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Octobre 1996
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Conseil Municipal
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65 - QOC 96-369 Question de MM. Serge BLISKO, Pierre CASTAGNOU et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris concernant la préservation des aqueducs situés dans la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" (14e).

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1996



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La question suivante de MM. BLISKO et CASTAGNOU à M. le Maire de Paris concerne la préservation des aqueducs situés dans la Z.A.C. "Alésia-Montsouris".
Je vous en donne lecture :
"M. le Maire de Paris a visité, le 13 septembre dernier, le chantier de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" (14e) et, à cette occasion, a demandé une "préservation significative" des vestiges des 2 aqueducs datant de l'époque gallo-romaine et du XVIIe siècle. Il a à nouveau sollicité l'avis de la Commission du Vieux Paris qui avait demandé une protection maximum en avril 1996.
Or, les travaux de terrassement continuent et MM. Serge BLISKO, Pierre CASTAGNOU et les membres du groupe socialiste et apparentés craignent, comme d'ailleurs les associations de défense de l'environnement et les habitants du quartier, que l'on n'ait bientôt plus que quelques pierres à préserver alors que ces aqueducs s'étendent sur 300 mètres.
Ils demandent à M. le Maire de Paris de bien vouloir leur préciser l'état d'avancement des travaux, et si des mesures d'urgence ont été prises pour que la préservation souhaitée soit suivie d'effet."
Je vous communique les éléments de réponse au lieu et place de Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint.
Lors de la visite qu'il a effectué sur le site de la Zone d'aménagement concerté "Alésia-Montsouris" le 13 septembre dernier afin de voir sur place les deux aqueducs datant de l'époque gallo-romaine et du 1er siècle, M. le Maire de Paris a demandé que soit constitué un groupe de travail comportant notamment, outre la Société d'aménagement S.A.D.M, des représentants du Ministère de la Culture, de la Commission du Vieux Paris, de la Ville de Paris et de l'Atelier parisien d'urbanisme.
La mission que le Maire de Paris a assignée à ce groupe de travail est de proposer les mesures visant d'une part à assurer la préservation la plus large de ces vestiges dans le cadre de l'opération d'aménagement engagée, d'autre part à mettre en valeur le mieux possible les parties d'ouvrage qui pourront être ainsi préservées.
Ce groupe de travail a été constitué et a tenu une première réunion qui a permis d'engager une double approche : d'une part, sur la meilleure façon de mettre en valeur ce vestige dans les espaces publics prévus dans le plan d'aménagement ; d'autre part, sur les possibilités de conserver la mémoire de ces ouvrages dans les espaces destinés à devenir privés.
Une nouvelle réunion du groupe de travail se tiendra avant la fin du mois d'octobre afin d'examiner les propositions qui seront faites sur ces deux points. La Ville de Paris veillera à ce que des conclusions précises interviennent rapidement, en réponse à la demande faite par le Maire.
Parallèlement à cette démarche et à la suite d'une reconnaissance photographique complémentaire effectuée par la Commission du Vieux Paris, les mesures conservatoires édictées par les services d'archéologie ont été engagées par l'aménageur, et sont proches de leur achèvement. En particulier, l'aqueduc gallo-romain a été recouvert d'une couche de feutre et d'un lit de sable, conformément aux prescriptions des services compétents.
Monsieur CASTAGNOU, vous avez la parole.
M. Pierre CASTAGNOU. - Monsieur le Maire, il faut quand même que vous sachiez que l'aqueduc de Lutèce, qui date du IIe siècle, a été endommagé par les travaux de terrassement en cours, et cela malgré les engagements pris et les affirmations que nous entendons actuellement. Il a été sectionné pour une voie de chantier et détérioré par une pelleteuse, et cela alors que le ministère de la Culture, qui a le pouvoir de décision concernant le classement de ces aqueducs, n'a pas encore annoncé de façon officielle sa décision. Cela veut donc dire que la protection de ces aqueducs n'est actuellement pas assurée.
Je tiens par ailleurs à attirer votre attention sur le fait que l'aménageur, filiale de la R.A.T.P., avait parfaitement connaissance depuis longtemps de l'existence de ces deux aqueducs.
Je considère donc que sa responsabilité est engagée et que la Ville a le devoir d'intervenir dans ce domaine.
Troisièmement, il est fort à craindre qu'au terme de toutes les études entreprises - et là je me réfère à la réponse du Ministre de la Culture à des associations et des élus, qui représente une sorte de fin de non-recevoir concernant la protection maximum de ces aqueducs - seulement un, voire deux mètres de ces aqueducs soient conservés et pas nécessairement in situ, pour soi-disant donner satisfaction à ceux qui défendent le patrimoine.
Il faut sortir du jeu de ping-pong entre la Ville de Paris et le ministère de la Culture. Nous avons tous bien noté les propos très clairs du Maire de Paris concernant la défense du patrimoine de notre Ville. Il a là l'occasion de mettre en conformité ses déclarations importantes et ses actes.
Je demande donc, au nom des élus socialistes, que le Maire pèse de toute son autorité auprès du Ministre de la Culture pour faire procéder à un classement de ces aqueducs, seule façon d'assurer leur protection maximum.
Ce faisant d'ailleurs, il rejoindrait l'avis de la Commission du Vieux Paris.
Puisque nous avons la chance d'avoir parmi nous encore à cette heure notre collègue, M. FINEL, je voudrais dire en sa présence que ces deux ouvrages des IIe et XVIIe siècles, avec le réservoir de la Vanne du XIXe siècle, témoignent de l'histoire de l'eau à Paris depuis 1.800 ans.
Ils sont encore en bon état et représentent un patrimoine qu'il convient de préserver et de mettre en valeur, et cela même dans le cadre de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris".
C'est possible, et c'est la raison pour laquelle je m'adresse également à M. FINEL afin qu'il use de toute son autorité pour appuyer l'intervention que nous souhaitons du Maire de Paris auprès du Ministre de la Culture en faveur du classement.
Je me permets de vous faire une suggestion, cher collègue ; il serait intéressant que vous organisiez une visite, étant donné vos responsabilités au sein de la Ville, de ces deux aqueducs afin que nous prenions la mesure de l'importance et de la valeur de ces oeuvres d'art qu'il convient de préserver et qui témoignent d'une histoire de l'eau à laquelle je vous sais très attaché.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je voulais vous informer, Monsieur CASTAGNOU, qu'il m'est précisé que le démontage de la partie de l'aqueduc n'a pas été fait contre l'avis des archéologues, mais au contraire à la demande du service archéologique qui a souhaité démonter une partie de cet ouvrage afin de pouvoir l'examiner.
Le choix de la section a été fait pour tenir compte de l'emplacement d'une rue qui contourne le jardin.
Monsieur CASTAGNOU, si vous vous rapprochez des services de la Ville et du Cabinet de Mme GOUDERC, on pourra certainement vous donner toutes les réponses que vous souhaitez.