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Fevrier 2010
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2010, DPVI 14 - Subventions à des associations des quartiers Flandre, Paris-Nord-Est et Danube-Solidarité (19e). Première enveloppe 2010. Montant total : 50.300 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2010


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération DPVI 14 relatif à un certain nombre de subventions à des associations.

Dans un premier temps, la parole est à Léa FILOCHE, pour un temps de parole de 5 minutes.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Mesdames et Messieurs, chers collègues, cette première enveloppe de subventions des actions "politique de la ville" a le mérite de donner une perception très concrète de l?engagement de la Ville de Paris en faveur de ces quartiers : 378.000 euros répartis sur des projets portés par 77 associations ont été votés entre le Conseil de Paris du mois de décembre et celui qui nous concerne aujourd'hui.

Les subventions mises au vote ce jour sont donc dans la droite ligne des engagements pris par l?Exécutif et par les élus de la majorité pour permettre à nos quartiers de bénéficier de financement pour des actions concrètes non seulement améliorant le quotidien des habitants de ces quartiers mais aussi permettant à des associations de porter le plus haut possible toutes ces actions.

J'ai d'ailleurs envie ici de prendre l'exemple d'une association du 19e arrondissement - mon arrondissement - située dans un quartier laissé à l?abandon jusqu?en 2001, le quartier Claude Bernard qui est entre les Maréchaux et le périphérique, à la limite entre le 18e et le 19e. Cette association appelée "Espoir et avenir pour tous à Claude Bernard" travaille depuis 2005 à une cohésion sociale dans ce quartier qui reste pour l'instant mais je pense que, justement, dans le cadre de la politique de la ville, cela va s'améliorer - très excentré, très mal desservi, avec très peu de services sur place. Cette association a organisé l'an passé la fête de quartier, avec des défilés de mode et des spectacles faits par les habitants eux-mêmes, par des jeunes, par des moins jeunes, et a permis des échanges de recettes culinaires et tout cela. Enfin, bref ! Le travail fait autour de la rencontre entre les habitants a vraiment permis une animation dans le quartier qui n'avait jamais été vue depuis que ce quartier existe.

Cela a permis aussi d?y détendre l'atmosphère, ce qui ne fait pas de mal !

Ce qu'a fait ESCB, cette association, n'est pas du tout une exception dans le cadre des actions de "politique de la ville" que nous finançons. Fonctionnant, comme beaucoup d'autres associations, avec des adultes relais et des bénévoles, elle est doublement financée, comme la plupart des actions "politique de la ville" : à la fois par notre Conseil et par l'Etat. Ce double financement permet de remplir des objectifs sociaux et de répondre aux enjeux de cohésion sociale que les actions "politique de la ville" doivent avoir pour vocation.

L'engagement de la Ville dans le financement de ces actions, tant que celui de l?Etat d?ailleurs, est vital pour le vivre-ensemble de ces quartiers et pour les habitants. Les associations comptent sur notre investissement et nous comptons bien continuer à donner à ces quartiers tous les moyens possibles pour leur permettre de relever les défis qui se posent à nous tous.

Nous comptons, nous aussi, sur l'Etat pour que cet objectif soit partagé et que son désengagement, qui prend des formes diverses à l?heure actuelle, ne se traduise pas aussi et encore dans le désinvestissement des subventions aux actions "politique de la ville" à Paris.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Madame FILOCHE.

Mme DUBARRY est inscrite et Mme STIEVENARD répondra.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

En mars 2007, c'est-à-dire voici trois ans maintenant, j?intervenais sur la mise en place des contrats urbains de cohésion sociale tels qu?ils nous étaient proposés à ce moment-là. Je posais des questions. Je demandais : "Les C.U.C.S. seront-ils à la hauteur des enjeux ? La cohésion sociale telle qu?elle nous est présentée sera-t-elle un artifice ou une réalité ?"

Je commençais déjà à répondre, puisque je disais également : "Le discours est là, mais ce discours n?est pas soluble dans le libéralisme. Il rencontre des obstacles et finira par se dissoudre dans le minimum social. Le C.U.C.S. est une intention creuse, sans moyens et faisant office de soupape politique au débat social qui s'instaure."

Malheureusement, trois ans après, je dois reconnaître que je n'avais pas tout à fait tort, voire même carrément raison et trois ans après, alors que nous allons revoir les C.U.C.S., qu'ils vont de nouveau être diminués dans leur amplitude, et la réflexion qui a certainement dû commencer ne doit pas être très gaie, il faut bien dire que la situation s'est aggravée dans les zones urbaines sensibles : les difficultés scolaires perdurent, le taux de chômage des jeunes a explosé et la pauvreté a augmenté, puisque, dans ces quartiers, plus de la moitié des ménages sont non imposables.

Par ailleurs, la mesure des effets des politiques de rénovation urbaine, menacée même dans son existence, puisque son comité de suivi a vu ses crédits de fonctionnement diminuer de 30.000 euros pour 2010, ce qui équivaut, disons-le, à une mort par asphyxie de cette instance indépendante qui a pourtant le mérite de remettre des rapports intéressants mais sans aucun doute dérangeants.

En ce qui concerne l'A.N.R.U., les programmes d'aménagement urbain ont déjà absorbé la quasi-totalité de ses finances. Sur les 10.000 logements construits entre 2004 et 2008 pour favoriser, dans ces quartiers toujours, la mixité sociale, ce sont en réalité les ménages les plus riches qui y ont accédé, avec une diversification de l'habitat qui a profité aux promoteurs privés et n'a certainement pas amélioré la mixité urbaine.

Est annoncée une réforme des zones prioritaires en matière de politique de la ville dès le printemps 2010, et la refondation des C.U.C.S. se fera sans aucun doute dans une logique de diminution drastique des moyens affectés et des outils au service de la politique de la ville.

C?est la raison pour laquelle j?interviens sur ce projet de délibération. J?aurais pu intervenir sur la somme de tous les autres qui nous sont présentés aujourd'hui. Il faut reconnaître que la Ville accompagne, partage les difficultés des associations présentes à Paris et je crois qu'il va falloir continuer cet effort-là, puisque, je viens de le dire, les C.U.C.S. nouvelle version seront encore pires que les précédents.

Je crois vraiment important que nous continuions cet effort d'accompagnement et que nous dénoncions, avec elles, avec ces associations extrêmement investies sur le terrain, les désengagements successifs de l'Etat et l'abandon, il faut l'appeler ainsi, l'abandon d'un certain nombre de quartiers et bien évidemment surtout des habitants de ces quartiers.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Madame DUBARRY.

Pour vous répondre, ainsi qu'à Mme FILOCHE, Gisèle STIEVENARD.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, au nom de la 5e Commission. - Merci à Léa FILOCHE et à Véronique DUBARRY pour l'attention vigilante qu?elles portent à la vie associative dans nos quartiers populaires.

Léa FILOCHE a cité fort opportunément un exemple d'action utile dans le 19e arrondissement. De ce point de vue, je rends hommage à l'ensemble des associations qui font un travail très utile de lien social en proximité dans nos quartiers.

De même, je salue nos équipes "politique de la ville", une cinquantaine d'agents de développement local qui font un excellent travail pour soutenir les associations et les aider à réaliser leurs projets, souvent très inventifs, et cela en lien étroit avec les élus d'arrondissement.

On pourrait citer d'autres exemples qui montrent que la politique de la Ville est utile et produit des effets. Je pense à l?association "Môm?rue Ganne", dans le 20e arrondissement, récemment installée dans le quartier Python-Duvernois, qui organise un accueil original après l?école, sur des horaires élargis, jusqu'à 20 heures, ce qui est une réponse concrète pour les femmes qui élèvent seules leurs enfants et travaillent en horaires décalés.

Autre exemple, l'association "Sierra Prod", qui réalise un film porté par les habitants de l?îlot Binet, dans le 18e, sur les transformations urbaines en cours dans ce secteur, et sur la mémoire du quartier.

Voilà des initiatives heureuses pour la valorisation de nos quartiers.

Il y en aurait beaucoup d'autres à citer dans le champ de l'insertion professionnelle, de l'apprentissage du français, de l?accompagnement des jeunes, de l'accès à la culture, à l'éducation, à l'environnement et au soutien à la parentalité.

Je serai moins sévère que Véronique DUBARRY à l'égard du contrat urbain de cohésion sociale signé en 2007 et qui bénéficie d'une année supplémentaire, après notre mobilisation. Ceci doit permettre justement de prendre le temps de préparer sérieusement la suite.

Vous avez raison de dire que, pour l'instant, on est dans le flou le plus total, que les règles du jeu nouvelles ne sont pas posées jusqu'ici de la part du Gouvernement.

Il y a bien eu un rapport parlementaire à l'automne 2009 qui a reçu peu d'écho au plan national.

Récemment, M. FILLON a annoncé qu'il donnerait des orientations lors d'un comité interministériel des villes qui devrait se réunir au printemps ; "enfin !" dirai-je.

Sachez, en effet, que le rapport de l'Observatoire des Z.U.S. est particulièrement alarmant, dans la mesure où, évidemment, la crise frappe plus durement dans nos quartiers populaires.

Pour autant, il s'y passe des choses très positives, il y a des potentialités énormes dans ces quartiers, il y a des transformations urbaines réelles, donc ne baissons pas les bras. Les élus locaux sont très mobilisés partout en France pour obtenir justement que l'Etat reste aux côtés des communes pour poursuivre un travail de fond dans ces quartiers.

Récemment, l'Association des Maires des grandes villes de France, des communautés urbaines et Villes et Banlieues se sont rencontrées pour élaborer des positions à défendre en commun par rapport à ce que proposera le Gouvernement.

Nous restons donc, sachez-le, très mobilisés, pour poursuivre les dynamiques engagées dans nos quartiers, et cela, évidemment, aux côtés des associations et des professionnels.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup de ces réponses.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPVI 14.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DPVI 14).

Je vous remercie.