDILLÈRE.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

(Brouhaha).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je me tiens à votre disposition : vous n'allez pas être déçus du voyage !

M. GAUDILLÈRE d'abord !

Cela vous va bien, Monsieur BOURNAZEL, de dire "bla, bla, bla" ! Demandez la parole pour dire cela !

(Brouhaha).

Pas du tout : vous me mettez au contraire très en forme !

Monsieur GAUDILLÈRE.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint. - Je ne sais pas si je vais pouvoir ramener un peu de sérénité dans ce débat mais je voulais dire à M. le Président LAMOUR, qui ne l'ignore certainement pas, que je me suis engagé lors de la dernière réunion de la Commission des finances il y a quelques jours à ce qu'un long débat, un long débat... soit consacré à la prochaine Commission des finances, documents budgétaires en main - et vous connaissez assez mon goût des chiffres et ma rigueur pour savoir que je ne m'y déroberai pas -à l'évolution exacte des crédits de communication depuis que nous sommes aux responsabilités.

Mais sans attendre ce débat, je vais vous donner quelques chiffres intéressants. Les crédits de la Direction de la Communication, qui s'appelait d'ailleurs à l'époque la DGIC, pour le budget 2000, c'est-à-dire le dernier budget qui a été administré par M. LEGARET était de 14,3 millions, et les crédits de la Direction de la Communication...

M. Jean-François LAMOUR. - C?étaient des anciens francs !

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint. - J'ai converti, évidemment ! Ai-je parlé de francs ? Non !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Tu as dit ce qu'il fallait dire, poursuis : ne te laisse pas perturber !

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint. - En 2010, les crédits de la DICOM sont de 12,8 millions d?euros, mais je précise qu?en 2000, deux catégories de crédit n'y figuraient pas alors qu'elles s'y trouvent maintenant, c'est-à-dire les crédits d'événementiel, le soutien aux événements divers et variés qu'organise la Mairie et les crédits de communication qui étaient disséminés dans les directions.

Ce sont ces crédits-là sur lesquels je donnerai tous les détails le moment venu, c'est-à-dire à la prochaine Commission des finances.

Alors, comment sommes-nous parvenus à une telle diminution ?

(Brouhaha).

Tout simplement... Monsieur le Président LAMOUR, vous avez posé des questions sérieuses, j'y réponds sérieusement !

Nous y parvenons d'abord en recourant beaucoup plus à des ressources internes qu?à des agences commerciales, en mutualisant les marchés d'impression, en supprimant de nombreuses publications et en recherchant, vous le savez, des partenaires financiers pour un certain nombre d'événements du type "Paris-plage" ou "Nuit Blanche", à hauteur par exemple en 2009 de 2 millions d?euros.

Vous avez sous-entendu que ces crédits de communication servaient, sans qu'on sache très bien à quel objet ils étaient consacrés. Je ne vous citerai que les quatre principaux postes.

Le premier est le journal "À Paris", 2,5 millions d?euros ;

Le deuxième, ce sont les crédits de publication qui sont attribués à la DICOM ou subdélégués aux directions, 1,7 million ;

Le troisième poste est l'événementiel, l'ensemble des événements que je viens de citer - expositions, "Nuit Blanche", "Paris-plage", etc. -, 2,7 millions d?euros ;

Le quatrième, ce sont les journaux lumineux, 1,3 million d?euros.

Vous constatez que ces quatre postes représentent très exactement les deux tiers de la totalité de la dépense. Vous observerez au passage qu'il n'y a pas de sondages, ce qui contraste heureusement avec cette boulimie de sondages dont certains services de l'Etat sont coutumiers et qui ont été justement...

(Applaudissements).

? pointés du doigt dans un célèbre rapport de la Cour des comptes présenté il y a à peine quelque mois par son regretté premier président.

Et enfin, dernier point, je voulais dire que l'évolution des crédits similaires de l'Etat contrastait également beaucoup avec ces efforts d'économie, et je m'adresse ici à la dizaine de parlementaires de l'opposition qui font partie de la majorité nationale, à commencer par vous, Monsieur le Ministre, et qui semble-t-il, avez avalisé sans la moindre protestation l'augmentation des crédits des services?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Laissez-le ! Ne perturbez pas cet argument très intéressant. Reprenez le début.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint. - Je disais donc que les dix parlementaires de la majorité nationale avaient avalisé au budget 2009, ce qui n'est pas très vieux, une augmentation de 140 % des crédits du service d'information du Gouvernement. Je tiens à votre disposition le tableau budgétaire que j'ai fait vérifier avant de prendre la parole.

Je conclurai en disant, Monsieur le Maire, que dans ce domaine comme dans d'autres, ni plus ni moins que dans d'autres, la Municipalité est sans cesse en recherche permanente d'économies et de nouvelles recettes.

(Applaudissements).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur LAMOUR...

M. Jean-François LAMOUR. - Une brève reprise de parole.

Monsieur GAUDILLÈRE, j'ai bien entendu les chiffres que vous avez annoncés. Vous en débattrez en 1ère Commission, mais vous n'avez absolument pas répondu sur ce que j?appellerai le dévoiement des supports de communication.

Je vous en cite un exemple : document interne de la DASCO de novembre 2008. M. CHERKI était à l'époque l'adjoint chargé des Affaires scolaires. Lisez la diatribe contre le Gouvernement qui se situe à l'intérieur de ce document. C'est inacceptable ! C'est du dévoiement d'un outil de communication interne destiné aux agents de la Ville.

J'aurais pu en faire de même avec ce document "à Paris" et "Paris Change", ce supplément de 2006 qui était une simple propagande des projets immobiliers à venir pour la Ville de Paris.

D'ailleurs, on pourrait maintenant comparer ce qui est fait aujourd'hui par rapport à ce document et je pense que nous en tirerions beaucoup d'enseignements. C'était là aussi un simple document de propagande et de campagne dans la perspective des élections municipales.

Je n'ai donc, là non plus, aucune leçon à recevoir de vous, Monsieur GAUDILLÈRE.

(Applaudissements).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Dans les faits, quand on regarde vraiment ce qui est pris en compte dans tel et tel chapitres, et vous en ferez la démonstration, Monsieur GAUDILLÈRE, nous avons baissé les frais de communication depuis 2001?

(Brouhaha).

? sensiblement, de plusieurs millions d'euros, quand vous les avez augmentés au bénéfice du Gouvernement par vos votes au Parlement.

Deuxièmement, vous avez employé une belle expression, Monsieur LAMOUR : nous n'avons pas de leçon à recevoir, dites-vous ! Eh bien, nous non plus, nous n'avons pas de leçon à recevoir quant à l'engagement politique voire politicien de certains hauts fonctionnaires de l'Etat !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

On les voit se répandre sur les médias pour défendre y compris des candidatures à des élections.

Alors, Monsieur LAMOUR, un peu de lucidité !

(Brouhaha - diverses interventions hors micro).

Oui, d?accord, et alors ?

Paris est en France et vous êtes parlementaire. Vous avez aussi des comptes à rendre aux Parisiens.