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Fevrier 2010
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2010, VI - Question d'actualité posée par M. Georges SARRE, conseiller non-inscrit, à M. le Maire de Paris relative au chômage à Paris et à la situation des chômeurs en fin de droit.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole n'est plus à vous, elle est à M. Georges SARRE, qui pose une question comme non inscrit.

M. Georges SARRE, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, le Président de la République, dans son opération de communication orchestrée il y a peu avec TF1, a annoncé sur le plan de l'emploi, "des lendemains qui chantent". La réalité est hélas tout autre, beaucoup plus cruelle. Entre le troisième trimestre de 2008, et celui de 2009, selon l'I.N.S.E.E., notre pays est passé de 7,4 % de chômage à 9,1 %, soit le plus mauvais taux depuis le premier trimestre de l'an 2000. L'Ile-de-France n'échappe pas à cette flambée très préoccupante du chômage puisque entre le troisième trimestre de 2008 et celui de 2009 le chômage francilien a bondi, passant de 6,6 % à 7,9 %, toujours selon l'I.N.S.E.E.

Quel est l'état précis de la situation à Paris ?

Quelle est en particulier la situation des chômeurs en fin de droit ?

On annonce qu'un million de Français supplémentaires seront dans cette situation grave en 2010, dont la moitié serait sans revenu de remplacement. Seul un quart a accès au R.S.A., dont la charge va sans doute exploser pour les départements, ce qui n'est pas là non plus un mince enjeu. Monsieur le Maire de Paris, vous avez très tôt pris conscience de cet enjeu préoccupant et vous avez interpellé par courrier le Premier Ministre en lui demandant de prolonger les droits de ces chômeurs. A circonstances exceptionnelles mesures exceptionnelles.

Vous a-t-il répondu ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non.

M. Georges SARRE, adjoint. - Je sais que la Ville et le Département de Paris avec la Région Ile-de-France font tout ce qui est en leur pouvoir pour amortir la crise et stimuler l'emploi. Heureusement.

J?aimerais, Monsieur le Maire, que vous nous donniez des illustrations de ce volontarisme politique au service de l?emploi. Un emploi qui, je le constate avec tristesse, se trouve bien malmené par la crise et par le Gouvernement, qui sont l'endroit et l'envers de la même médaille, la triste médaille du néo-libéralisme.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Georges SARRE.

La parole est à M. Christian SAUTTER.

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Monsieur le Maire, Georges SARRE a eu tout à fait raison de mettre le doigt sur ce problème urgent et angoissant de la montée du chômage, et à l'intérieur si je puis dire de cette montée du chômage, de la progression qui sera malheureusement très rapide du nombre de chômeurs en fin de droit.

Il a cité quelques chiffres, je dirai simplement que pour Paris, nous subissons la même évolution que pour la France ou l'Ile-de-France. Le chômage parisien augmente moins vite que le chômage français, mais je crois que le problème n'est pas un problème statistique, c'est un problème humain de familles qui sont touchées par la perte d'emploi et bientôt touchées par la perte de revenus.

Vous avez tout à fait raison d'avoir souligné que le Maire de Paris, dès le 6 janvier, a écrit au Premier ministre pour lui demander très clairement de prolonger de six mois l'indemnisation des chômeurs en fin de droit, à titre exceptionnel pour faire face à une situation exceptionnelle. Je cite le Maire :" Ce serait une mesure de justice sociale nécessaire pour protéger les plus démunis dans une conjoncture particulièrement dure".

Comme le maire vous l?a dit, le Premier Ministre n'a pas encore répondu à cette lettre pourtant pressante pour faire face à une situation angoissante. Vous posez la question : que font la Ville et le Département dans de telles circonstances dramatiques ? Premièrement, et nous l'avons voté non pas à l'unanimité, mais la majorité l?a voté au mois de décembre, les moyens du plan départemental d'insertion ont été très nettement accrus entre 2009 et 2010 et nous aurons l'occasion d'en débattre au mois de mars.

Je crois qu'il est important de renforcer l'accompagnement des personnes en grande difficulté, pour qu'elles retrouvent un emploi dès que possible. J'en profiterai pour dire que de son côté, l'État ne fait pas un effort similaire et que nous savons tous que, quelle que soit la qualité des agents de Pôle emploi, ils n'ont pas les moyens de suivre individuellement chacun des chômeurs et que les effectifs qui ont été annoncés, dont je ne suis pas sûr qu'ils soient vraiment sur le terrain, suffisent pour assurer à chaque chômeur un suivi mensuel.

Deuxième ligne d'action du Département, c'est de mobiliser les dispositifs départementaux d'accompagnement. Ce matin, le Conseil de Paris a voté les subventions aux missions locales. Eh bien les missions locales font un travail exceptionnel d'accompagnement des jeunes à la recherche d'un emploi, et là encore de 2009 à 2010, le maire a bien voulu, par exception, accroître les moyens des missions locales de façon à ce que l'effort d'accompagnement soit intensifié.

Troisième ligne d'action, j'ai presque terminé, Monsieur le Maire, c'est d'assouplir les aides sociales versées par le Centre d'action sociale pour les familles qui vont connaître de brusques chutes de revenus avec le passage de tant de personnes dans le chômage en fin de droit. Voilà quelques actions qui montrent une ferme résolution, et je souhaite comme nous tous, que le Premier ministre réponde vite et de façon positive à une suggestion de bon sens et de solidarité du Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.