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Juillet 1995
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31 - 1995, D. 1176- Programme 1995 des "Quartiers tranquilles".

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1995




M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Nous passons au projet de délibération D. 1176 relatif au programme 1995 des "Quartiers tranquilles".
Madame BILLARD, vous avez la parole.

Mme Martine BILLARD.- Monsieur le Maire, j'ai déjà ce matin un peu parlé de ce que nous pensions des "quartiers tranquilles".
Je n'ai pas bien compris la finalité des "quartiers tranquilles" pendant que tout le reste de Paris est transformé en quartiers pas tranquilles du tout avec les axes rouges. De plus, ce matin, M. le Préfet de police a évoqué la possibilité de créer de nouveaux axes rouges, et il semble qu'ensuite, sa proposition n'ait pas été reprise par votre majorité. J'espère qu'effectivement, c'était un lapsus de M. le Préfet.
Je voudrais dire, à propos de ces "quartiers tranquilles", que pendant que vous protéger quelques zones ultra-minoritaires, vous laissez le reste de Paris au "tout automobile".
Vous élargissez les rues dans les opérations d'urbanisme ; élargissements toujours favorables à la voiture... Il n'a jamais été prévu jusqu'ici, dans ces élargissements, de voies réservées pour les bus.
Peut-être qu'après la déclaration de ce matin, cela va changer. Je suis prête à prendre en compte les changements à venir. Je pourrais d'ailleurs vous donner un exemple de choix non fait.
Ainsi, lorsque les Champs-Elysées ont été remodelés, toutes les voies, que je sache, ont été réservées à la voiture. Il n'y a même pas eu une piste cyclable sur les Champs-Elysées. Une piste cyclable, cela était possible. Cela n'a pas été un choix.
Lorsque dans d'autres quartiers, des gens demandent des ralentisseurs, notamment près des écoles comme dans le 20e, ils sont refusés alors qu'il s'agit de la protection des enfants.
Si c'est pour avoir quelques îlots tranquilles dans quelques quartiers protégés de Paris pour que dans le reste de la Capitale nous ayons des axes rouges ou des quartiers où on refuse les ralentisseurs pour protéger la sortie des écoles, nous voterons contre ce projet de "quartiers tranquilles".

M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Monsieur PLASAIT, vous avez la parole.

M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission.- Il est vrai que la voiture automobile dans la ville présente quelques inconvénients.
Il ne faut pas oublier aussi qu'elle présente par ailleurs bien des avantages, qu'elle est utile, et comme on le disait ce matin, qu'elle est tributaire de l'urbanisme.
Il y a donc un certain nombre de choses qu'il faut chercher à améliorer, et c'est le but de la politique qui est poursuivie.
Ces "quartiers tranquilles" ont été inaugurés pour la première fois en 1994 dans le Marais d'une part, et dans le secteur Nationale (13e), d'autre part.
Ils sont appelés à se développer très largement, je crois, dans l'avenir. Ils correspondent à l'idée qu'on se fait d'une circulation automobile maîtrisée dans les années qui viennent.
Ce concept consiste à réduire la circulation sur des portions de territoires, qui sont ainsi reconquises sur l'automobile au profit des piétons, pour une vie locale de meilleure qualité, ce qui est, je crois, ce que vous souhaitez, Madame BILLARD.
En toute logique, bien sûr, des restrictions de circulation sur un quartier entraînent, à volume de déplacement constant, des reports de trafic sur d'autres itinéraires, et c'est naturellement sur de grands axes, choisis aussi judicieusement que possible, équipés et contrôlés, que se font ces reports.
Mais dans la pratique, cela revient à restreindre la surface au sol qui est consacrée au seul trafic automobile, et c'est donc l'occasion (je crois que c'est un début, mais c'est un bon début) pour les habitants de se réapproprier leur quartier. Cela va dans le sens, je crois, de l'intérêt général, notamment celui de la qualité de la vie que l'on retrouve ainsi progressivement dans un nombre de quartiers de plus en plus important dans la Capitale.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").

M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Merci, Monsieur PLASAIT.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1176.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, MM. REVEAU, BLET s'étant abstenus, Mme BILLARD, Melles SCHERER et SILHOUETTE ayant voté contre. (1995, D. 1176).