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Fevrier 2010
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2010, SGRI 4 - DPE 7 - Aide d'urgence aux populations haïtiennes touchées par le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Signature de conventions avec Médecins du Monde et ACTED pour l'attribution de subventions. - Montant total : 150.000 euros. (suite).

Débat/ Conseil municipal/ Février 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant au projet de délibération SGRI 4, c?est-à-dire l'affectation de 150.000 à Médecins du Monde et à ACTED pour venir en aide aux populations haïtiennes.

Je donne la parole d'abord à Mme BERTRAND.

Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Monsieur le Maire.

Je pense m?être exprimée déjà dans la matinée. C'est, à présent, au titre de la 9e Commission, comme présidente, que je souhaite dire quelques mots pour remercier M. SCHAPIRA des très nombreuses informations qui ont pu être données dans cette commission, donnant ainsi tout son intérêt au travail de cette commission, qui est d'abord de connaître avant de pouvoir critiquer.

Je reviens simplement sur le vote que mon groupe prononcera en faveur de ces mesures, qui est bien entendu favorable.

Merci, Monsieur le Maire.

(M. Christophe GIRARD, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Monsieur SARRE, vous avez la parole.

M. Georges SARRE, adjoint. - Monsieur le Maire, chers collègues, Paris participe à ce vaste élan mondial de solidarité envers le peuple d?Haïti, si durement touché, une nouvelle fois, et j'en félicite et remercie Pierre SCHAPIRA et Bertrand DELANOË au nom du Mouvement républicain et citoyen.

Au-delà de la légitime émotion immédiate, au-delà des nécessaires secours de première urgence, il faut, dès maintenant, penser au plus long terme. Aider Haïti, ce n'est pas seulement réagir à l'instant aux images de malheur. Aider Haïti, c'est aussi faire en sorte que les Haïtiens disposent de moyens pour reconstruire eux-mêmes leur avenir. Aider Haïti, c'est donc aussi s'inscrire dans la longue durée. Il convient de penser aux moyens de s'instruire et aux outils avec lesquels le peuple haïtien pourra sortir de la misère.

Au-delà du focus médiatique légitime lié au récent séisme qu'a connu Haïti, je voudrais rappeler ici la misère ordinaire, la misère ordinaire qui, à Haïti comme ailleurs, ne fait guère parler d'elle ou du moins pas assez ; pourtant plus de 1.1 milliard de personnes vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté dans le monde.

Conscients de cette réalité, comment ne pas condamner le choix du Président de la République de repousser à 2015 l'objectif fixé par son prédécesseur pour 2010 ?

Cet objectif, c'est un effort français d?aide publique au développement porté à hauteur de 0,7 % de notre revenu national brut.

Quand on sait qu'en 2010, le montant des contributions volontaires de la France aux organismes des Nations Unies sera inférieur à ce qu'il était en 2005, on se dit que la France est loin de jouer le rôle qu'elle devrait jouer à travers le monde, celui que lui assigne son statut de République à idéal universaliste.

Dans ce contexte, la générosité de Paris nous honore davantage encore, Monsieur le Maire, et à travers vous, les Parisiennes et les Parisiens.

Je vous remercie.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Jean-François LAMOUR.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Monsieur le Maire.

La dimension tragique de la catastrophe qui a frappé Haïti ce 12 janvier, l'effroi devant les milliers de victimes, l'émotion véhiculée par les témoignages, les miracles mais aussi les impuissances des équipes de secours venues du monde entier n'ont échappé à personne, en témoigne le formidable élan de générosité qu'a suscité cet événement de la part de toutes les nations du monde.

Rappelant le tsunami qui avait dévasté en 2004 les côtes de l'Océan Indien, une coopération entre Etats s'est rapidement mise en place pour apporter une aide humanitaire à la population sinistrée. Jamais dans l?histoire d?Haïti, l?aide et la solidarité internationales ne se sont aussi massivement exprimées. Car ce séisme, d'une ampleur inégalée, constitue la plus grande catastrophe à laquelle les Nations Unies aient jamais été confrontées.

Le projet de délibération que nous sommes amenés à voter aujourd'hui vient clore symboliquement la phase d'urgence qui permet de dresser un bilan terrifiant de plus de 200.000 morts, 300.000 blessés et plus de 1,5 million de sans-abri.

Je veux rendre hommage ici, avec l'ensemble du groupe U.M.P.P.A., à la forte mobilisation des mairies d'arrondissement qui ont su remarquablement relayer les besoins des associations humanitaires et ONG, et rassembler les Parisiens fidèles aux valeurs de solidarité et d?humanisme que défend notre Ville.

Aujourd'hui, notre assemblée souhaite réaffirmer son soutien et son amitié envers Haïti, dont nous partageons l'histoire, la culture et la langue.

La capitale, Port-au-Prince, et sa région, martyrisées, mettent la communauté internationale devant un formidable défi. La reconstruction, en étroite collaboration avec la gouvernance locale, doit être utile à la population, surtout à celle qui a tout perdu. C'est l'occasion pour les pouvoirs publics haïtiens et leurs partenaires de la communauté internationale d'adopter une nouvelle réflexion stratégique pour l'avenir.

C'est dans cette optique que le 25 janvier dernier, une conférence ministérielle préparatoire sur Haïti s'est tenue à Montréal. Elle réunissait les Ministres des Affaires étrangères des pays membres du Groupe des amis d?Haïti, ainsi que les principaux donateurs et partenaires régionaux et multilatéraux.

Les premiers fondements d'un plan de reconstruction ont pu ainsi être jetés, annonçant en point culminant la conférence internationale des donateurs au siège des Nations Unies menée par le Gouvernement d?Haïti et appuyée par des contributeurs clefs, notamment le Canada, le Brésil, les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Espagne et la France. Cette conférence se tiendra dans à peu près un mois.

Les 17 et 18 février prochains, le Président de la République, Nicolas SARKOZY se rendra à Port-au-Prince, puis en Martinique et en Guyane, pour préparer effectivement cette conférence internationale.

Votre communication au sujet de la situation en Haïti, Monsieur le Maire, se veut efficace. Elle montre que notre collectivité se préoccupe autant de Port-au-Prince que de la communauté haïtienne, de ses amis et de ses familles demeurant à Paris.

Elle s'appuie, dans un premier temps, sur des mesures modestes au regard de la tragédie qui a frappé Haïti. Le montant de l'aide d'urgence n'excède pas, en effet, le montant habituellement versé dans le cadre des aides humanitaires d'urgence versées par la Ville. Un exemple, la subvention versée en 2008 à "Action contre la faim" en faveur des populations sinistrées à la suite du passage de plusieurs cyclones était d'un montant à peu près équivalent.

Votre communiqué de presse du mardi 2 février nous apprend que vous allez engager la Ville auprès d?Haïti dans une démarche de coopération prévue sur trois ans, à hauteur de 500.000 euros par an.

Je ne peux que me réjouir de ce futur dispositif et le groupe U.M.P.P.A. sera attentif à ce que cette annonce puisse s'inscrire concrètement dans les budgets à venir.

Le groupe U.M.P.P.A. votera donc ce projet de délibération.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour vous répondre, Monsieur SCHAPIRA ?

Simplement, j?apporte une précision qui concerne Haïti et qui vous intéressera. L'école française de cinéma, la Fémis, est dorénavant présidée par Raoul PECK, ancien Ministre de la Culture et grand cinéaste franco-haïtien.

Monsieur SCHAPIRA ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Merci.

Je remercie les intervenants. Ce qui s'est passé à Haïti est horrible, l'Etat est détruit. On identifie nos interlocuteurs - quand je parle d?interlocuteurs, ce sont les maires, que ce soit le maire de Cap-Haïtien, le maire de Port-au-Prince, le maire de Jacmel, le maire de Gonaive -, mais, malheureusement, ils n'ont pas de quoi travailler et ils sont dans de grandes difficultés.

Sachez que le maire de Port-au-Prince avait 630 fonctionnaires ; il n'en a plus que 135. Ce sont des conditions extrêmement difficiles pour les Haïtiens.

Nous avons, dans un premier temps, fait une proposition d'aide d'urgence, c?est ce qu'on va voter, pour Médecins du Monde et ACTED. Vous avez raison, ce n'est pas énorme quand on voit ce qu'il y a à faire, c'est un geste symbolique que l'on fait, mais sachez que dans l'urgence, une collectivité comme la nôtre ne peut pas aider. Nous n'avons pas les moyens, nous ne savons pas faire et nous ne sommes bons que là où nous avons l'habitude de travailler, c'est-à-dire sur l'eau, les schémas d'urbanisme, les problèmes de gouvernance locale? Là, nous pourrons effectivement être très utiles.

Je précise que nous travaillons en étroite collaboration avec les associations de maires, que ce soit Cités Unies France, que ce soit l?A.F.C.C.R.E. (Association française des communes et régions européennes), que ce soit CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis) ; nous travaillons vraiment très bien et nous travaillons aussi en parfaite harmonie avec le Ministère des Affaires étrangères. Un ambassadeur a été nommé spécialement pour la reconstruction d?Haïti, et nous travaillons évidemment avec lui.

J'ajoute que la difficulté va être la coordination du travail à faire, mais cela ne dépend pas de nous évidemment. Il y a aussi les réunions que vous avez citées, celle du 25 janvier à Montréal en marge de laquelle un représentant de C.G.L.U. a pu s'exprimer, la réunion de New York qui devrait avoir lieu les 22 et 23 mars, pour laquelle le Maire a écrit à Ban KI-MOON, afin que Cités et Gouvernements Locaux Unis y soit présente.

J?ajoute que 500.000 euros sur trois ans, c?est principalement de l'expertise. Comme le disait le Maire ce matin, ce sont les directions et les organismes associés, qui pourront travailler à Haïti. Je pense à "Eau de Paris", à l?A.P.U.R. Bref, il y a une volonté politique d'abord, de nous tous ici, mais aussi une volonté des services de travailler en Haïti, quand ce sera possible et cela se fera notamment en partenariat avec le Maire de Port-au-Prince.

Et pour terminer, je voudrais vous dire que, dès qu'on le pourra, dès que nous aurons des informations ou que l?on commencera à y travailler sérieusement, je réunirai régulièrement les présidents de groupe ou leurs représentants pour les tenir informés de l'avancée de nos travaux.

Je vous remercie.

(Applaudissements).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci.

La parole est maintenant à Mme Anne LE STRAT.

Mme Anne LE STRAT, adjointe, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Juste en deux petits mots pour ne pas trop allonger nos interventions sur ce sujet, car Pierre SCHAPIRA a tout dit. Il nous semble en effet plus approprié de mobiliser nos compétences, nos moyens, humains, matériels et financiers dans une seconde phase.

Nous avons néanmoins inscrit à l'ordre du jour ce projet de délibération sur un projet d'eau avec ACTED, parce que vous savez que c'est une des premières préoccupations et nécessité pour les populations. Mais nous allons, comme l'a très bien précisé Pierre SCHAPIRA, concentrer tous nos efforts et toute notre politique d'aide sur la reconstruction, et notamment la reconstruction des réseaux d'eau et d'assainissement.

Merci.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Nous avons une explication de vote de M. Jean-Pierre CAFFET, avant de mettre aux voix cette délibération.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Monsieur le Maire, je serais extrêmement rapide. Je tiens à saluer, au nom de mon groupe, ce projet de délibération. Je veux vous remercier, Monsieur le Maire, d'avoir décidé d'attribuer cette aide d'urgence aux populations haïtiennes, qui ont subi une véritable tragédie, il n'y a pas d'autres mots, le 12 janvier dernier.

Au-delà de cette aide d'urgence, c'est-à-dire des 150.000 euros que nous votons aujourd'hui pour les deux ONG, je tenais également à vous remercier d'avoir pris cette décision de ne pas limiter l'aide de la Ville de Paris à cette aide d'urgence, qui est en quelque sorte traditionnelle, mais d'avoir engagé une véritable politique de coopération technique durable avec ce pays, en consacrant 500.000 euros par an, et cela pendant trois ans, afin d'aider à la reconstruction de Port-au-Prince et d'autres villes de Haïti.

Je pense que c'est effectivement une très bonne idée, que c'est ce qu'il fallait faire, c?est-à-dire d'engager une véritable politique d'aide à la reconstruction à moyen terme et à long terme.

Il est évident que ce pays aura besoin d'aide pendant des années, et notre Ville dispose, dans de nombreux domaines, que ce soit l'assainissement, le domaine de l'eau, l'urbanisme et la gestion municipale, d'agents techniques extrêmement qualifiés et compétents, qui pourront effectivement contribuer à la remise en état et à la construction de nouvelles infrastructures.

Encore une fois, je veux remercier l'Exécutif d'avoir pris cette décision et de coopérer, sur une durée d'au moins trois ans, à la reconstruction de ce pays. Il va de soi, bien évidemment, que mon groupe accompagne cette démarche et qu'il sera présent dans le comité de suivi que vous avez décidé de mettre en place.

(Applaudissements).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGRI 4 - DPE 7.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, SGRI 4 - DPE 7).

Je vous remercie.