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Fevrier 2010
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2010, SGRI 4 - DPE 7 - Aide d'urgence aux populations haïtiennes touchées par le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Signature de conventions avec Médecins du Monde et ACTED pour l'attribution de subventions. - Montant total : 150.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, je passe à un autre sujet, qui n'est pas non plus très réjouissant : le 12 janvier dernier, un séisme d'une très grande violence frappait Haïti et en particulier sa capitale Port-au-Prince.

Ce pays, qui comptait déjà parmi les plus pauvres de la planète, affronte aujourd'hui une catastrophe sans précédent.

On compte au moins 200.000 morts, les hôpitaux ne parviennent même pas à accueillir les blessés.

Quand aux dégâts matériels, tous les mots paraissent tragiquement en deçà de la situation, celle d'une ville anéantie, d'un pays dévasté, et de secours débordés.

Face à un tel drame, Paris a d'abord exprimé sa solidarité et son amitié. J?ai fait part au Président d?Haïti, René PRÉVAL, et au maire de Port-au-Prince, Jean-Yves JASON, de notre volonté de les soutenir autant que possible, dans l?épreuve que traverse leur peuple.

Notre première réaction a été d'essayer, à notre échelle, de faire face à l'urgence.

Une aide exceptionnelle de 150.000 euros a ainsi été débloquée dès le lendemain du séisme. Elle a été répartie entre l'organisation non gouvernementale "Médecins du Monde" pour les secours aux blessés et l'association "ACTED", qui mène un projet tout aussi urgent et vital de purification de l'eau.

Nous avons, en outre, en lien avec le Comité national de soutien à Haïti et l'ambassade d?Haïti à Paris, installé une salle de crise dans l'enceinte même de l?Hôtel de Ville. Ce dispositif permet de recevoir des dons et de répondre à des appels d'urgence pour lesquels nous avons mis en place un numéro vert.

C'est également le Réseau mondial de la francophonie qui s'est mobilisé. L'Association internationale des maires francophones a ainsi débloqué 50.000 euros sur son fonds d?urgence pour de l'aide médicale et de l'assistance aux sans-abri.

L?Association mondiale des collectivités territoriales (C.G.L.U.) s'est mise à la disposition des Nations Unies pour mobiliser les pouvoirs locaux dans la reconstruction d?Haïti.

Mais notre devoir est d'aller au-delà de l'urgence.

Avec Pierre SCHAPIRA, qui présidera un comité de suivi réunissant tous les groupes de notre Assemblée, j'ai tenu à ce que la solidarité des Parisiens envers le peuple d?Haïti s'exprime dans la durée.

Quand la vague de l'émotion sera retombée, quand l'attention du monde se sera détournée vers d'autres lieux, Paris sera toujours aux côtés d?Haïti pendant les années qui viennent.

Il y a une ville entière à reconstruire et Paris entend bien y contribuer.

En liaison avec les autorités de Port-au-Prince, nous allons installer une mission de coopération qui se rendra sur place dès que la situation le permettra.

Toutes les directions concernées - je pense notamment à l'urbanisme, à la voirie, aux espaces verts - seront mobilisées et des organismes liés à la Ville, en particulier l?A.P.U.R. et "Eau de Paris", apporteront leur expertise et donneront de leur énergie.

L'objectif est qu?une capitale aujourd'hui à terre puisse revivre.

Nous nous engageons ainsi sur une aide à hauteur d'un million et demi d'euros sur trois ans.

Rien ne doit être négligé, aucun acte n'est dérisoire, dès lors qu'il permet de préserver une vie, de reconstruire une maison, de dessiner un avenir.

Paris reste et restera mobilisé.

Je remercie les maires d'arrondissement pour leur engagement et je suis reconnaissant aux Parisiens pour l'élan de générosité spontanée qu'ils ont su exprimer.

Mes chers collègues, je tiens enfin à dire notre sympathie et notre amitié aux Haïtiens de Paris ; ils sont accablés et désarmés si loin de leur pays en ruine. Nous partageons leur deuil et nous nous tenons à leurs côtés, en nous associant profondément à leur peine.

Parmi eux se trouvent des agents de la Ville et du Département de Paris. Plusieurs d'entre eux ont perdu des proches dans ce drame. J'ai demandé à notre Secrétaire générale, Véronique BÉDAGUE-HAMILIUS, de tout mettre en ?uvre pour les aider dans l'épreuve. Nous avons pris des mesures d'accompagnement psychologique, mais aussi, lorsque la situation l'exigeait, d'assistance juridique et, pour certains de nos agents particulièrement éprouvés, de soutien financier.

A tous, nous disons notre solidarité.

Je veux saluer aussi M. Fritzner GASPARD, chargé d'affaires de l'ambassade d?Haïti en France.

Je sais tout ce que nos deux pays ont en commun et c'est même, d'ailleurs, l'intervention d'un député haïtien qui permit d'inscrire le mot "Fraternité" dans la devise de notre République.

Cette longue histoire de dialogue et de partage, nous allons, à notre place, continuer à la faire vivre, mais j?invite à présent notre Assemblée à observer une minute de silence en mémoire de toutes les victimes.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Sur Haïti, vous souhaitiez prendre la parole, Madame BERTRAND ? Si vous voulez, en tant que présidente de la commission, brièvement.

Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Monsieur le Maire.

Comment comprendre ce nouveau malheur qui vient s'ajouter aux 32 coups d'Etat et aux centaines de cyclones qui sont passés sur l'île d'Haïti depuis 200 ans ? Le temps de l'interrogation durera longtemps.

Une réflexion, toutefois, s'impose : toute catastrophe, telle celle endurée par le peuple haïtien, n'a rien d'une punition du ciel ; elle est, au contraire, une exhortation pressante à la solidarité humaine. Et c'est la solidarité des Haïtiens entre eux qui force le respect dès l?abord. C'est ensuite la solidarité internationale, spontanée, qui s'exprime, celle des communautés de la diaspora, celle des Etats et des organisations internationales et celle d'innombrables collectivités locales.

Ce que vous venez de proposer, Monsieur le Maire, au nom des Parisiens, reçoit évidemment notre entière adhésion : une aide d'urgence de 150.000 euros par le truchement de deux associations bien connues et implantées en Haïti, "Médecins du Monde" et "ACTED", la toute première urgence étant la santé et l?alimentation, la mobilisation de 50.000 euros de l?A.I.M.F. au nom de la solidarité des villes francophones, un soutien accru de 20 % pour la Maison d?Haïti à Paris et l?ouverture d'une cellule de soutien aux 184 Franco-Haïtiens travaillant dans les services de la Ville de Paris au 4, rue de Lobau.

Après l'urgence, viendra la reconstruction et là, pas moins de six priorités s'imposeront pour rebâtir Haïti :

- la gouvernance, avec le souci de remettre l'Etat haïtien au centre des décisions pour lui permettre d'être copilote de sa reconstruction ;

- les infrastructures en s?occupant de l?assainissement, de l?eau et des revêtements routiers et une nouvelle répartition de l'espace foncier probablement ;

- le logement, quand un million de sans-abri attendent un toit, puisque les trois villes les plus touchées, Port-au-Prince, Jacmel et Léogâne, ont vu la moitié des maisons détruites ;

- les services publics, la priorité des priorités concernant les écoles, puis les hôpitaux et la sécurité ;

- l'économie, dont le développement entre villes et campagnes, entre économie aidée et secteur informel, devra être rééquilibré ;

- la société, enfin, très inégalitaire, comme on le sait, puisqu'une minorité de riches côtoie une immense masse de pauvres, 80 % de la population vivant avec moins de 2 dollars par jour, où l?Eglise et les églises tentent de pallier les défaillances de l'Etat, notamment dans les domaines de l'éducation et de la santé, où souder la population est un défi majeur.

Face à l'ampleur de la tâche et au-delà de l'effroi et de l'émotion, c?est bien à une coordination internationale qui tienne compte des valeurs, de l'histoire, de la foi de ce peuple, qu'il importe de s?engager.

Pour ce qui concerne Paris, les réflexions et les initiatives de la Ville nous ont été présentées en 9e Commission de manière très approfondie par Pierre SCHAPIRA la semaine dernière. Je tiens à l'en remercier vivement, de même que pour son appel à chacun des présidents de groupe.

Pour conclure, alors que l?ensemble du Conseil de Paris vient d?être tenu informé de ces propositions, je confirme notre totale adhésion à la délibération d'aide d'urgence que vous proposez.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Qui sera débattue tout à l'heure et où tous les groupes pourront s'exprimer. Là, c?était plutôt comme présidente de la Commission, Madame, sinon j?aurai des problèmes avec les autres groupes.

Mme Geneviève BERTRAND. - Dans l?attente de participer activement et dans la durée à la phase d?accompagnement de la reconstruction de Haïti.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Tout à l'heure, quand cela viendra à l'ordre du jour, bien sûr, tous les groupes pourront s'exprimer.