Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Janvier 1996
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

76- QOC 96-26 Question de M. Georges SARRE et des membres du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris sur l'hôtel particulier Hénault de Cantorbe (4e).

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1996




M. Gérard LEBAN, adjoint, président. -La question suivante de M. SARRE à M. le Maire de Paris concerne l'hôtel particulier Hénault de Cantorbe (4e).
En voici la teneur :
"L'hôtel particulier "Hénault-de-Cantorbe", construit au début du XVIIIe siècle et situé dans le secteur sauvegardé du Marais, a fait l'objet de travaux importants confiés à la Société anonyme de gestion immobilière (S.A.G.I.) dans le cadre de la réalisation de la Maison européenne de la photographie (permis de démolir délivré en 1992).
Cet hôtel comprenait à l'origine une cour intérieure pavée, un jardin, et abritait d'anciennes remises à carrosses construites sous Louis XIV. Or, à l'emplacement de ce bâtiment supprimé lors des travaux, a été érigé un mur (le long de la rue de Fourcy (4e)) qui empêche, semble-t-il, toute restitution.
Un arrêté défini en accord avec l'Architecte des Bâtiments de France stipule pourtant pour ce local d'intérêt historique que "toutes précautions seront prises pendant la démolition pour ne pas abîmer la structure ancienne du bâtiment à restituer : les pierres de taille, les appuis de fenêtres et ferronneries seront récupérés pour remise en place". L'Architecte des Bâtiments de France, chargé du suivi de cette opération, est intervenu à plusieurs reprises et ce, sans succès, auprès de la S.A.G.I. afin de savoir quand et où il pourrait voir les pierres numérotées de cette remise à carrosses et à quelle date les travaux de reconstruction seront commencés.
M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens s'inquiètent du sort réservé à ce bâtiment démantelé car des témoins habitant le quartier auraient vu notamment des parquets, des portes et des fenêtres en chêne brûler dans la cour de l'hôtel pendant les travaux. Au regard de ces éléments et de l'attitude passive dont la Municipalité semble faire preuve dans le suivi de ces travaux, ils demandent à M. le Maire de Paris la réalisation d'un bilan faisant état des destructions irrémédiables engendrées par cette opération et des engagements clairs et précis quant à la restitution, conformément à l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France, des anciennes remises à carrosses (modalités et date prévue des travaux)."
Je vous communique les éléments de réponse au lieu et place de M. Michel BULTÉ, adjoint.
Pour permettre la restauration de l'hôtel particulier Hénault-de-Cantorbe, destiné à accueillir la Maison européenne de la photographie, un permis de construire a été délivré le 12 octobre 1992 à la Société anonyme de gestion immobilière (S.A.G.I.), qui portait, d'une part sur la construction d'un bâtiment à trois étages en extension, d'autre part sur l'aménagement de deux niveaux de sous-sol à usage de salle d'exposition, de médiathèque, d'auditorium (au premier sous-sol) ainsi que des réserves et des locaux techniques (au deuxième sous-sol).
Toutefois, de cette opération était exclu le bâtiment anciennement à usage de remise situé le long de la rue de Fourcy.
Ce bâtiment, qui à l'origine était destiné au remisage de véhicules attelés, a été remanié au XIXe siècle, par suite notamment de l'installation de divers commerces sous les arcades à rez-de-chaussée. Il ne présente donc plus, depuis cette époque, l'aspect d'une remise à carrosses.
L'Architecte des Bâtiments de France a accepté le principe de son démontage compte tenu des difficultés que sa présence impliquait pour la bonne conduite du chantier. Toutefois, Il a exprimé le souhait que sa reconstruction soit prévue.
Un permis de démolir a été délivré le 1er décembre 1992 pour la dépose de ce bâtiment, qui prescrivait que toutes précautions seraient prises pendant les travaux de démontage pour ne pas abîmer la structure ancienne. Par ailleurs, un permis de construire portant sur la reconstruction de ce bâtiment a été délivré le 30 mars 1993.
L'ancienne remise a donc été démontée, après qu'un relevé précis de l'état existant ait été effectué par un géomètre. Toutes les pièces ont été soigneusement préservées et numérotées. Elles sont entreposées à Ollainville, dans l'Essonne, par les soins de la S.C.G.P.M., entreprise générale titulaire du marché.
C'est pour garantir la sécurité du bâtiment qu'une clôture de barreaux métalliques a été érigée en bordure de la rue de Fourcy pour éviter des vols et des actes de vandalisme, du fait de l'ouverture de la propriété sur cette rue. Ce dispositif provisoire doit faire l'objet d'une régularisation formelle et une déclaration de travaux a été déposée le 23 novembre 1995 à cet effet.
Je précise en outre que les infrastructures nécessaires à la reconstruction de la remise ont été réalisées, seules des raisons budgétaires ont conduit les autorités municipales à différer sa reconstruction.
Par ailleurs, je souhaite rappeler que les travaux exécutés dans le corps principal du bâtiment l'ont été sous le contrôle de l'A.B.F. Ses prescriptions concernant la sauvegarde de la charpente, la restauration des éléments de façade et les sculptures en bois côté rue François-Miron ont été parfaitement respectées.
Les éléments internes du bâtiment qui présentaient une valeur architecturale - notamment le grand escalier - ont été restaurés ou reconstruits à l'identique. On ne peut donc pas soutenir que la restauration du bâtiment, qui, je le répète, s'est effectuée sous le contrôle de l'A.B.F., n'a pas pris en compte la dimension patrimoniale de l'opération.
En réalité, cette opération est exemplaire à trois titres :
-patrimonial, à travers la réhabilitation d'un des plus importants hôtel particulier ;
-architectural, à travers le dialogue entre l'extension réalisée par Yves LION et le bâtiment principal restauré ;
-et enfin, muséographique, puisque l'équipement a été conçu pour assumer toutes les fonctions d'un véritable musée de la photographie.
C'est donc à juste titre que la Ville de Paris peut s'enorgueillir de cette réalisation.