Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Janvier 1996
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

46- 1996, D. 35 - Désignation d'une équipe de maîtrise d'oeuvre pour l'aménagement du jardin de la Z.A.C. "Dupleix" (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1996




M. LE MAIRE DE PARIS. -Nous examinons le projet de délibération D. 35 relatif à la désignation d'une équipe de maîtrise d'oeuvre pour l'aménagement du jardin de la Z.A.C. "Dupleix" dans le 15e arrondissement.
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.

Mme Laure SCHNEITER. -Monsieur le Maire, je remarque que pour la sixième fois le Maire adjoint aux espaces verts n'est pas présent, cela aurait été une fois, deux fois, trois fois, mais depuis que je suis élue dans ce conseil, je n'ai jamais vu ce Maire adjoint répondre aux questions, alors que tous les autres en règle générale sont là pour faire leur travail.
Avec cet aménagement du jardin de la Z.A.C. "Dupleix", il serait utile de faire le point sur l'aménagement général de cette Z.A.C., aménagement que je désapprouve avec la grande majorité des riverains de ce quartier du 15e, mais hélas qui existe.
J'aimerais savoir précisément où en sont ces différents aménagements.
Lors de notre dernier Conseil d'arrondissement, le Maire du 15e n'a pas pu ou voulu répondre à mes questions.
Voilà cinq ans que la Z.A.C. "Dupleix" a été lancée et le chantier en est seulement à la moitié. Le programme a pris du retard, vous le savez sans doute parce qu'un certain nombre de promoteurs s'étaient désengagés de cette opération.
L'étude et le bouclage du projet financier de la Ville en 1988 avaient été placés et menés avec une grande légèreté. La Ville s'était engagée à acheter ce terrain au Ministère des Armées à un coût exorbitant, 1,3 milliard de francs.

(M. Gérard LEBAN, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).
C'est donc le coût initial du terrain, 1,3 milliard que la Ville a acheté sans négocier à la baisse, comme l'aurait fait tout acheteur normal, qui a vicié ce projet.
En partant des charges foncières, le prix du mètre carré de construction privé était déjà en 1988 à 80.000 F. Avec le début de la crise de l'immobilier à Paris, les promoteurs ont reculé et se sont désengagés.
J'ai appris que les mêmes promoteurs qui avaient renoncé à construire, auraient aujourd'hui racheté.

M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -Restez attentifs, mes chers collègues.

Mme Laure SCHNEITER. -Je m'excuse, je suis très étonnée de voir que l'opposition se désintéresse de la Z.A.C. "Dupleix", ce sont 2 milliards de déficit, la Z.A.C. "Dupleix", alors que l'on entend vos criailleries à propos de la Z.A.C. "Paris-Seine-Rive gauche", mais la Z.A.C. "Dupleix", moins de 50.000 mètres carrés, ce sont 2 milliards, vous devriez être concernés par cela !
Je vous rappelle que le déficit de la Z.A.C. "Dupleix" atteint la somme extravagante de 2 milliards de francs, d'autant qu'elle couvre une surface bien modeste.
N'allez pas me dire non plus que cette Z.A.C. était indispensable car vous y avez construit des logements sociaux. Boulevard de Grenelle et dans bien des rues avoisinantes beaucoup d'immeubles en bon état ont été vendus et détruits, que la Ville aurait pu préempter à des prix raisonnables, réhabiliter pour les transformer en logements sociaux.
Cela vous aurait coûté beaucoup moins cher que cette désastreuse opération qui a densifié un quartier déjà victime de surdensités inacceptables dans les années 60-70.

M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -Soyez la plus condensée possible, d'autant que vous sortez du sujet, c'est d'un jardin dont on parle !

Mme Laure SCHNEITER. -J'y viens, mais c'est un tout.

M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -Soyez la plus concise possible.

Mme Laure SCHNEITER. -J'aimerais donc savoir le nom des promoteurs qui ont racheté les lots, quels lots leur ont été attribués et à quel prix ?
Le jardin, pour en venir au jardin, passe de 5 à 7.000 mètres carrés, mais la pièce d'eau semble avoir disparu des plans et c'était dans cet aménagement sans saveur le seul élément intéressant.
N'oublions pas qu'en 1988, 80 arbres ont été coupés en une heure à "Dupleix". Je m'inquiète lorsque je lis sur la note que "le jardin comprendra des zones très végétalisées", cela veut dire en général qu'il y aura au sol plus de mètres carrés de dallage que de pelouse.
Qu'entendez-vous par un jardin clos ? Sera-t-il privatif ou juste fermé le soir au public ?
Le budget, 9.340.000 F pour la création d'un jardin somme toute de taille très modeste paraît colossal.

M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -Il faut conclure !

Mme Laure SCHNEITER. -J'en profiterai, cela concerne toujours les aménagements du jardin, pour vous signaler que les arbres promis aux habitants depuis le début, n'ont pas été plantés rue Desaix.
Je désapprouve totalement l'opération "Dupleix", mais je suis pour la création de ce jardin, puisque jardin il y a, sans enthousiasme en pensant qu'un autre parti d'aménagement aurait vraiment apporté un plus aux habitants du quartier.

M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -Merci.
Madame JUNOT, vous avez la parole.

Mme Marie-Thérèse JUNOT, au lieu et place de Mme Françoise de PANAFIEU, adjoint, au nom de la 4e Commission. -Monsieur le Maire, je voudrais tout d'abord excuser Mme de PANAFIEU auprès de laquelle je suis déléguée, et tenter malgré cette heure très tardive de répondre aux interrogations de Mme SCHNEITER concernant l'aménagement de ce jardin et son coût.
Je voudrais préciser que le coût d'aménagement du jardin correspond à un ratio de 1.300 F le mètre carré, utilisé pour la quasi-totalité des jardins à Paris.
Il est à noter que ce coût d'investissement comprend une partie études pour un montant de 15 % et une partie travaux pour un montant de 85 %.
Dans votre propos, Madame SCHNEITER, j'ai cru comprendre que vous regrettiez dans ce projet la disparition de la petite pièce d'eau.
Il faut savoir qu'à la demande du Maire du 15e arrondissement et pour répondre aux besoins du quartier, où un nombre important d'enfants se trouve localisés, des aires de jeux pour les petits et les adolescents ont été réservées et ont donc accaparé cette surface.
Vous posez également la question du jardin clos. Vous vous inquiétez de savoir si ce jardin va être privatif. Eh bien, non, Madame SCHNEITER, c'est un jardin public ouvert dans la journée et qui sera fermé la nuit aux heures habituelles des jardins de Paris.
Quant à votre préoccupation sur la transformation de ce jardin en jardin minéral, je peux également vous rassurer en vous disant que le programme du jardin propose une conception en deux types de traitement : une zone située le long de la galerie piétonne ouverte et traitée très sobrement avec des plantations d'arbres, et un jardin clos pouvant être en creux et comportant des surfaces plantées, des promenades, des aires de jeux et de repos.
Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -Je mets aux voix, à main levée, ce projet de délibération.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe communiste s'étant abstenu, MM. DUMAIT, MESMIN et Mme TAFFIN n'ayant pas pris part au vote. (1996, D. 35).