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Octobre 1996
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40 - 1996, D. 1386 - Programme 1996 d'exploitation du réseau. - Autorisation à M. le Maire de Paris, d'une part, de signer 2 marchés sur appel d'offres ou 2 marchés négociés, en cas d'appel d'offres infructueux, pour l'équipement du corridor périphérique en panneaux à messages variables (13e tranche) et, d'autre part, de solliciter les subventions correspondantes auprès de la Région d'Ile-de-France.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1996



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération D. 1386 relatif à l'équipement du corridor périphérique en panneaux à messages variables (13e tranche).
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, il n'y a rien de plus précieux pour l'automobiliste que ces panneaux d'information installés sur le périphérique. Il y apprend que 30 minutes lui suffiront pour rejoindre la porte d'Italie au départ de la porte de Montreuil. Il y apprend que la circulation tire-bouchonne et qu'il serait judicieux d'aller encombrer les boulevards des Maréchaux. Il y apprend qu'à force d'accordéon, deux véhicules se sont froissés et qu'il est de bon ton de quitter un navire en perdiction. Parfois, il y apprend que c'est... fluide ! et qu'il fait 30 ° dehors. C'est le mois d'août !
C'est pour toutes ces informations que vous investissez dans l'affichage lumineux, partant de l'idée toute aussi lumineuse que Paris doit rouler envers et contre tout et qu'il faut garantir la fluidité de la circulation. De tout temps, ce fut l'obsession de la Municipalité parisienne.
Cette idée fixe qui vous poursuit, suscite deux remarques.
1°) En axant, depuis des années, toute votre politique sur la fluidité de la circulation et le développement de tout moyen pour y parvenir, avez-vous obtenu des résultats concrets valables ?
Paris bouchonne, le périphérique sature. Paris et la Région dépensent sans compter pour de nouvelles autoroutes, rocades, élargissements de voies existantes qui ne font qu'accroître la circulation. Les véhicules particuliers en constante augmentation ne transportent le plus souvent que leur conducteur. Les accidents de la circulation se multiplient. Combien de blessés et de victimes ont-ils à leur palmarès ? Le nombre de piétons tués à Paris et en banlieues est passé de 47 à 67 pour les 4 premiers mois de l'année. Quant à leur responsabilité dans la pollution atmosphérique, mieux vaut ne pas l'évoquer.
2°) En axant toute votre politique sur le développement des transports en commun et un partage de la voirie entre tous les modes de déplacements, n'auriez-vous pas réussi à limiter l'afflux des véhicules dans Paris en offrant véritablement un choix, une solution alternative aux déplacements ? Combien de passagers peut-on espérer transporter en améliorant la circulation des bus par des mises en site propre, en augmentant leur nombre et leur fréquence de passage ? En ce qui concerne la pollution atmosphérique, n'aurait-on pas là un moyen véritablement efficace de faire baisser des taux plus qu'inquiétants ?
Plutôt que de continuer à investir dans des panneaux lumineux, des réseaux de gestion informatisée, et tout une série de gadgets coûteux, je vous convie à repenser vos choix et à vous orienter vers la réelle efficacité que représentent les transports collectifs. Transférez donc l'effort financier que vous faites pour l'automobile vers les autres modes de déplacement et nous aurons enfin des résultats positifs concrets dans les domaines de la fluidité de la circulation et de la lutte contre la pollution atmosphérique.
Mais je vous rappellerai, pour mémoire, que la seule véritable solution relève de l'aménagement du territoire et de la décentralisation ainsi que du rééquilibrage de notre région.
Je voterai contre ce projet.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. PLASAIT.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Madame, en résumé vous faites reproche à la Ville de vouloir garantir la fluidité de la circulation et de négliger le développement des transports en commun.
Je limiterai ma réponse à quelques brèves observations.
En premier lieu, permettez-moi de vous dire que l'information routière n'est pas un gadget et que la simple utilisation de cette expression traduit une grande méconnaissance du problème.
1°) Elle favorise la fluidité de la circulation. Ce faisant, elle contribue à diminuer le temps pendant lequel les moteurs tournent et par voie de conséquence, la pollution.
2°) L'information concernant les déplacements permet, et permettra de plus en plus, de choisir le mode de déplacement le mieux approprié avant d'effectuer un trajet. Elle est l'outil d'une stratégie visant à donner priorité aux transports en commun.
3°) Les collectivités doivent en garder la maîtrise, précisément pour parvenir à la répartition modale la moins pénalisante pour l'environnement.
Les études d'évaluation ont montré que les messages sur les temps de parcours correspondaient à l'attente des usagers et qu'ils avaient en effet "tranquillisant" sur la conduite. Les automobilistes bien informés sont rassurés. Ils ont tendance à se maintenir sur le boulevard périphérique, ce qui se traduit par un allégement de la circulation sur les boulevards des Maréchaux.
L'information contribue, en outre, à améliorer les conditions de sécurité en diffusant des messages d'alerte ou de prudence.
En ce qui concerne les transports en commun, vous n'ignorez pas que la Ville travaille en étroite collaboration avec la R.A.T.P. sur toutes les mesures susceptibles d'améliorer la qualité du service rendu par le réseau.
Elle a d'autre part engagé des sommes considérables dans le projet "METEOR".
Vous savez fort bien que c'est à l'échelle de l'agglomération que ces problèmes se posent. Il faut éviter sur ces questions, de discourir de façon trop globale et sans discernement.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Je mets aux voix, à main levée, ce projet de délibération.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER ayant voté contre. (1996, D. 1386).