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Juillet 1996
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Conseil Municipal
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41 - 1996, D. 1024- Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec MM. CORAJOUD et GANGNET un marché de maîtrise d'oeuvre pour la réhabilitation de l'avenue d'Italie (13e).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1996




M. Alain DESTREM, adjoint, président.- Nous allons à présent examiner le projet de délibération D. 1024 autorisant M. le Maire de Paris à signer avec MM. CORAJOUD et GANGNET un marché de maîtrise d'oeuvre pour la réhabilitation de l'avenue d'Italie dans le 13e.
Je donne la parole à Mme SCHNEITER.

Mme Laure SCHNEITER.- Monsieur le Maire, trop longtemps l'avenue d'Italie a été abandonnée, atteignant un niveau de dégradation important. L'environnement urbain a été modifié considérablement et, aujourd'hui encore, l'avenue est entourée de Z.A.C., son tissu urbain détruit, grignoté par des constructions en tout genre.
C'est dans ce contexte difficile que vous entreprenez enfin la réhabilitation de cet axe majeur du 13e arrondissement.
L'élargissement du trottoir Est et la plantation d'arbres permettront de rétablir la symétrie de l'avenue.
Les trottoirs, actuellement utilisés pour le stationnement, seront-ils exclusivement réservés aux piétons ?
J'aimerais avoir des garanties sur ce sujet, aucune précision n'étant donnée dans ce projet et aucun document graphique ne l'accompagnant.
La chaussée sera réduite à deux voies. Très bien ! Mais comment pouvez-vous envisager un stationnement le long des trottoirs alors que vous prévoyez par ailleurs, et c'est heureux, des couloirs pour les bus et les pistes cyclables ?
La priorité affichée pour les transports en commun et les vélos implique des couloirs en site propre sur toute la longueur de l'avenue. Là encore, aucune précision n'est donnée.
J'espère que vous profiterez de ces travaux pour ne pas oublier les personnes à mobilité réduite : abaissement des trottoirs aux passages protégés et stationnement réservé à leur intention. C'est pour ces seules personnes que vous m'entendrez toujours réclamer plus de places de stationnement.
Les installations du marché que vous maintenez heureusement et que vous voulez moderniser seront-elles démontées chaque jour pour laisser place aux piétons ?
Concernant le mobilier urbain, qu'entendez-vous par "une meilleure implantation" ? Il envahit de plus en plus nos trottoirs, sans cohérence pratique ou esthétique. Les matériaux employés, les nouveaux dallages sont inutilement coûteux.
L'essentiel, en fait, est de rendre les trottoirs aux piétons, de soigner les plantations.
A ce propos, au lieu de multiplier piquets et potelets empêchant le stationnement anarchique des voitures, mieux vaudrait les remplacer par des bacs fleuris tout aussi dissuasifs et sanctionner les stationnements irréguliers.
Enfin, l'avenue d'Italie remplit un rôle essentiel de liaison avec la banlieue. La Ville ne s'arrête pas au niveau des boulevards des Maréchaux. Avez-vous prévu la prolongation des aménagements à la porte d'Italie ? Envisagez-vous de vous concerter avec la commune du Kremlin-Bicêtre ?
Sans réponse précise à ces questions, je serai obligée de m'abstenir sur ce projet.

M. Alain DESTREM, adjoint, président.- Très bien, Madame SCHNEITER. Je vous remercie.
Je donne la parole à M. LHOSTIS pour Mme MOREAU.

M. Alain LHOSTIS.- Monsieur le Maire, la Municipalité se préoccupe à juste titre de la réhabilitation de l'avenue d'Italie.
Commerçants et résidents de cette avenue se sont émus d'une détérioration de la situation au fil des années.
Le projet qui nous est présenté appelle deux remarques de la part des élus communistes.
Un seul domaine est concerné, l'aménagement de la voirie. C'est indispensable, mais ce n'est pas suffisant. Il faut analyser les raisons du mal-vivre de l'avenue d'Italie, étudier pourquoi les commerces ferment, pourquoi les bâtiments sont abandonnés.
Naturellement la crise économique n'est pas étrangère à cette situation, de même que l'extension du centre commercial Galaxy.
Il y a aussi, nous semble-t-il, l'arrêt de l'opération Italie évoquée par Mme MOREAU ce matin, arrêt souhaitable sans doute, mais qui n'a pas été assorti de dispositions en faveur de l'avenue d'Italie.
Le temps a passé, et comme cela était prévisible, l'avenue dépérit.
Il y a besoin, en concertation avec la population, de repenser le rôle et la fonction de cette avenue.
Les immeubles vides doivent trouver une nouvelle destination. Il y a trop de sans-toit pour laisser vides des bâtiments en bon état. Des équipements publics sont peut-être à prévoir.
Il y a un problème de vie, d'animation de cette artère. Modifier la voirie n'est pas suffisant.
En second lieu nous nous étonnons du coût des études, 7 millions de francs, ce qui doit représenter, si on se base pour les études sur une valeur de 10 % du prix des travaux, autour de 70 millions de francs pour en gros élargir un trottoir et faire des plantations. Cela nous paraît beaucoup.
On nous a expliqué qu'il fallait déplacer les égouts, ce qui expliquerait le coût évoqué. Là encore nous nous étonnons, car le trottoir en question était précédemment beaucoup plus large, et les égouts n'ont donc pas dû être déplacés.
Enfin, nous voudrions poser une question : pourquoi les services de la Ville ne sont-ils pas sollicités pour cette réhabilitation, et pourquoi fait-on appel à des entreprises extérieures ?
Les personnels sont capables de réaliser ce qui est prévu, aussi bien en matière de voirie qu'en matière d'espaces verts. En faisant appel ainsi à une entreprise extérieure pour l'étude, la surveillance des travaux et la direction, on aboutit à un coût extrêmement important.
Tout en étant partisans d'une redéfinition et d'une réhabilitation de l'avenue d'Italie avec l'objectif de la rendre plus agréable et d'en faire une voie plus dynamique au plan commercial et économique, nous ne voterons pas en faveur de ce projet bien trop insuffisant et bien trop coûteux.
Nous réclamons un nouvel examen de cette question, en large concertation avec la population, quitte à dépenser autant d'argent, mais afin au moins qu'il soit bien employé.
Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).

M. Alain DESTREM, adjoint, président.- Je vous remercie.
Je donne la parole à M. PLASAIT pour répondre aux intervenants.

M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission.- Avec plaisir, Monsieur le Maire.
D'abord je voudrais rappeler à Mme SCHNEITER que le programme d'aménagement de cette avenue d'Italie vise à redonner une symétrie à l'avenue. D'abord en élargissant le trottoir Est de 10 mètres environ, et en réduisant la chaussée à deux files de circulation. En quelque sorte, c'est la chaussée qui paie pour le trottoir.
Donc les bénéficiaires de cet aménagement seront, j'allais dire d'abord les arbres, puisqu'une nouvelle ligne sera plantée sur le trottoir Est, mais surtout les piétons, les autobus et les vélos.
Pour répondre à la batterie de bonnes questions posées par Mme SCHNEITER, je lui dirai que, bien sûr, les trottoirs seront réservés aux piétons. C'est l'une des raisons majeures du réaménagement de l'avenue.
Ces trottoirs seront dégagés de tous les obstacles inutiles, avec notamment un meilleur éclairage.
Nous avons effectivement le souci des personnes à mobilité réduite, puisque comme Mme SCHNEITER le souhaite, il est prévu d'abaisser les bordures de trottoirs au droit des passages piétons.
Le stationnement des véhicules sera totalement supprimé sur les trottoirs et le mobilier urbain sera mieux implanté. Je réponds à sa question. Cela signifie que ce mobilier sera implanté en fonction des cheminements naturels des piétons sur les trottoirs.
La sécurité des piétons sera d'ailleurs aussi beaucoup mieux assurée, notamment par la réduction de la chaussée qui passera de 21,50 mètres en moyenne à 15,50 mètres en moyenne, ce qui bien entendu entraînera des temps de traversée plus courts.
Cette sécurité sera également assurée par la création de refuges centraux et par l'équipement en signalisation tricolore des carrefours non encore équipés.
Mme SCHNEITER a posé également la question de savoir si les installations du marché seront démontables. La réponse est oui. Après chaque marché les structures seront déposées de telle manière que l'espace soit dégagé et rendu aux piétons.
Enfin Mme SCHNEITER demande comment concilier stationnement et aménagement pour les bus et pour les vélos. Il est bien clair que tout ne sera pas possible et que le projet qui sera présenté à l'enquête publique permettra, précisément grâce à cette enquête publique, de voir quels sont les souhaits exprimés par la population concernée.
Après cette enquête publique, il faudra faire un arbitrage section par section.
Enfin, pour le moment il n'est pas envisagé de prolonger cet aménagement au-delà du boulevard des Maréchaux, mais bien entendu une concertation est prévue avec la commune du Kremlin-Bicêtre.
Mme MOREAU a également posé des questions par l'intermédiaire de M. LHOSTIS.
Elle s'est interrogée sur les difficultés de la vie dans ce secteur du 13e arrondissement.
Ce sont évidemment des préoccupations qui sont les nôtres et qui font que notamment ce réaménagement de l'avenue d'Italie est engagé.
Alors M. LHOSTIS nous dit : 7 millions de francs, c'est beaucoup. Dire que c'est beaucoup, c'est évidemment mésestimer le contenu considérable de ce travail. Il s'agit en effet de passer d'un programme général contenant de nombreux souhaits et suggestions- je vous rappelle, d'ailleurs, qu'à l'occasion de la présentation de ce programme à la mairie du 13e, 141 suggestions ont été faites - il faut passer donc de ce programme général à un projet qui, pour être soumis à enquête publique, devra être précisé, validé dans ses choix techniques et établi dans la concertation avec les riverains, les commerçants et toutes les personnes intéressées par ce projet.
Au demeurant, 7 millions de francs sur 80 millions, cela correspond à l'usage qui rémunère ce type de prestation aux environs de 10 %.
Enfin pourquoi en sous-traitance et pas en régie ? C'est une bonne question. On aurait pu faire le choix de la régie. Mais nous avons pensé que faire appel à de grands noms extérieurs était un gage de succès. Le choix de l'équipe composée de Michel CORAJOUD, paysagiste de grande renommée, et de Pierre GANGNET, architecte également d'excellente réputation, apportera sans aucun doute une valeur ajoutée à ce projet. C'est en tout cas ce qu'a estimé la commission de désignation dans sa réunion du 19 février 1996.

M. Alain DESTREM, adjoint, président.- Merci, Monsieur PLASAIT.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1024.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes communiste, du Mouvement des citoyens, Mme BILLARD et M. BLET s'étant abstenus. (1996, D. 1024).