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Fevrier 2010
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2010, Vœu déposé par le socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la dénomination d'un lieu dans le 12e arrondissement en mémoire d’Ilan Halimi.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2010


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Il s'agit maintenant du v?u n° 60 du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés qui a trait à la dénomination d'un lieu dans le 12e arrondissement en mémoire d?Ilan Halimi.

La parole est à Mme Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Tout le monde a en mémoire le calvaire d?Ilan Halimi. Il y a quatre ans, presque jour pour jour, ce jeune Parisien de 23 ans est retrouvé nu, tondu, brûlé à l?essence, blessé au couteau, le corps abîmé par les tortures, agonisant le long d'une voie ferrée dans l?Essonne après avoir été kidnappé, séquestré et torturé durant 24 jours.

Avant de vivre l'horreur, Ilan Halimi mène avec sa mère et sa soeur une vie paisible et modeste dans le 12e arrondissement. Mais ses ravisseurs, tortionnaires et complices, voient la chose autrement.

Ilan Halimi est juif : "il a donc de l?argent". A sa famille, on réclame une somme astronomique jusqu'à 450.000 euros.

Parce que les préjugés peuvent engendrer la mort, parce que le racisme, l'antisémitisme, l?homophobie peuvent conduire à l'irréparable, il est important que Paris redise autant de fois qu?il sera nécessaire son intransigeance et son extrême vigilance pour le respect des valeurs républicaines, pour les Droits de l'Homme et son combat contre toutes les formes de racisme.

C?est pourquoi, considérant le caractère antisémite du meurtre d?Ilan Halimi, les 24 jours de calvaire subis et la cruauté de ses ravisseurs et tortionnaires, considérant qu?Ilan Halimi était un enfant du 12e arrondissement, il y est né, il y a été scolarisé et il y a vécu.

Pour que sa mémoire soit associée à celle de Paris, au nom des valeurs républicaines, nous émettons le v?u qu'un lieu de vie ou un jardin du 12e arrondissement de Paris se voit attribué le nom d?Ilan Halimi.

Permettez-moi, pour conclure, de former en même temps un autre v?u, celui de ne plus avoir à attribuer, à un lieu de Paris, le nom d'un autre Brahim Bouarram, ce jeune Marocain jeté dans la Seine le 1er mai 1995 par des manifestants issus d'un cortège du Front national. Celui d?une autre Sohane, morte brûlée vive pour avoir refusé de se soumettre à la violence d'un jeune homme ou d?un autre Ilan Halimi, séquestré, torturé, assassiné parce que juif.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à Mme HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Je voudrais vraiment remercier Karen TAÏEB et Michèle BLUMENTHAL, l?ensemble des élus du 12e arrondissement pour cette initiative. Karen TAÏEB vient de rappeler le calvaire vécu par Ilan Halimi, calvaire qui effectivement a été confirmé comme ayant une origine liée à la religion d?Ilan et ces discriminations, ces préjugés qui tuent, qui continuent à tuer. Nous ne pouvons, bien sûr, que nous élever contre.

Je considère, avec sans doute vous toutes et vous tous ici, élus parisiens, que les noms que nous donnons à des lieux, à des rues, sont aussi des éléments permettant de transmettre une histoire. Je pense, comme Karen l?a rappelé, qu?il y a des lieux qui rappellent le calvaire de Sohane Benziane, nous avons un centre d'animation dans le 15e arrondissement qui porte son nom. Nous avons d'autres lieux, effectivement, avec la plaque qui est située près du pont du Carrousel pour Brahim Bouarram.

Nous avons ces lieux dans notre mémoire et, lorsque le passant s'arrête sur ces plaques, il peut avoir la curiosité et on peut l'inciter à avoir la curiosité de savoir qui sont ces personnes, ces inconnus, ce qui leur est arrivé, ce qu'ils ont fait de grand ou ce qu'ils ont subi. Pourquoi leur nom sur des rues ou des lieux de Paris est important à rappeler.

Je crois que, dans ce que Karen TAÏEB a dit, nous avons rencontré ensemble, le Maire de Paris a rencontré aussi la famille d?Ilan Halimi, qu?il y a aussi une volonté de faire vivre ce lieu comme un lieu pédagogique, un lieu pour continuer à lutter contre l'antisémitisme et toutes les formes de racisme.

Je crois que les élus du 12e arrondissement, mais au-delà les élus de Paris, seront fiers et aurons à coeur de faire en sorte que cette pédagogie puisse permettre, aux jeunes Parisiens notamment, de se dire que ce type d'acte doit être effectivement proscrit de notre Capitale, dont les valeurs des Droits de l'Homme, les valeurs républicaines, sont des éléments de son identité.

J?émets bien sûr un avis très favorable à ce v?u présenté par Karen TAÏEB et Michèle BLUMENTHAL.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u assorti d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté à l'unanimité. (2010, V. 24).