Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Avril 1997
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

5 - 1997, ASES 30 G Subvention à l'association " Les amis du bus des femmes " (20e). - Montant : 150.000 F.

Débat/ Conseil général/ Avril 1997



1997, ASES 31 G Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'Etat et l'association " Médecins du monde " une convention relative à l'implantation et à la gestion d'appareils d'échange et de distribution de seringues.
M. CHÉRIOUX, président. - Nous passons au projet de délibération suivant, qui est le ASES 30 G relatif à la subvention à l'association " Les amis du bus des femmes ", d'un montant de 150.000 F.
Je donne tout d'abord la parole à Mme HOFFMAN-RISPAL.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL. - Merci, Monsieur le Président.
Mes chers collègues, c'est avec plaisir que le groupe socialiste et apparentés votera pour les projets référencés ASES 97.30 et 31.
En ce qui concerne l'association " Les amis du bus des femmes ", je me permets de vous préciser que, contrairement à ce qui est inscrit dans le mémoire, elle est domiciliée rue du Moulin-Joli dans le 11e et non dans le 20e arrondissement. Mais ce n'est là qu'un détail.
Par contre, je me réjouis que le travail de cette association soit enfin reconnu et soutenu, même si compte tenu de l'ampleur de la tâche, une aide plus importante eût été la bienvenue.
Une première subvention avait été demandée en 1996, mais sans qu'aucune suite ne lui soit donnée.
Même si nous trouvons très tardif d'avoir à voter encore des subventions au titre de l'année 1996, et cela nous arrive parfois, nous aurions préféré nous y résigner cette fois encore à condition que cela soit suivi, un peu plus tard dans l'année, par une autre délibération pour 1997 plutôt que d'avoir à constater ce regrettable oubli pour l'année passée.
Cet oubli n'est d'ailleurs même pas compensé par une somme plus substantielle, cette année.
Le travail que fait cette association est unique dans la mesure où elle concerne une population en grandes difficultés, pour laquelle les problèmes de toxicomanie s'ajoutent à ceux de la prostitution et à un état sanitaire souvent très dégradé.
Ces femmes n'ont souvent plus l'énergie pour aller chercher de l'aide et seul le bus va au devant d'elles.
De plus, il est évident qu'avoir, pour ces femmes souvent très désocialisées, des interlocuteurs qui connaissent parfaitement leur situation pour l'avoir vécue ou la vivre encore ne peut que les aider à accrocher plus vite dans une relation de confiance.
Par ailleurs, il est extrêmement important, dans ce contexte, de ne pas relâcher les efforts de prévention concernant les M.S.T., les hépatites et le V.I.H.
Décider d'investir davantage dans la prévention, il ne faut pas oublier que c'est à long terme faire des économies dans le domaine social et surtout médical.
Pour ce qui concerne l'implantation et la gestion des échangeurs-distributeurs de seringues, nous ne pouvons que l'approuver. Cependant, il est regrettable de constater qu'entre le premier engagement de Jacques CHIRAC, acceptant le principe d'une telle implantation en 1994, et la signature de cette convention, beaucoup de temps s'est écoulé, avec des conséquences en matière de propagation du V.I.H., des hépatites et dont nous ne pourrons jamais dénombrer les victimes.
Nous regrettons tout autant le nombre encore trop réduit de ces appareils.
Quant au projet d'installer un dispositif de plusieurs distributeurs, par exemple, proche des pharmacies, il faut absolument qu'il se concrétise au plus vite et en grand nombre.
Je n'ignore pas les motifs qui peuvent amener certains riverains, parfois soutenus par des élus de quartier, quels qu'ils soient, à avoir quelques réticences quant à de telles installations. Une mission d'information doit être entreprise pour banaliser ces appareils. Il faut insister sur l'enjeu de santé publique et, par ailleurs, aider chacun à comprendre que la multiplication des distributeurs ira à l'encontre de rassemblements de toxicomanes et correspond donc à garantir une plus grande tranquillité des citoyens.
Je terminerai cette intervention en rappelant que nous n'avons perdu que trop de temps, qu'il semble que la collectivité parisienne en prenne enfin conscience et je souhaite que les préoccupations de santé publique dépassent enfin et rapidement tous les préjugés moraux et bien pensants qui interfèrent souvent lorsqu'il s'agit de prostitution et de toxicomanie.
Ce sont des fléaux qui ne se vaincront pas par l'ignorance et le mépris mais, au contraire, par une prise en charge responsable des plus désocialisés par l'ensemble de la collectivité.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie, Madame.
La parole est à M. LAFAY pour vous répondre.
M. Philippe LAFAY, vice-président, au nom de la 5e Commission. - Monsieur le Président, je suis d'accord avec Mme HOFFMAN-RISPAL, nous sommes tous d'accord pour reconnaître le travail fait par l'association " Les amis du bus des femmes ".
Je voudrais quand même apporter des précisions concernant l'allusion faite à la subvention 1996 et à la subvention 1997 pour cette association.
En 1996, l'association a connu des difficultés importantes dans son organisation et sa gestion financière, qui l'ont amenée, notamment en cours d'exercice, à modifier en profondeur sa structure administrative.
Compte tenu de cette situation de crise, l'Etat, principal soutien financier de l'association, a restreint la subvention accordée au titre de la lutte contre le SIDA en la limitant à la couverture de sept mois de fonctionnement, soit un montant de 725.830 F, très inférieur à la demande exprimée, 1.700.000 F.
Le Département, qui ne figurait pas parmi les partenaires de cette association, a été sollicité à la fin de l'année 1996 pour lui accorder son soutien financier.
En 1997, la situation a sensiblement changé. A la demande de la D.A.S., " Les amis du bus des femmes " a mis en place un plan drastique d'économies permettant une diminution notable des dépenses de fonctionnement. A l'appui de cet effort d'assainissement, l'Etat devrait accorder une subvention de 1.700.000 F, qui se situerait ainsi au niveau du concours escompté en 1996. La subvention départementale de 150.000 F viendrait donc en complément de celle de l'Etat.
Ce plan de redressement financier ainsi que ces deux subventions publiques, auxquelles s'ajouteront les financements de la Caisse primaire, du F.A.S. et de la D.A.S. au titre de la lutte contre la toxicomanie, devraient permettre à l'association " Les amis du bus des femmes " de résorber son déficit et de retrouver une situation équilibrée.
Voilà ce que je voulais vous dire sur la subvention des " Amis du bus des femmes ".
Concernant l'autre projet de délibération, c'est-à-dire celui concernant les subventions et la convention relative à l'implantation et à la gestion d'appareils d'échange-distribution de seringues...
M. CHÉRIOUX, président. - Il n'y avait pas d'inscription dessus.
M. Philippe LAFAY, vice-président, rapporteur. - Je réponds à la question de Mme HOFFMAN-RISPAL.
Mme HOFFMAN-RISPAL s'est plainte du nombre restreint encore d'appareillages mis à la disposition du public de toxicomanes. Il faut expliquer les raisons de ce nombre restreint d'appareils.
Le rôle prépondérant de l'Etat fait que la fixation du nombre d'appareils nouveaux à implanter lui revient. En effet, c'est l'Etat qui assume la charge de l'acquisition des nouveaux appareils, les charges de fonctionnement du dispositif étant partagés à part égale entre l'Etat et le Département.
Pour la première année de fonctionnement du dispositif de Médecins du Monde, l'accord obtenu après négociations entre l'Etat et le Département n'a pu excéder le financement de quatre nouveaux appareils.
La détermination des sites dépend également de l'accord préalable des maires d'arrondissement, qui n'a pu être obtenu dans certains cas. Vous avez parlé, bien sûr, des perspectives de développement de ce dispositif, eh bien, la convention tripartite passée avec l'association " Médecins du monde " a prévu la possibilité d'étendre le dispositif. Elle prévoit expressément à l'article 2 la possibilité d'une augmentation du nombre d'appareils en place à Paris sur demande de l'Etat et du Département. Rappelons que le Comité de suivi, réunissant les représentants de l'Etat, du Département et de l'association " Médecins du monde " aura notamment pour mission d'examiner ces nouvelles propositions.
Un autre projet de convention, auquel vous avez fait allusion, sera conclu avec l'association " SAFE ", qui prévoit d'augmenter le nombre des distributeurs de seringues à Paris, en liaison avec les pharmacies et les associations de quartier travaillant dans ce domaine de la prévention et de la toxicomanie. Ces distributeurs, placés en façade des pharmacies candidates, devraient porter à 10 le nombre des distributeurs installés à Paris.
L'accord de l'Etat a été obtenu sur l'acquisition de nouveaux appareils et sur la prise en charge du fonctionnement pour moitié avec le Département. Toutefois, la finalisation de ce projet rencontrera encore des difficultés pour la désignation exacte des emplacements qui recevront ces appareils, les choix étant en effet subordonnés à l'accord des mairies d'arrondissement.
Voilà, Monsieur le Président, ce que j'avais à dire.
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
Monsieur GRISCELLI, vous avez la parole.
M. Claude GRISCELLI. - Je voudrais ajouter un mot sur ce sujet : bien entendu je m'associe à tout ce qui a été dit car je considère comme vous tous importante notre démarche de prévention qui se tourne vers les toxicomanes en particulier, mais je voudrais dire que tous les efforts que nous avons déployés cette année à la D.A.S.E.S. et au niveau de ma délégation n'ont pas encore abouti à mettre concrètement en place un nombre de distributeurs suffisant. S'il y a, semble-t-il, un nombre de " boutiques " - puisqu'on les appelle comme cela - qui consistent à distribuer aux toxicomanes, avec un contact humain, des seringues propres, la distribution par des appareils distributeurs n'est pas encore suffisamment prononcée dans notre Ville.
Si je puis me permettre, un seul mot, pour dire que lorsqu'un jeune, homme ou femme, tombe dans le piège de la toxicomanie, l'une des démarches - il y en a de nombreuses - qui cherchent à le protéger est aussi de lui éviter de tomber dans un autre piège : celui de l'hépatite C ou du SIDA. Notre devoir est de tenter de mettre en place ces distributeurs. Malheureusement - et ce n'est ni la gauche ni la droite qui sont vainqueurs dans cette affaire - les efforts que nous déployons ne sont pas fructueux parce que nos propositions ne sont pas acceptées dans toutes les mairies auprès desquelles nous sommes intervenus. Cinq ou six ont vraiment collaboré, les autres sont toujours aussi réticentes.
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 30 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme TAFFIN et M. REVEAU s'étant abstenus. (1997, ASES 30 G).
M. CHÉRIOUX, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 31 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme TAFFIN ayant voté contre et M. REVEAU s'étant abstenu. (1997, ASES 31 G).