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Octobre 1996
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39 - 1996, D. 1382 - Voie de l'Héliport. - Bilan de la concertation et approbation du projet. - Autorisation à M. le Maire de Paris, d'une part, de signer 2 marchés sur appel d'offres ou 2 marchés négociés, en cas d'appel d'offres infructueux et, d'autre part, de signer avec la société "Electricité de France" une convention dans le cadre des travaux préliminaires à réaliser dans le lotissement de l'Héliport (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1996



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération D. 1382 relatif aux travaux préliminaires à réaliser dans le lotissement de l'Héliport dans le 15e arrondissement.
La parole est à Mme BACHE.
Mme Marinette BACHE. - Monsieur le Maire, vous nous demandez d'approuver l'aménagement d'une nouvelle voie de circulation dans le cadre d'un lotissement situé dans le secteur de l'Héliport.
Le bilan de la concertation engagée en 1995 nous paraît assez succinct car cette voie de 300 mètres de longueur et de 20 mètres de largeur devrait accueillir un trafic de l'ordre de 400 véhicules par heure, ce qui n'est pas négligeable.
Ce trafic prévisible inquiète les habitants du secteur, et ce, à juste titre.
Ne serait-il pas possible, dans ces conditions, de prévoir un revêtement de chaussée aux propriétés absorbantes pour réduire les nuisances dues au bruit généré par ces flux de circulation car le projet ne fait pas référence à cette possibilité ?
J'insiste sur ce point car le projet précise, je cite, "que les craintes des habitants liées au bruit paraissent excessives". Mieux vaut, me semble-t-il, prévenir que guérir.
Vous le savez, parmi les préoccupations des Parisiens, le bruit arrive en tête. Ceci me paraît d'autant plus légitime que ce secteur est particulièrement sensible du fait de la présence à proximité de l'Héliport de Paris.
Certes, la restructuration de la plate-forme héliportuaire et la réduction de son emprise foncière en cours ont été engagées dans le cadre d'une convention signée entre l'Etat et la Ville en décembre 1994. Cette convention porte en même temps sur la réduction des nuisances sonores, mais cet effort en faveur des réductions des nuisances sonores dues aux hélicoptères ne doit pas nous faire oublier la lutte contre le bruit des véhicules automobiles.
Aussi, je souhaiterais connaître les projets de la Municipalité en matière de lutte contre le bruit dans ce secteur de Paris, en particulier dans le cadre de l'aménagement de cette nouvelle voie de circulation.
De même, j'espère que les couloirs réservés aux cyclistes prévus dans cette opération et l'amélioration de la desserte en transports en commun dans ce secteur répondent aux attentes des habitants.
En effet, le projet qui nous a été transmis ne reprend que de façon succincte les demandes des habitants.
J'attends donc, Monsieur le Maire, avant de me déterminer sur ce projet de délibération, des réponses plus précises de votre part.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - L'Héliport au coeur d'une agglomération est une source de nuisances incalculables pour les habitants.
Le Conseil d'Etat a annulé les arrêtés pris par la Direction générale de l'Aviation civile pour limiter l'accès de l'Héliport, notamment pour les engins les plus bruyants, reconnaissant que de telles mesures n'étaient pas aptes à limiter les nuisances. C'est tout le transport héliporté qu'il faut revoir sur l'ensemble de la Région car, au-delà de l'Héliport, il convient de prendre en compte également les couloir empruntés par les hélicoptères.
Les travaux que vous envisagez dans le lotissement de l'Héliport en créant une nouvelle voie montrent votre volonté de densifier, au détriment de la qualité de vie des Parisiens.
Le bilan de la concertation que vous nous présentez ne peut dissimuler les inquiétudes et les voeux des riverains.
Concernant le bruit engendré par l'augmentation du trafic automobile dans ce secteur, vous nous dites que les 400 véhicules prévus par heure - je suppose qu'il s'agit d'une moyenne - auront une incidence extrêmement faible. Peut-être qu'il s'agit d'une goutte d'eau, mais elle risque de faire déborder le vase de l'exaspération.
Concernant les vélos, il a été constaté un fort courant en leur faveur, et une piste cyclable a été demandée.
L'usage du vélo doit être encouragée et la voirie adaptée.
Ainsi proposez-vous de créer deux couloirs réservés aux cyclistes de part et d'autre de la chaussée.
La commune d'Issy-les-Moulineaux, avec l'aide de la Région, s'est engagée, certes encore modestement, dans la réalisation d'un Réseau vert pour les piétons et les cyclistes. J'ai demandé, en 1993 et 1994, à trois reprises, à M. GALY-DEJEAN de commencer à faire une étude sur l'amorce d'un réseau vert dans le 15ème, qui aurait été le prolongement de celui mis en chantier par le maire d'Issy-les-Moulineaux, d'autant que cette étude pouvait être financée par le Conseil régional. Jusqu'à présent M. GALY-DEJEAN avait éludé la question.
Je vois avec plaisir que nous commençons, bien timidement, à penser à une piste cyclable.
Concernant les transports en commun et notamment la prolongation de la ligne d'autobus jusqu'à l'Aquaboulevard, voilà cinq ans que nous demandions ce prolongement et je suis contente qu'enfin la question soit réglée.
La concertation a bien montré l'intérêt des Parisiens pour la limitation de la circulation automobile et de son cortège de nuisances mais vous ne semblez pas résolus à prendre des mesures radicalement nouvelles, vous adaptez.
Le bétonnage et le bitumage des sols se poursuivent, conduisant à d'importants travaux d'assainissement pour drainer les eaux pluviales. Pourquoi ne pas préférer les nouveaux revêtements bitumeux drainants pour la chaussée ?
A travers ce projet, vous nous montrez que vous persévérez dans la priorité aux modes de déplacement nuisants, de l'automobile à l'hélicoptère.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. PLASAIT pour répondre à Mme BACHE et à Mme SCHNEITER.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Monsieur le Maire, pour répondre à Mme SCHNEITER il faudrait un long moment, tant les sujets abordés sont vastes et divers. C'est vrai que Mme SCHNEITER adopte, au sujet de l'Héliport, un point de vue très élevé, j'ai même un peu le sentiment qu'elle plane.
Pour répondre à Mme BACHE, bien sûr, le problème des nuisances sonores est un problème qui nous préoccupe tous. Je me garderai d'apporter des réponses sur l'ensemble de la politique qui sera menée puisque mon collègue Patrick TRÉMÈGE aura l'occasion de vous apporter des réponses très complètes.
Mais pour ce qui concerne le projet dont il est question ici, je voudrais simplement faire remarquer à Mme BACHE qu'il s'agit d'une voie prévue pour desservir un lotissement nouveau, d'une voie qui est étroite, qui n'est pas longue, dans laquelle la vitesse est limitée et, par conséquent, dans laquelle les nuisances sonores seront sans aucun doute limitées. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas regarder d'une manière plus précise ce qu'on pourrait faire pour améliorer les choses, notamment en ce qui concerne le revêtement et je vais demander que les services veuillent bien regarder ce qu'on pourrait faire à cet égard.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1382.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe du Mouvement des citoyens et Mme SCHNEITER ayant voté contre. (1996, D. 1382).