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Fevrier 2010
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2010, DDEE 59 - Signature d'une convention avec l'Office du Tourisme et des Congrès de Paris pour l'attribution d'une subvention. Montant : 6.940.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2010


 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons à la 2e Commission, avec l?examen du projet de délibération DDEE 59 : signature d'une convention avec l'Office du tourisme et des Congrès de Paris pour l'attribution d'une subvention d'un montant de 6.940.000 euros.

La parole est à Mme TACHÈNE pour le groupe Centre et Indépendants.

Mme Anne TACHÈNE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Au nom des arbitrages budgétaire, la subvention de la Ville à l'Office du tourisme et des Congrès de Paris pour 2010 sera en baisse de 400.000 euros par rapport à celle qui lui avait été allouée en 2009. Cette subvention passe donc sous la barre des 7 millions d'euros, alors qu'elle était de 7,3 millions d'euros l'an dernier. Le tout pour un budget de plus de 11,5 millions d'euros, dont la Ville est bien évidemment le principal contributeur ; c?est donc une baisse significative de 6 %.

Les charges principales de l?Office du tourisme sont celles liées au personnel, à savoir 80 personnes. Il est donc à craindre que cette baisse n'affecte sérieusement la promotion assurée par l'Office du tourisme. C'est d'ailleurs écrit noir sur blanc en annexe du projet du budget 2010, en date du 3 décembre dernier : il existe une nécessité de réduire les charges en, je cite : "diminuant les actions menées".

Pourtant, le tourisme est essentiel, en ces temps de crise, pour relancer l?activité économique de notre Ville. L'Office du Tourisme et des Congrès joue un rôle important dans l'activité de Paris, notamment auprès des décideurs économiques.

Comment, avec une subvention revue à la baisse, vouloir conquérir de nouveaux marchés dans ce domaine ? Comment pénétrer de nouveaux marchés ? On est vraiment en droit de se le demander.

Nous sommes les premiers à réclamer que l'on fasse des économies, mais nous ne sommes évidemment pas disposés à les faire sur le dos de l'attractivité économique de Paris. Rogner sur un des piliers de notre politique d?aide à l?attractivité est à l'évidence un risque que nous entendons dénoncer.

C'est là une nouvelle illustration de ce manque d'ambition de la mandature, en termes de rayonnement de Paris, en termes de visibilité de la métropole parisienne. Un manque d'ambition que nous soulignons au fil des Conseils.

Pourriez-vous nous indiquer, Monsieur le Maire, les mesures concrètes qui accompagneront ce redéploiement budgétaire, afin de ne pas handicaper davantage la place de Paris dans la compétition internationale ?

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Madame KUSTER, vous avez la parole.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. Oui, un mot, Monsieur le Maire, sur cette baisse de subvention accordée par la Ville de Paris cette année, j'allais dire une fois de plus, à l'Office du tourisme et des Congrès de Paris. Mais cette fois, l'argument du contexte budgétaire que vous avancez ne tient pas.

Le tourisme, on le sait, est l'une des principales sources de richesse et de développement économique de la Ville de Paris. Vous le savez aussi, le tourisme est la vitrine de Paris. Et le tourisme est justement un levier de sortie de crise. Et c'est justement en temps de crise qu'il faut l'aider davantage et le soutenir.

Vous le soulignez vous-même, quelques lignes avant d'annoncer malheureusement une réduction de la subvention. Je cite votre rapport. Page 5 : "Dans un contexte de crise économique et de concurrence mondiale toujours plus vive, le soutien apporté par la municipalité aux actions d?information, d'accueil et de promotion touristique est indispensable à la vie économique et culturelle et au rayonnement international de Paris". Tirez les conséquences de ce constat et renforcez donc l?aide apportée à l'Office du tourisme et des Congrès de Paris.

Vous savez combien ce secteur est créateur d'emplois et source d?attractivité pour la Capitale et combien ses perspectives de croissance sont importantes. Mais, au lieu de cela, que faites-vous ? Vous diminuez la subvention. Elle était, je le rappelle, de plus de 7 millions d?euros en 2009 et elle passe à moins de 6.910.000 euros cette année.

L?O.T.C.P. doit donc assumer en 2010 une baisse de 6 %, ce qui est considérable. De plus, cette subvention ne représentera désormais que 18 % de la taxe de séjour récoltée. Ce sont 6.910.000 euros alors que la taxe de séjour rapporte à la Ville 38 millions d'euros.

Je vous rappelle que cette manne financière doit être réinvestie en priorité, et de façon générale pour améliorer les conditions d'accueil au sein du territoire. Une part nettement plus importante doit donc être accordée à l?O.T.C.P. dont l?objet même est bien d?améliorer les conditions d'accueil à Paris et d'en faire la promotion.

Enfin, quand on sait que cette même subvention n?a jamais été indexée depuis 1999, et que cela représente pour l?Office du Tourisme une baisse de subvention du fait de la non indexation que l'on peut estimer à 1.500.000 euros par an, on se demande si le développement du tourisme est une priorité pour vous.

C'est un peu la double peine pour le tourisme à Paris, la triple peine même. Ce secteur subi la crise de plein fouet, sa subvention n?a jamais été indexée au coût de la vie et pour couronner le tout, elle diminue.

Monsieur le Maire, c'est justement maintenant qu'il faut donner un coût de pouce supplémentaire à l'Office du tourisme. Comment comprendre que cet office, organisme de tourisme de la ville la plus touristique au monde, perçoive une aide de 6,9 millions d'euros, alors que le comité régional du tourisme perçoit 27 millions d'euros. Où est l'équilibre ?

J'en profite d?ailleurs pour vous rappeler que nous attendons toujours les Etats généraux du tourisme, maintes fois reportés. Lorsque nous avions déposé un v?u à ce sujet, vous nous aviez alors proposé, cher Monsieur BROS, un Forum de l'initiative touristique. Mais où est-il donc passé celui-là aussi ?

Cela nous permettrait peut-être d?avoir une vision claire de ce que vous voulez faire en matière touristique pour Paris. Mais pour l?heure, aucune réelle stratégie ne se dessine. C'est plus que regrettable.

Une fois de plus, la Ville de Paris n'est pas au rendez-vous avec l'un des secteurs professionnels les plus importants de la vie économique de la Capitale, cette baisse de subvention en est la preuve. Nous ne pouvons que le regretter.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Avant de donner la parole à M. MANSAT, je vous indique que Paris est une destination plus qu'enviée. Hier soir, pendant la coupure publicitaire du Superball aux Etats-Unis, il y avait un moment de publicité où l'on voyait un touriste américain raconter combien il rêvait de visiter Paris, le Louvre, ses belles femmes et sa cuisine !

Donc, Paris fait rêver, plus que jamais ! Mais MM. MANSAT et BROS sauront vous répondre grandement.

La parole est à M. Pierre MANSAT.

M. Pierre MANSAT, adjoint. - Monsieur le Maire, les quelques réflexions que je voulais apporter, comme contribution au débat, vont permettre peut-être de reconsidérer aussi les deux interventions précédentes, qui me semblent étroitement focalisées sur une vision parisienne intra-muros et qui ne considèrent pas non plus un facteur qui est assez déterminant, c?est qu'il semble bien que l'Etat ne soit pas dans une logique d'accompagnement extrêmement forte de politiques touristiques?

Mais oui, une fois de plus, la suppression du tourisme, comme une activité essentielle d'un ministère important, est une preuve de cette forme de désengagement.

Je voulais juste faire une ou deux remarques. D?abord, c'est une banalité de dire que le tourisme est une activité économique majeure pour Paris, mais aussi pour l'ensemble de la métropole, et que cette activité économique - qui est ancienne et certains disent que c'est à Paris que l'on a inventé le tourisme contribue à façonner Paris, même du point de vue urbain, et que ce tourisme contribue aussi à façonner l'ensemble de la métropole, dont il est, à l'échelle mondial d'ailleurs, un des symboles.

Ecoutez, si c'est du baratin... Cela fait deux fois dans la journée, Monsieur LEBEL ! Nous allons voir votre pertinence sur cette question. A part la critique et l?absence de proposition concrète et de point de vue sur le tourisme, chez les orateurs précédents, je n'ai malheureusement pas entendu autre chose.

Je voulais faire remarquer, et là on retrouve aussi, non pas le désengagement de l'Etat mais je dirais la vacuité des points de vue, parce que ce qui devrait être une dimension majeure de la politique dite du Grand Paris, d?une politique métropolitaine, malheureusement, n'est absolument pas évoqué, ni par le Secrétaire d'Etat au développement de la Région-Capitale ni par vous-mêmes, alors que cette dimension métropolitaine est une dimension majeure du développement du tourisme et que chacun sait que le développement touristique parisien passe par de nouveaux rapports qui s'établissent entre Paris et l'ensemble de la métropole.

Vous savez parfaitement que les touristes ignorent totalement les frontières administratives, circulent aisément sur le réseau métropolitain et font de lieux comme Versailles ou la Grande Arche de la Défense des lieux majeurs du tourisme qui ne se réduit pas à un tourisme intra-muros.

Il faut sans doute s'interroger aujourd'hui sur une image renouvelée, qui prenne en compte ces dimensions, qui s'appuie sur un travail pluridisciplinaire et qui notamment intègre de façon forte les outils numériques pour penser la destination de Paris en des termes renouvelés.

Je pense que nous sommes au moment - nous ne l'avons pas encore évoqué mais le moment viendra dans les mois qui viennent - de l'élaboration du Schéma directeur du tourisme et des loisirs dans la Région Ile-de-France. Je pense que la question d'un partenariat renouvelé, de l'accélération du renouveau des partenariats entre l'ensemble des structures qui sont chargées de mettre en ?uvre les politiques touristiques dans notre région, est un élément absolument majeur et de ce point de vue-là, je fais totalement confiance à Jean-Bernard BROS, à son énergie et à son expertise dans ce domaine pour mener à bien cette exigence de partenariat.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Nous allons donc écouter l?énergique Jean-Bernard BROS.

M. Jean-Bernard BROS, adjoint, au nom de la 2e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Dans le cadre de l'effort - je m?adresse à Mme TACHÈNE et Mme KUSTER - budgétaire consenti par chacun des adjoints, ma délégation a fait preuve de solidarité.

Néanmoins, il convient de noter que cette baisse, soit 6 %, est inférieure à 10 %, moyenne des baisses des budgets des autres délégations.

Par ailleurs, vous n'êtes pas sans savoir que la période de crise que nous traversons a également amené la Chambre de Commerce à baisser sa subvention dans les mêmes proportions, signe d'une situation financière difficile généralisée.

D'ailleurs, mon collègue MANSAT vient de le rappeler, l'Etat lui-même a baissé ses subventions envers l'organisme qui fait la promotion de la France, "Atout France", comme chacun le connaît, puisqu?il a baissé son budget de 12 %.

Néanmoins, la Ville n'est pas restée sans proposer des actions, puisque dans le cadre de l?exposition universelle de Shanghai, à la fois Mme la première adjointe, Christian SAUTTER et d'autres collègues qui sont en charge de dossiers ont amené la Ville à s'engager financièrement pour renforcer de manière efficace l'image de marque de Paris et, par-là même, la destination Paris, qui va être promue à travers cet événement, et permettre de renforcer l?attractivité internationale de la Ville.

Ajoutez à cela une collaboration étroite de l'ensemble des acteurs de la filière et vous obtenez un renforcement de la promotion de la destination Paris malgré cette baisse de budget que vous pointez aujourd'hui.

Je souhaitais également rappeler notre position leader en matière de tourisme d?affaires qui sera confortée dans les années à venir, avec, par exemple, le Congrès de la société européenne de cardiologie fin août 2011 à Paris Nord Villepinte et ses 30.000 participants.

La Mairie de Paris s'est engagée à fédérer les énergies autour de la promotion de Paris, en tant que pôle mondial d'attractivité touristique et nous poursuivons nos efforts en la matière.

Effectivement, après les élections de 2010, les prochaines élections régionales, nous envisageons de fédérer les énergies avec la Région qui bénéficie d'un budget important, à savoir le C.R.T. et le T.C.P. Nous vous ferons des propositions pour faire en sorte que ces énergies séparées se regroupent pour être plus efficaces.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Très bien.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEE 59.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, DDEE 59).