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Janvier 1996
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Conseil Municipal
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24- 1996, D. 77 - Autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt par l'O.P.A.C. de la Ville de Paris d'un permis de construire visant des bâtiments à usage d'habitation situés 22-24, rue Albert (13e).

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1996




M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -Nous passons à présent au projet de délibération D. 77 autorisant M. le Maire de Paris à consentir le dépôt par l'O.P.A.C. de la Ville de Paris d'un permis de construire visant des bâtiments à usage d'habitation situés 22-24, rue Albert dans le 13e arrondissement.
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.

Mme Laure SCHNEITER. -15 mètres de façade, 100 mètres de profondeur, voilà un terrain biscornu, entouré d'immeubles de 6 à 7 étages et vous allez y glisser un immeuble également biscornu. C'est un tour de force d'ailleurs, et j'admire les architectes qui arrivent à faire le plan de tels immeubles, et d'arriver à construire sur un pareil terrain.
Au point d'ailleurs que ces plans ont été exposés au pavillon de l'Arsenal.
Alors je suis navrée de voir, année après année, que la Ville de Paris qui a une forte attirance pour le vide, continue à bétonner chaque centimètre de terrain vide à Paris, même si ces terrains ne s'y prêtent pas.
Vous aviez là l'occasion d'aérer un peu le tissu urbain, on ne le répétera jamais assez, pour que les occupants alentour aient un peu de lumière, de soleil, d'espace. Non, on bétonne et ainsi on est sûr que personne n'aura de soleil, ni les voisins ni les futurs occupants. Evidemment on va faire à cet endroit du "très social". Et personne ne proteste. Ni le groupe socialiste, ni le groupe communiste, ni le groupe du Mouvement des citoyens.

(Remous).
Lorsqu'on se trouve face à des sans-logis, je comprends qu'on loge ces gens dans des endroits peu confortables en catastrophe, en attendant de trouver une solution. Mais je dis à l'opposition qui se gargarise à propos des logements sociaux qu'il est antisocial d'accepter de parquer des gens, si modestes soient-ils, dans de pareilles constructions !
Je leur dis que par leur absence de protestation, ils contribuent à empêcher la diversité sociale.
J'ai relevé dans Paris des endroits similaires avec des façades très étroites, des terrains très profonds où il est impossible de faire une construction convenable, et on fait des espèces de rattrapages de bouts de terrains où l'on construit dans de mauvaises conditions.

M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -Merci, Madame.
La parole est à M. BULTÉ.

M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. -Merci, Monsieur le Maire.
Mes chers collègues, effectivement nous n'avons pas tout à fait la même conception que Mme SCHNEITER. Effectivement, c'est un terrain biscornu qui appartient à la Ville de Paris, mais je crois qu'en l'occurrence l'argent des administrés ne doit pas servir systématiquement à donner un droit de vue aux propriétaires privés qui donnent de chaque côté de ce terrain. Il est normal, comme l'a annoncé le Maire de Paris, que nous puissions, dans certains secteurs, réaliser des constructions pour des logements effectivement très sociaux.
Je me réjouis, Madame SCHNEITER, contrairement à vous, que sur ce terrain-là on puisse réaliser 38 logements dans le cadre d'un programme de logements très sociaux.
Je crois, là encore, que nous avons à réaliser un projet qui est difficile, mais réalisable grâce aux talents d'architectes, pour pouvoir mettre à la disposition des plus démunis des logements dans ce quartier de la Capitale.
Je suis, bien entendu, favorable à ce projet de délibération.

M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -Merci, Monsieur BULTÉ.
Je mets aux voix, à main levée, ce projet de délibération.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER ayant voté contre, MM. DUMAIT, MESMIN et Mme TAFFIN n'ayant pas pris part au vote. (1996, D. 77).